CHAPITRE V
Les parties de campagne , les spectacles , les riches toilettes , c'est avec quoi Gustave essayait de combattre la mélancolie profonde de sa maîtresse ; mais en vain Fentourait - il de ce bonheur frivole où se complaisent la plupart des femmesj en vain rehaussait-il sa beauté par Téclat de la parure; en vain Fentraînait-il au bal, à
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ces fëtcs bruyantes* dont Paris est si prodigue , Louise ne paraissait prendre aueun plaisir à tout cela ; le plus souvent même, elle refusait obstinément de quitter la chambre , sous prétexte qu une demoiselle (et elle aj)puyait sur ce mot, bien qu'il la fit rougir de honte ) ne devait pas se montrer en pubhc avec un jeune homme. A cette raison elle en ajoutait une autre , c est que la mort récente de sa mère lui ordonnait de garder le deuil et la retraite.
Les jours où Louise faisait ces objections, Gustave, avec toutes les apparences (le la mauvaise humeur, quittait la chambre pour n'y rentrer que le soir fort tard , et quelquefois même pour n'y rentrer que le lendemain au matin , circonstance qui se présentait rarement, il faut le dire,
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car, les nuits où Gustave ne revenait pas , Louise les passait à veiller sur une chaise.
Alors , au retour de Gustave . c'étaient de part et d'autre des reproches qui se terminaient toujours par une promesse mutuelle de se rendre heureux, promesse que tous deux cependant ne tardaient pas à ouhlier , Louise en pleurant aux bras de Gustave, Gustave en s'ar radiant des bras de Louise .
Gustave , ainsi que la plupart des hommes , supportait impatiemment que sa maîtresse fut triste; il ne lui avait pas caché combien ses pleurs lui déplaisaient, l'irritaient même: et Louise, tout en se reconnaissant coupable de tristesse , ne pouvait avoir assez d'empire sur elle pour faire
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éclaler une joie qui n'était pas dans son coeur.
La cause de sa mélancolie , il ne faudrait pas la clierclier dans Fabandon où Gustave la laissait une ou deux nuits par semaine; elle était trèsconvaincue que les heures passées loin d'elle , Gustave les passait chez son père, où il avait un appartement.
Ces absences , quelque longues qu'elles fussent , ne causaient donc pas son chagrin ', ce qui l'excitait outre mesure, après la pensée de la mort de sa mère, c'était le silence de Gustave sur leur prochain mariage.
Elle n'attendait qu'un seul mot pour sourire de bonheur ; elle F attendait, et Gustave ne le disait pas.
Sa résolution était prise de ne point aborder celte question la première :
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s'il ne m'en parle jamais, se dit-elle , je ne lui en parlerai jamais non plus ; mais je le quitterai.
Du jour où elle se dit cela, Louise accorda, par la pensée, un mois tout entier à Gustave pour expliquer enfin ses intentions. Jusque-là elle se promit de lui refuser ces marques intimes d amour qu'elle lui avait si imprudemment données , pour la première fois , dans la maison de la rue Montmartre.
— Toutefois , se dit-elle , je serai gaie et je paraîtrai heureuse, afin qu'il m'aime davantage.
En effet, dès ce jour-là, Louise, forte de sa résolution , ne montra plus que par rares intervalles ce front triste qui déplaisait tant à Gustave; et lui , la voyant sourire , il lui prodigua