L'Occident français, de M. Fialin, depuis M. de Persigny
LA POLITIQUE DU SECOND EMPIRE ÎUJ
sectateurs du césarisme, la France réduite est toujours assez grande, assez puissante pour l’Empire, dût ce nouvel empire n’être que la quatrième ou cinquième monarchie de l’Europe.
De la double mission si fièrement revendiquée jadis j)ar les Napoléon, on n’entend l’éclamer pour eux que la plus brutale et la moins glorieuse, celle de Brumaire ou de Décembre. A l’héritier de l’Empire il ne resterait d’autre rôle que celui de défenseur de l’ordre et de sauveur de la société, ou, comme disent aujourd’hui les trembleurs et les sceptiques, le rôle de gendarme. De la grande légende napoléonienne d’Austerlitz et d’Iéna, il semble ne plus rester aujourd’hui que la légende de la Bourse et des Halles.
Avec toute leur apparence pratique et leurs prétentions positives, de pareils rêves sont d’une singulière naïveté. La France ne sera jamais assez blasée ni assez lasse pour se contenter quinze ans d’un gouvernement sans autre idéal que la prospérité matérielle. La France ne comprendrait pas longtemps un césar sans lauriers et un empereur sans le nimbe de la gloire.
Le césarisme ne se peut ainsi scinder en deux^ et l’illusion est grossière d’imaginer que pour un Napoléon la puissance extérieure n’est qu’un vain accessoire, une inutile auréole ou une parure de luxe, comme si la gloire n’était pas le voile brillant sous lequel se dissimule la servitude. » Napoléon III l’avait bien compris : tout césar doit payer la rançon de la liberté confisquée.
l’empereur napoléon iii
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Un nouvel empereur serait, comme les deux premiers, contraint d’occuper, d’amuser la France, contraint d’entretenir le spectacle. Il serait lui aussi obligé de faire grand, et devant lui se dresserait le meme problème insoluble, la même tâche contradictoire que devant Napoléon III, rendue plus pressante et plus malaisée par les souvenirs du dernier Empire. Sedan serait plus urgent et moins facile à réparer que Waterloo. Il faudrait inventer de nouvelles combinaisons, provoquer de nouvelles alliances, et par là même courir à de nouvelles aventures, à de nouveaux périls.
Je cher.clie en vain quel pourrait être le levier d'une politique impériale. Sans amis dans les cours, sans auxiliaires chez les peuples, un troisième Empire ne saurait trouver d’aide que dans la complicité des convoitises d’autrui. Il ne lui resterait d’autre politique que celle des grandes agglomérations aux dépens des petits peuples et.des petits Etats, que celle du partage des faibles. A l’utopie chimérique, mais du moins haute et généreuse, de Napoléon III, succéderait la politique du droit prime la force ^ et pour être plus grossière celle-ci ne serait ni moins dangereuse ni moins décevante que l’autre.