Cédrénus dit qu'il était stratilate d'Anatolie
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Pliocas, un un Cuurcuuat», |iailwi.s iji. .^. .*.w.^, .|ui est ù l.i ;* .* .!«.' l'armée. Chaiiue victoire est gagnée par un d'eux. C'étaient en même temps les premières fomilles nobles d'Asie-Mineure, les premières fann'lles d'arcliontes orientaux, comme on disait alors.
Un des plus anciens Courcouas mentionnés dans les sources est l'illustre capitaine Jean 1""; celui-là fut célèbre sous Basile 1". De ses deux fils, l'un, Jean II, se couvrit de gloire en Orient, sous la régence de Romain Lécapene. Il eut pour fils le Romanos dont je parle en ce moment, qui commanda souvent en chef en Asie ', et Théophile, stratigos de Mésopotamie, père de Jean Tzimiscès.
De ces trois grandes familles guerrières on ne connaît, pour ainsi dire, pas un membre qui ait été prêtre. Tous furent soldats.
Bringas, après avoir encore réussi à faire éloigner de Constantinople les principaux parmi les parents et les partisans de Phocas, expédia donc aux deux chefs arméniens que je viens de présenter au lecteur un message secret dont la teneur était à peu près identique à ses ouvertures à iMarianos. Il leur dénonçait les prétendus projets de trahison scélérate de Nicéphore vis-à-vis des jeunes Basileis et offrait à Tzimiscès le commandement en chef des troupes d'Asie retiré à Phocas ; à Romanos Gourgen, par contre, il offrait celui de l'armée d'Occident, à condition que tous deux le débarrasseraient de cet ennemi public n'importe par quel moyen. Ils pouvaient à leur choix le faire tondre et enfermer dans quelque monastère, ou l'expédier enchaîné à Constantinople. « Je m'en remets à toi, écrivait-il à Tzimiscès; accepte d'abord le commandement en chef des scholes d'Anatolie ; puis, prends patience ; avant peu tu seras Basileus des Romains. »
Les choses tournèrent tout autrement que ne le pensait le Parakimomène. Au reçu de ses dépêches, Tzimiscès, soit qu'il efit encore quelque loyauté au cœur, soit plutôt qu'il fût mieux à même d'apprécier la situation et combien il était devenu impossible de s'opposer au triomphe définitif de Nicéphore, s'en alla tout droit trouver celui-ci, qui, souffrant, était pour lors couché sous sa tente. « Tu dors, lui dit-il, s'as-
1. Le fila de Romanos, Jean III, devait périr on 971 dans un combat contre les Boaaes.
seyant t\ son chevet, alors qu'un misérable eunuque est en train de conspirer ta ruine. Allons, lève-toi, il n'est que temps. Lis cette lettre. Tii verras comment ce vertueux Bringas s'occupe de préparer ta perte. » Nicéphore lut et garda un silence farouche, comme accablé. « Que faire? soupira-t-il enfin. — Que faire! s'écria l'Arménien; tu le demandes ! Sera-t-il dit que des chefs tels que nous, à la tête de la plus belle armée du monde, nous subirons plus longtemps l'esclavage d'un vil eunuque, d'un misérable Paphlagonien ? Succomberons-nous donc à d'infâmes intrigues de gynécée ? Allons, je te le répète, il n'est que temps. Mets-toi à notre tête : ceins le diadème impérial et en route pour Constantinople ! » Et comme Nicéphore résistait encore, ou du moins feignait de résister, Oédrénus va jusqu'à dire que Tzimiscès et Gourgen, dans leur hâte impatiente de précipiter cette révolution qui les mettrait au premier rang après leur camarade couronné, allèrent jusqu'à tirer leurs épées, le menaçant de mort au cas où il hésiterait encore. Lui, feignant une grande terreur, faisant l'homme contraint et forcé, finit par céder à leurs instances. Certainement aussi il dut être secrètement encouragé par de nouveaux messages de la régente, toujours plus exaspérée de l'arrogante suprématie de Bringas. Depuis son retour en Asie, Nicéphore brûlait pour elle d'une passion plus vive encore. Cédrénus affirme, probablement à tort, que ce fut son amour pour la divine Théophano, plus encore que l'ambition du pouvoir, qui triompha de ses derniers scrupules.
Levant le masque très subitement, quittant le camp de Tzamandos vers la seconde quinzaine de juin, Nicéphore, à la tête de tous ses contingents cantonnés dans la région, s'avança avec Tzimiscès et Gourgen jusqu'à Césarée de Cappadoce, cette grande cité d'Asie où, l'année d'auparavant, il avait célébré la sainte fête de Pâques. Là, le 3 juillet, eut lieu un grand spectacle militaire digne du vieil empire romain. En face de toutes les troupes d'Orient, réunies dans la plaine auprès de la ville, Nicéphore fut proclamé Basileus au lever du soleil. Jean Tzimiscès avait lui-même soigneusement disposé la mise en scène de cette pompe guerrière. A la tête de tous les chefs de corps.
suivi dv liuiiiaim.», ( iuingL-ii et «le Nicf|»lnMf llt'\ahiuiiiir.s, j>atiict'.s comme lui, il s'était présenté le fçlaive en main, A la jwrte du pavillon (lu domestique, puis, tous ensemble, l'entourant nvoc des aorlain/itiouM frénétiques, agitant leurs éj)ées au-dessus de leurs têtes, l'avaient salué autocrator des Romains, l^asileus tout-puissant, lui souhaitant, suivant la formule immuable, (( Long règne et longue vie ! y> C'était bien encore h\ nn empereur issu d'une sédition militaire, un véritable imperator proclamé par les légions comme aux temps les plus troublés de l'histoire romaine du troisième siècle, avec cette différence, cependant, qu'il n'était pas question de chasser du trône les héritiers légitimes. Dans la pensée des chefs de l'armée d'Asie, et l'avenir leur donna raison, il s'agissait uniquement d'eiî finir avec l'insupportable suprématie du premier ministre Briugas, de donner un époux digne de ce nom î\ la jeune régente et un protecteur éprouvé aux deux faibles enfants assis sur le vieux trône de Constantin, de procurer, en un mot, un défenseur énergique et fort à l'immense empire dont ceux-ci venaient d'hériter.
Tandis qu'au radieux soleil de juillet, sous les murs de Césarée, les stratigoi, les comtes, les turmarques de l'armée byzantine environnaient Nicéphore, le hissant à la mode antique sur un vaste bouclier,
Saint Jean le Précarscur. Peinture murale dant lUM ^Uae d'Athènes. D'après VA ri bytantin^ de U. C. Bayet, Paris,
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les soldats, préparés dès longtcjiips à cette scène, accouraient par milliers, accueillant le nouvel autocrator de leurs démonstrations enthousiastes. Ils criaient : c( Longue vie à Nicépliore Auguste ! longue vie à l'invincible empereur que Dieu protège! » Surtout ils criaient : El; zry TToXiv, £i; T/jv ttoXiv ! (( h Byzance, à Byzance! » (la Ville par excellence).
En vain Nicépliore se débattait encore, du moins feignait de se débattre ; en vain, pour refuser le pouvoir, il invoquait son dégoût de la vie, son désir ardent de retraite, son existence assombrie par la mort de sa femme, dont il était veuf depuis quelque temps déjà, par celle de son fils unique Bardas ' ; en vain il suppliait plus ou moins hypocritement Tziiiiiscès de se laisser proclamer à sa place, priant qu'on lui permît du moins de se consacrer à la guerre contre les Sarrasins, pour laquelle il se disait bien mieux préparé que pour l'administration d'un pareil empire. Il dut céder à l'ivresse générale. On l'arracha presque de force de sa tente, pour le promener sur son bouclier devant le front des troupes. Puis on lui chaussa les célèbres bottines de pourpre, les rouges campagia aux aigles d'or brodés, indices du pouvoir suprême, chaussures réservées au seul Basileus des Romains, bien que le roi des Bulgares prétendit avoir le droit d'en porter aussi.
(( Nicéphore avait bien vite oublié, dit l'honnête Léon Diacre, les serments terribles par lesquels, devant le patriarche et le sénat, il s'était, quelques semaines auparavant, si solennellement engagé à ne rien tenter contre les droits absolus des fils de Romain. » On peut dire pour sa défense qu'il n'avait plus guère le choix et qu'il lui fallait ou triompher de Bringas et lui succéder au pouvoir, ou périr misérablement. Par un dernier scrupule vis-à-vis des jeunes Basileis, il refusa pour le moment de revêtir les autres insignes de la toute-puissance impériale, le stemma, la robe à grands carreaux, n'acceptant que les campagia. Ainsi créé autocrator de par le droit de la révolution, il res-
1 . Ce jeune homme, que Phocas cliérissait, avait péri tragiquement, tué par accident dans une joute par son cousin germain Pieuses. La lance de ce dernier avait malencontreusement atteint l'œil du jeune homme. Pieuses épouvanté lâcha son arme, mais celle-ci rebondit si malheureusement que l'orbite en fut perforé. Bardas, tombé de cheval sans connaissance, expira presque aussitôt. Nous ignorons la date précise de cet événement.
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les chefs. Ceint de lY'pce, la lance en main, del)out sur un tertre ^•levé sous le grand ciel bleu, il harangua l'année disposée en un cercle immense, a Soldat»; je .suis Ba.sileu8 de j)ar vous. Nous ne pou vit. i lérer davantage le gouvernement de ce misérable eunuque serai dévoué jusqu'à la mort. Vous, soyez-moi dévoués de même, il y aura probablement, hélas, du sang versé, car nous allons combattre, non plus les Arabes de Crète ou de Syrie, mais des soldats romains, et nous avons à conquérir la capitale même de ce puissant empire, qui ne se laissera pas enlever comme un simple kastron sarrasin. L'effort sera grand et pénible, mais Dieu combattra.pour nous, car Bringas l'acntcllement offensé. Suivez-moi jusqu'au bout avec confiance. I conduis à la victoire. » C'est par de tels discours demi-guerriers, demidévots, que les capitaines de Hyzance avaient coutume de surexciter la pieuse ardeur dynastique de leurs superstitieux soldats. En toute circonstance du reste, lorsqu'il eut A parler aux troupes, Nicéphore s'attacha à ne se présenter à elles que comme le tuteur des jeunes empereurs , leur protecteur dévoué improvisé par la nécessité.
Cette brève allocution, ces paroles ardentes enflammèrent extraordinairement les courages. Les soldats prodiguèrent {\ leur chef les plus vives protestations d'amour. Ayant passé tous ses jours dans les camps depuis son enfance, personne ne savait comme lui parler aux troui^es et s'en faire obéir. « Personne, s'écrie le chroniqueur, n'avait l'esprit militaire au même degré quejui. »
Les phases diverses de ce grand drame se succédaient avec une rapidité extrême. Sans retard on courut à la cathédrale de Césarée. Le métropolitain y bénit selon les rites le nouvel empereur, et celui-ci, de retour dans sa tente au milieu du camp, fit immédiatement acte de souveraineté. Jean Tzimiscès, véritable auteur de cette foudroyante révolution, reçut la première charge militaire de l'empire, cette fonction de domestique des scholes d'Anatolie que Nicéphore quittait à peine, celle que Bringas avait offerte à l'Arménien subtil pour prix de sa trahison envers son compagnon d'armes. On voit que Jean n avait rien perdu à demeurer fidèle à ses amitiés. Il fut de plus "
au rang de magistros, la plus haute des dignités palatines à cette époque. D'autres chefs importants, le patrice Nicéphore Hexakionitès entre autres, furent également promus ; puis, de la tente impériale, partirent précipitamment dans toutes les directions les messagers de cour, les basilikoi du nouveau maître de l'empire, porteurs d'ordres et de lettres, de nominations et de révocations. Les meilleurs officiers de l'armée furent lancés cette même nuit sur toutes les routes qui conduisaient à la mer Noire et aux détroits, emportant leurs brevets de stratigoi des thèmes et de clisurarques des forteresses. Ils avaient mission de se saisir rapidement au nom de Nicéphore de tous les points importants de la côte, avant même que le bruit de cette révolution ne fut parvenu jusqu'à. Byzance.
Puis, quittant à son tour Césarée, le Basileus improvisé entraîna dans sa marche ardente vers la capitale cette admirable armée, merveilleusement formée par lui sous les remparts de Chandax comme sur les champs de bataille de Cilicie et de Syrie.* Il s'agissait de ne pas perdre une heure, pour ne point permettre à Bringas d'organiser la défense, pour profiter, en un mot, de tous les avantages d'une aussi subite sédition. Dès le lendemain de la proclamation de Nicéphore, les têtes de colonnes des troupes d'Anatôlie étaient en marche sur Byzance. Jean Tzimiscès, en qualité de domestique des scholes, fut laissé en arrière pour reprendre et poursuivre les opérations contre le Hamdanide.
Philothée, évêque d'Euchaïta\ prit les devants sur l'armée. Il était porteur de lettres de Nicéphore adressées au patriarche, au Parakimomène, au sénat. « Je suis votre Basileus, leur mandait-il, le tuteur désigné des autocrators jusqu'à leur majorité. J'arriverai incessamment à Constantinople. Recevez-moi comme votre maître à tous et je vous conserverai vos dignités ; je vous en accorderai même de nouvelles. Sinon, vous périrez par le fer et la flamme. »
Les auteurs de la révolution militaire de Césarée avaient si habile-