Ou Aïn-Ziirba
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aux mains de celui-ci. EiiBii d'innombrables volontaires, avides de combattre contre les guerriers du Christ le saint combat de la foi mu» sulmane, étaient constamment prêts t\ accourir de tous les pays de rislani. C'est contre ces forces d'origines irbs diverses qu'allait d'abord avoir à lutter Nicéphore. C'étaient ces différents auxiliaires des Arabes de Cilicie qu'il espérait prévenir par la rapidité foudroyante de sa marche. Avant d'aller attaquer le Hanidanide dans ses propres Etats
La ville d'Adana. Le pont sur le Saros. Dans le fond la chaîne du Kizil-Dagh, qui fait partie da Tanrns.
pour y détruire définitivement sa puissance, il fallait -X tout prix conquérir le dernier des châteaux de Cilicie, eu chasser les bandes sarrasiues, leur faire repasser l'Amanus et se saisir solidement des passages de cette montagne. Une fois cette partie si considérable des opérations terminée, il deviendrait relativement facile de descendre en Syrie. Décrivons les combats de Nicéphore en Cilicie.
Nous n'avons, je l'ai dit, aucun récit détaillé de cette grande guerre, et, pour cette expédition de 962, comme pour les suivantes, pour toutes
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ces luttes si curieuses qu'il serait si intéressant de pouvoir restituer exactement, car il s'agit là d'une des époques à la fois les plus brillantes et les plus obscures du moyen âge oriental, nous ne possédons plus, hélas, que quelques lignes bien sèches, bien concises d'un Léon Diacre, d'un Cédrénus, d'un Glycas ou de quelques chroniqueurs arabes. Tous se contentent d'enregistrer brièvement les résultats, sans entrer dans aucun détail : (( Tel jour Nicéphore s'est emparé de telle ville ; il a fait tant de prisonniers, tant de butin; il a fait périr tant de Sarrasins. )) Pas un mot qui donne vie ou couleur à ces sièges, à ces combats aventureux où luttaient deux mondes, deux civihsations, où les pittoresques armées sarrasines avaient pour antagonistes les bandes guerrières de toutes les races orientales alliées ou tributaires de Byzance. Force nous est de nous contenter de ces maigres indices. Pour se maintenir dans la stricte vérité historique, il est bien difficile d'en dire plus. Toute addition passerait à bon droit pour indigne de confiance. Les documents contemporains sont trop rares pour qu'il soit possible de reconstituer de toutes pièces une époque en elle-même aussi caractérisée. Qui tenterait cette œuvre impossible risquerait de s'égarer dès le début.
Cette première campagne de Cilicie fut donc absolument foudroyante. Les Arabes de cette province furent surpris et Seîf Eddaulèh, pris lui aussi à l'improviste, affaibli par son récent désastre, ne semble avoir eu ni le temps ni le moyen de les secourir. En tout cas, il n'osa cette fois affronter les Byzantins en bataille rangée et donna l'ordre aux troupes musulmanes de Cilicie de se retirer dans les villes fortes et de chercher à fatiguer l'ennemi par une foule de petites rencontres. Nicéphore fut admirablement servi par son armée, qui lui obéissait aveuglément. Les campagnes, désertées par leurs habitants, furent horriblement ravagées, les villages brûlés, les moissons incendiées et détruites ; puis les Byzantins, comme des loups enragés, disent les historiens arabes, se jetèrent sur les places fortes dans lesquelles s'était réfugiée la population musulmane entière. Bien peu tinrent bon devant cette furieuse attaque. Vingt-deux jours, dit Aboulfaradj, suffirent aux impériaux pour s'emparer de cinquante-cinq villes et forte-
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resses. Léon Diacre indique un chiffre plus considérable encore, plus de soixante '. Les unes furent aussitôt enlevées d'assaut; les autres, liattues par les machines de guerre, furent livrées à composition par leurs garnisons épouvantées d'un déploiement de forces aussi inouï.
Il est possible que l'intention de Nicéphore ait été dès ce moment, apr6s ces grands succès qui mettaient en sa main une notable partie de la Cilicie, de marcher de suite sur Alep pour en finir d'un seul coup avec le Hamdanide avant que celui-ci n'eut eu le temps de se remettre de sa première surprise. S'apprctait-il dans ce but i\ prendre la grande route de Syrie qui passe sous les murs d'Anazarbe, ville très forte de Cilicie, alors encore aux mains des Sarrasins? En tout cas, comme il se préparait à attaquer cette forteresse, dont la possession lui était indispensable pour pouvoir pousser plus loin, il fut très inopinément détourné de ce projet par une vive, hardie et fort imprudente att<ique d'Ibn-Alzayyat, le fougueux émir de Tarse, le Karamon ou Karamountis des clironiqueurs byzantins. Ce personnage aventureux et chevaleresque, duquel nous ne savons, hélas, presque rien, venait, on l'a vu, de tenter de secouer le joug du Hamdanide en proclamant l'indépendance de son émirat sous la seule et bien illusoire suzeraineté du Khalife. Fièrement il avait fait effacer le nom de Seîf Eddaulèh de la prière publique pour n'y laisser subsister que celui de Mothi. Pour acquérir la popularité nécessaire au succès d'un aussi audacieux dessein, rien ne pouvait lui être plus avantageux qu'une brillante victoire sur les envahisseurs chrétiens. Il se jeta donc comme un fou à la tête de tous ses contingents ' sur les pas de Nicéphore et vint se heurter à l'armée grecque en marche sur Anazarbe. Mal lui en prit. Malgré son héroïque bravoure, il fut complètement battu. Cinq mille de ses soldats restèrent sur le champ de bataille; les autres furent faits prisonniers; son frère, Bar- Rababi, demeura parmi les morts. Désespéré, il rentra presque seul i\ Tarse, où il fut probablement fort mal reçu, ensuite de quoi il se précipita d'une fenêtre de son palais dans les eaux du Cydnus oh il se noya. D'après un autre récit, il aurait péri à la tète de ses troupes dans
1. Thâbit ben-Sinân et Ibn el-Athîren comptent cinquante-quatre.