‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 72 sur 237 · Voyez Co)ist. Porphyr., éd. Bonn, t. II, p · texte numérisé non relu

Voyez Co)ist. Porphyr., éd. Bonn, t. II, p

pendant la majorité des témoignages contemporains sont d'accord pour affirmer que le jeune Basileus succomba surtout aux exc(\s auxquels il

Graufl calice de sardoiue taillé à côtes et monté en argent doré portant le nom d'un des deux empereurs Romain du X" siècle, peut-être bien Romain II, conservé dans le trésor de Saint-Marc à Venise. Cette belle œuvre de l'orfèvrerie byzantine du x* siècle est entourée d'une large bordure qui contient quinze médaillons d'émail cloisonné où sont représentées les figures du Christ, de la Théotokos et de différents saints en buste. Sur le pied on Ut cette inscription détériorée : Seigneur, protège Romain despote orthodoxe. La coupe est orné-e de jierles.

se livrait avec sa fougue accoutumée et qui eurent facilement raison de sa constitution délicate. Syméon Magister ajoute. qu'il était fort adonné à tous les plaisirs de la table. Cédrénus rapporte les deux

opinions sans prendie parti. En un mot, tous les chroniqueurs sont unanimes à signaler les incessants dérèglements de cette courte existence. Léon Diacre, qui est formel sur ce point que ce fut bien là la cause véritable de la mort de Romain, note cependant aussi les rumeurs d'empoisonnement. (( Romain, dit-il, aurait pu faire preuve des plus belles qualités qui font les bons souverains, mais son exécrable entourage eut bientôt fait de ternir ces heureuses dispositions ; il n'eut de cesse qu'il ne l'eût vu s'abandonner avec fureur à tous les vices, ceux du ventre comme ceux qui sont pires encore (le vieux Byzantin se sert d'une expression autrement énergique). Durant le saint temps du carême de cette année 963, alors que les mortels en qui réside l'esprit de Dieu s'efforcent de dégager leur âme de la matière et de l'élever vers les choses d'en haut, les indignes favoris du Basileus ne songèrent qu'à lui faire courir le cerf et pousser furieusement son cheval à travers monts et vaux. Romain était déjà souffrant. On le ramena plus qu'à demi mort au Palais. On dit même que ces folles chevauchées devinrent cause de mortels désordres intérieurs dans les organes essentiels. Toutefois plusieurs pensent que le Basileus périt empoisonné au gynécée. )) Preuve terrible de l'estime en laquelle les contemporains tenaient Théophano. Celle en effet qui devait faire massacrer son second époux pour chercher à en épouser un troisième, avait bien pu songer à faire empoisonner le premier pour épouser le second. Mais, je le répète, ceci n'est nullement prouvé. Cette femme est chargée dans l'histoire d'un assez grand crime pour qu'on ne lui en attribue pas à la légère un second dont elle n'est probablement pas coupable.

Le Basileus défunt ne méritait point d'être regretté. Il ne le fut point, du moins par la partie saine de la population. Son règne ne demeure dans la postérité que par les brillants exploits des deux Phocas, ceux de Nicéphore surtout. Lui-même, malgré les affirmations suspectes de certains chroniqueurs \ ne prit aucune part effective au gouvernement. Tout entier à ses grossiers plaisirs, à son misérable entourage

1. Surtout le Conliniintcir de Thcophane. Voyez F. Hirsch, Byzantinische Studien, p. 297,

de bateleurs, d'iiistrions, de comédiennes, de chanteuses et de courtisanes de la plus basse classe, avant tout grand chasseur, il vécut parfois au gynécée, le plus souvent dans ses maisons de plaisance de la côte d'Asie, en pleine forêt avec ses chiens, sans cesse à la poursuite de la grosse bête. Presque jamais il n'habita le Grand Palais Sacré. Son panégyriste anonyme s'est complu à nous faire le récit de tout ce qu'il accomplit en une seule journée. « Le matin dès l'aube il présida aux jeux de l'Hippodrome; il dîna ensuite en compagnie des sénateurs, distribua aux convives les présents officiels accoutumé8,jouai\lapaume dans le Tzykanistérion avec les plus habiles joueurs et gagna plusieurs parties ; puis il se fit transporter sur la côte asiatique du Bosphore, au lieu dit Honoratos *, et tua quatre énormes sangliers. Le même soir, il retourna coucher au Palais Sacré. » — (( Le piètre chroniqueur, s'écrie l'honnête Lebeau, ne peut s'empêcher d'admirer une activité aussi infatigable et le royal usage que ce Basileus savait faire de tous ses moments. » — (( Toutl'empire, ajoute le plat courtisan, était en admiration devant son souverain, principalement la ville de Byzance que Romain avait grand soin de maintenir dans l'abondance par ses distributions de blé et de vivres aux citoyens indigents. » Et cette affirmation est très probablement véridique. La plèbe constantinopolitaine avait des trésors d'indulgence pour ces Basileus débauchés mais bénévoles qui se faisaient pardonner leurs incessants écarts en comblant la foule de largesses de toute espèce.

Cependant ce prince, qui finit si vite et si misérablement, était, semble-t-il, taillé pour d'autres destinées. Son éducation célèbre, entièrement dirigée par son père, avait été peut-être au-dessus de toutes celles de ses sujets et de ses contemporains. Tous les chroniqueurs s'accordent également à reconnaître qu'il était doué des plus brillantes qualités de l'intelligence et de l'esprit. Ses avantages physiques n'étaient pas moindres. Syméon Magister nous le dépeint de belle prestance, de taille élevée, bien que moindre déjà que celle du Basileus Constantin son père, (( large d'épaules, droit comme un cyprès. » Il

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