Idées iiapoléoniennes ^ p. 149 et
LA POLITIQUE DU SECOND EMPIRE
tines, et presque jusqu’à ce langag^e. Ainsi glorifiée, la guerre d^Espagne nous annonce la guerre du Mexique. On dirait que le second Naj>oléon s’était dès longtemps promis d’imiter le premier dans la plus insidieuse de ses entreprises. Luimême, en nous parlant de l’Espagne, nous montre vingt ans d’avance comment cette aventureuse expédition d’outre-mer, en apparence o^i^posée à la politique des nationalités, rentrait au fond dans le même ordre d’idées.
Lorsqu’elles touchent aux vues de Napoléon 1°" sur l’Allemagne^ on sent dans les Idées napoléoniennes quelque chose d’indécis, de redoutablement obscur, qui, sur ce point capital^ présage la confusion et l incertitude du second Empire. L’héritier de Napoléon ne sait pas nous dire ce que son héros voulait faire de ce grand corps germanique ; il ne nous apprend rien sur la place que lui-même lui destinait dans ses rêves.
Ici encore^ le second Empire devait, dans sa conduite envers l’Allemagne et la Prusse, n’imiter que trop les hésitations et les contradictions du premier. Gomme lui^ il devait balancer entre une Prusse dominatrice du nord de l’Allemagne et une confédération de petits Etats indépendants des deux grandes puissances germaniques; comme lui, il devait A^aguement pressentir que, pour ses plans
, de rénovation européenne, la Prusse était le seul allié possible; comme lui enfin, après l’avoir tour à tour menacée et courtisée, il devait en venir avec la Prusse à l’une de ces luttes inexpiables qui, chez
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I(*s doux ;i(l vorsairo.s, laissc'nl (l<*s farninits do. luiino pour plusioui’s f»étuM*al ious ' .
[j(‘s raisons (jui du prisonuior dc! Sainto-I lélôno avaioiil, l’ail, ])al,i’ou dos ualionalilds avaioni f'af'né il la uiêuK^ cause I(‘s sympalliii‘s dcîs libéraux, d<‘s doiuocraULS (il de la Fi*aiic<î pro.sf|u<» onliî*r(^ Kulri' oibi <‘t los ])ou])los sacidliés par la Saillie- A lliam'o, la haiuo dos Irailos d(‘ I 8 l .'*> avait olahli uu(‘ soilo. de* solidai’ilé morale. Avant d'olro i‘oi*iTUilé, sans (|u’on on raisonnAl los jirincipos, surloni sans (]u’on <‘u sou]»çounAl b‘S consoquonc<*s, le droit <1o nationalité était implicilmnont la foi de toutes l(*s classes do, la société française qui ne Liuiai(*nl ]>as à rancitm régime. I.a b^rauco en ri'Vonait ainsi à son rôle do la lin du xviii® si(‘clo, alors (pie la Ilévolution se prés<*ntait (‘u ('‘maiK'ipatricii de tous l(‘s ]>(mpl(‘s. Il n'c'st pas un d(‘ ses gr.ands é(‘rivains <jui ne l’ait intéressée à rnno ou à l’aulri’! des nations o[q>rimoes, à la (irèia», à riialie, à la J*oIogm‘, ou à toutes à la fois, l^ar sa littéral lire comme jiar si's principes poliliipies, la France a été la complici» de touti^s les causes nationales.
(i(‘ pcmcdiaut était chez elle si iialuriM que, diqniis
1. Les ureinièrcs r<îlalions «le Napol«‘‘on ]l[ avec iii Prusse paraissent «'tre aul«';rieurcs à la pro clainetioii <1«^ rKmpire. Kn 1851, quelques setuaines avant le cou{> cl’État, M. de Persigny était envoyé à Berlin, sans doute pour sonder la l*russe sur ses dispositions vis-A-vis de la France et de l’Empire. D’après l'historien Henri <le Sybel, le conüdent du futur empereur aurait déjà clicrclté à préparer une alliance prusso-française et déjà parlé «le rejeter i’Autrii'he hors de rAllemagne et de l’Italie. (H. von Sybel, Napoléon ///, p. 20-22, Bonn, 1873.)
' LA POLITIQUE DU SECOND EMPIR^ C
un siècle, aucun des régimes si diver^ ^Âi’cftle>$eél donnés ou laissé imposer n"a su y téjsjster^ï^àil unique dans l’iiisloire, chacun de ces'^-ou^^ri)^ments si vite renversés a marqué sa chpiR^ ^existence par l’affranchissement total ou partml{A\i i peuple. Sous Louis XVI, ce sont les Etats-Unis d’Amérique ; sous la Révolution et le premier Empire, l’Italie et la Pologne ; sous la Restauration, la Grèce; sous la monarchie de Juillet, la Belgique ; sous le second Empire, l’Italie, sans compter cet autre petit peuple latin, la Roumanie, qui, pour avoir à sa tête un prince allemand, n’en doit pas moins à la protection française son unité et sa trop précaire indépendance. Toutes ces entreprises, depuis la guerre d’Amérique, où se précipitait l’ancienne noblesse française au ris(jue d'en rapporter une révolution qui devait l’engloutir, depuis la Grèce si bien chantée par nos poètes et servie par nos philhellènes, jusqu’à cette expédition de 1859, où les faubourgs de Paris, si hostiles à l’Empire, acclamaient l’empereur partant pour la délivrance de l’Italie, toutes ces guerres émancipatrices furent saluées par la nation avec un enthousiasme vrai, parfois naïf jusqu’à l’illusion, avec uin‘ sincérité de désintéressement dont aucun peuple n’a donné de pareils témoignages.
Telle était la France qui se présentait de loin au ^ jeune Louis-Napoléon dans ses années d’exil. En face d’un tel courant de générosité, il devait se persuader, comme il le proclamait trente ans plus tard en partant pour Magenta, que cette politique
(ranVaiichisseiTKîiil était pour la France une « jK>- Jitnj^uo ugLLluuaie--et Iraditieiinelle ^ ». Vers 1830^ tout le x^ays |)araissait avoir adojdé les rêves du |)risoiiuii;r d(3 Saint(?-Ilélèiie. C’était le temps où le retour (lu (lrap(‘au tricolore semblait devoir afTraiicbir rFuroi)(‘ avec la France. Les noms de l*ologne (‘t d’Italie étaient comme le mot d’ordre des jiatriot(‘s fran(;ais heureux d(; les jeter en menace aux gouvernements de la Sainte-Alliance, et les Chambres les x‘bis paciliques se croyaient obligées de lesfaire rel(Mitir dans leui\s adresses au roi le moins guerri(‘r. L(‘s clerniers discours de la dernière Chaml)re des déj)ulés de la monarchie de Juillet étaient encorcî un encouragement au mouvtmient national italien , qui précédait la révolulion de 1848 en attendant qn’il en reçût un nouvel élan. Toute la doctrine des nationalités était formiib'‘e dans nos Chambres aux ax>x)laudissoments de roj)inion. Les xilus grands orateurs, M. Tliiers (‘U tête, fomentaient du haut de la tribune fran- (•aise les l'evendications des Italiens, les invitant à s’unir contre rAutriche^ et faisant luire à leurs yeux le xiatronage, si ce n’est le secours de la Cran ce -.
Cette attitude du libéralisme français eut une inlluence cajutale sur le neveu de Naxmléon. Il était dans l’àge où les idées et les tendances se dessinent Xiour la vie. De l’exil ou de la prison, il suivait