‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 95 sur 237 · Ou Gcrmanicopolis · texte numérisé non relu

Ou Gcrmanicopolis

8. L'Empire grec au dixième uiècle, Constantin PorphyrogénHe, Paris, 1870. .

puissant de ceux-ci était la nation bulgare. La guerre incessante avec ce peuple avait rempli les règnes précédents. c( Le fait capital de l'histoire extérieure de Byzance dans toute la première partie du dixième siècle, a-t-on pa dire \ c'est la rivalité avec la Bulgarie sous les empereurs Romain Lécapène et Constantin Porphyrogénète, et le czar Syméon,fils de Boris, d'autre part. )) Bien des fois, durant cette longue période, les armées bulgares victorieuses des stratigoi byzantins, avaient dévasté les campagnes de Thrace et de Macédoine et porté la terreur jusque sous les murs de la Ville gardée de Dieu. Tout cela avait bien changé depuis l'avènement de Pierre, successeur de Syméon, et la Bulgarie pacifiée et calmée s'était fort affaiblie. Elle n'en demeurait pas moins un incommode voisin. Tout entière maintenant située au sud du Danube, elle se trouvait divisée en deux grandes régions : la région mésienne^ entre ce fleuve et le Rhodope, et la région ochridienne dans les hautes terres de la Macédoine et de l'Illyrie méridionale. Sa frontière du côté du nord était toute tracée par le Danube ; du côté du midi, à l'époque oii nous sommes, elle partait du golfe de Bourgas sur la mer Noire, englobant Mésembrie, Anchiale, Develtum et la Zagorie, passait entre Philippopolis, ville bulgare, et Andrinople, ville romaine, et longeait ensuite les pentes du Rhodope, toutes hérissées de forteresses bulgares. Elle contournait de là le bassin du Strymon, où se trouvaient des clisures et un stratigos byzantin, passait à une faible distance de la grande place forte de Salonique, franchissait le Vardar et, entourant tout le massif montagneux qui sé- ]>are la Thessalie de l'Epire, allait s'appuyer aux thèmes de Nicopolis et de Dyrrachion et aux régions alpestres de l'Albanie indépendante, A partir de là elle était bornée par la Serbie, dont elle ne se trouvait séparée que par le cours de l'Ibar et le bassin de la Morava.

Au delà du Danube, la Bulgarie n'avait su cinquante ans auparavant se défendre contre l'établissement en ces parages de deux très fâcheux voisins, les Hongrois et les Petchenègues, les premiers installés à l'ouest, les autres à l'est du pont de Trajan, sur toute la ligne de la Save et du

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