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acheté (les rentes hier, et je m'euvais faire un tour à la Bourse. Je vous reverrai demain.
Gustave , resté seul , pensa que Louise était digne de lintérét de tous les hommes, puisque le docteur Thévenot lui-même, qui, de sa vie, nés était apitoyé sur les malheurs d aucune femme , se montrait sensible à la position déplorable de la pauvre fille. Oh! oui, dit-il, je Taime, et si je ne me inarie pas avec elle , du moins n'en épouserai-je jamais une autre; je lui donnerai tout mon bien, je ferai sa fortune.
Le lendemain, Louise, qui allait de mieux en mieux , qui commençait à parler moins souvent de sa mère que de Gustave , laissa percer , dans ses conversations avec le docteur , quel-
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(jiies don les cluii^rins rclativemenl à ce qui lui avait été dit sur sou futur inariai^c; car elle u'apercevait autour d'elle que le docteur ou madame Lefehvre : Gustave restait iuvisible.
Le docteur , la jugeaut assez bien j^ortaute pour ne souffrir en rien des émotions que produirait en elle une entrevue si long- temps , si secrètement désirée, céda enfin à ses timides sollicitations : Gustave et Louise se trouvèrent en présence.
Nous n'entrerons dans aucun détail des choses qu'ils se dirent alors : c'étaient des paroles mêlées de reproches et de larmes , méh'cs de honte et de caresses. Les reproches , ce fut Gustave qui se les fit à haute voix , les larmes , ce fut Louise qui les répandit en silence. Le lecteur peut ai-
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sèment se figurer la scèue. Quant à nous , nous avons hâte de quitter la prétendue maison du docteur , d en faire sortir nos deux principaux personnages, qui ne Ihabitèrentpas plus d'un mois encore.
Mais, avant de quitter le logement de la rue Montmartre , jetons un rapide coup d'oeil sur ce qui s y passa.
Du jour ou 1 entrevue dont nous venons de parler eut lieu , Louise et Gustave se séparèrent à peine : Louise pleine de confiance dans les promesses de Gustave, Gustave s inquiétant peu de savoir s'il tiendrait ou ne tiendrait pas ses promesses ; Louise n'écoutant plus que son cœur , Gustave n'écoutant que l'amour qui le poussait dans les bras de Louise , tous deux , ils ne tardèrent pas à oublier,
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riine cette pudique vertu qui est la seule fortune des jeuues filles, Tautre ces lois d'honneur qui ne veulent pas qu'un homme ahuse d une vierge , parce que l'amour l'a laissée sans défense .
Il est vrai que Louise fut excusable en ce sens qu elle voyait en Gustave son futur époux.
Nous ne savons s'il conviendrait de faire valoir en faveur de Gustave la même excuse. — Peut-être.
Un scrupule , fondé sur un motif assez louable, avait empêché Gustave d'apprendre à Louise que cet appartement où elle logeait avec madame Lefebvre n'appartenait pas au docteur : il ne voulait pas qu'elle pût accuser celui-ci de l'avoir trompée. 11 persista donc à lui dire qu'ils habi-
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laieiit chez son ami Tliévenot, lequel, (lisait-il , tenait quelques logemens dans cette maison, à la disposition de ses malades.
C'est pourquoi Louise étant parfaitement rétablie, Gustave lui fit observer combien il devenait peu convenable de rester plus long- temps chez le docteur; aussi kii annonca-til bientôt et leur changement de domicile , et leur installation prochaine dans un appartement du faubourg Saint-Germain .
Le jour du déménagement venu , tous deux , après avoir remercié le docteur , après F avoir fortement engagé à leur faire de fréquentes visites, se rendirent rue du Colombier, n*" ...
madame Lefebvre les suivit.
En passant les ponts , Louise , le
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cœur serré de tristesse, ue put s'empêcher défaire cette réflexion, qu'elle s en allait demeurer bien loin de la rue et de la maison où était morte sa mère.