‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 76 sur 237 · Voyez Lebeau, Histoire (ht Bas-Empire, t. XIV, p · texte numérisé non relu

Voyez Lebeau, Histoire (ht Bas-Empire, t. XIV, p

3. Cette ville porta depuis le nom de Tchèmèschgadzak (Tscbemkazag), « Naissance de Tzimiscès T, qui lui est toujours resté dans la suite.

4. Ou plutôt Tcbèmèschguig. Ce surnom arménien n'é tait autre, on le sait, qu'une allusion à la petite taille de Jean. Les Sarrasins le nommaient Scbumuscbchig ou Tchumuschtiguin.

IXIÈME SifcCLE.

à su suite la victorieuse campagne de Cilicie et de Syrie. La vit- <lc> camps, les dangers courus en commun, l'avaient lié d'amitii^' <^*troit<.' avec ce brave qu'il devait un jour faire assassiner si cruellement sous ses yeux pour lui ravir sa fenmie et sa couronne!

Jean Tzimisc^s était peut-être la plus brillante personnification de la valeur guerrière à cette époque. Sans peur, d'une audace téméraire

La Panagia byzantine. Feiutare murale dans nne église d'Athènes, d'après l'Art bytatui», de iL C. Bayet,

Paris, Quantiiu

et d'une fougue incomparable, doué des plus grandes et des plus sérieuses qualités militaires, il était adoré des soldats. Agé alors de bien près de quarante années, il avait cette très pÔtite taille à laquelle il devait son surnom, mais il était en même temps admirablement conformé, parfaitement bien pris, d'une élégance extrême, d'une grande noblesse de maintien, avec un air audacieux de commandement, surtout une vigueur musculaire, une souplesse, une agilité extraordinaires qui paraissent avoir excité l'admiration unanime de ses contemporains. Il avait i\ la fois, disent-ils, la force du géant et le courage du héros, l'air imposant et fier dans sa courte stature. Voici le portrait que nous

trace de lui Léon Diacre, qui vécut à ses côtés. « C'était un homme ardent, impétueux, d'un courage inouï, malgré sa très petite taille qui le faisait comparer au belliqueux Tyrtée. Des vertus héroïques, une vigueur étrange, irrésistible, habitaient ce corps si menu en apparence. )) Et plus loin : « Il était fort beau ; il avait le teint blanc et coloré, les cheveux roux avec le front et les tempes dégarnies, les yeux bleus, le regard hardi, le nez mince et charmant, la barbe également rousse. Il était bien pris, large d'épaules, il avait en lui une confiance incroyable pour un homme de si petite stature. Seul, il se jetait impétueusement au miheu de la foule des guerriers sarrasins, fauchait tout à l'entour à grands coups d'épée et regagnait les siens sain et sauf. Aux jeux du javelot, de l'arc, de l'anneau, à tous les exercices du corps : la course, le saut, il n'avait pas son pareil. On citait de lui des traits de force prodigieuse. Semblable à un oiseau qui vole, il franchissait d'un bond quatre chevaux rangés de front '. En même temps, son caractère était doux, mesuré, patient. Il était généreux à l'excès, munificent, même magnifique. Jamais on ne l'implorait en vain. Avec cela, il aimait la popularité. Il était ce tout à tous, » prodiguant l'or et les promesses, d'un accès très facile. Son principal défaut était d'être fort libertin. Il aimait avec passion les femmes et la bonne chère. »

Ce parfait homme de guerre était pour lors patrice et stratigos du grand thème asiatique des Anatoliques. Il venait de rejoindre Nicéphore à la tête des contingents de sa province. Un autre chef illustre, d'origine arménienne, se trouvait à l'armée. C'était Romanos Courcouas ou Gourgen, de la fameuse maison des guerriers de ce nom qui depuis deux générations se distinguaient à côté des Phocas à la tête des armées impériales dans lès guerres sarrasines. Romanos Courcouas était stratigos du thème de Cappadoce ■.

Les Phocas, les Gourgen, les Scléri, voilà les trois grandes familles militaires du dixième siècle byzantin. Sous tous les Basileis de la dynastie macédonienne, sous Basile P"" comme sous Léon VI, sous Constantin VII comme sous Romain II, dans chaque campagne c'est un

1. Léon Diacre cite un autre exemple curieux de cette agilité extraordinaire.

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