‹ Un enfant (volume 2)Chapitre 13 sur 22 · I2G U!V ENFANT · texte numérisé non relu

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s'écria Louise exaltée par la douleur.

({ A quoi bon? » vous demandez à quoi bon une iille va revoir la maison où elle a perdu sa mère?

— Le diable l'emporte ! murmura Gustave, lavoilà qui pleure encore., il n'y a pas moyen d'y tenir. . Voyons, reprit-il avec plusde douceur, voulezvous être raisonnable , et convenir francliement que vous en aller rue Bourbon-Villeneuve, c'était pour le moins fort inutile. Vous ne pouvez trouver là que de l'ennui, des émotions fatigantes, de la peine

— Pas autant que j'en ai dans celte maison , toujours !

— Ma foi î c'est que je ne sais pas trop où vous n'en trouveriez pas , de la peine! vous courez après. Si j'avais pu me douter que vous voulussiez

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aller rue Bourbon- Villeneuve , certainement je m'y serais opposé de toutes mes forces.

— Vous m'auriez empêchée d'aller voir ma mère?

— Votre mère , non — si , par bonheur pour vous et pour moi, elle existait encore ; mais comme elle est morte , malheureusement , je vous aurais défendu de metti-e le pied dans cette maison — et je puis vous assurer qu'à compter de ce soir vous n'y retournerez plus.

— Vous croyez cela ? dit Louise , eh bien! c'est ce qui vous trompe. Car demain je m'en vais , demain je vous

quitte Sans madame Lefebvre , je

ne serais pas même rentrée ce soir, voyez-vous ? quand je suis sortie ,

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cotait avec l'intention de ne plus revenir.

— Laissez donc ! vous perdez la tète.

— Vous verrez — Je suis trop malheureuse— Je ne veux pas être votre maîtresse , entendez - vous , monsieur ? Yous m'avez trompée , trahie , déshonorée —

— Allons, allons, dit Gustave, voilà les grands mots!... Donnez -moi la paix : vous me feriez damner. Bonjour.

Lorsque vous serez plus tranquille , vous me Tenverrez dire. Je n'ai pas envie de devenir fou .

Dans rantichamhre , Gustave trouva madame Lefebvre , et il lui dit :

— Retournez près délie, et tâchez

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lui faire entendre raison. Quant à moi , c'est fini ; j'y renonce.

— Mais vous ne la quittez pas pour toujours, monsieur? dem.anda madame Lefehvre tremblante sur l'ayenir de ses gages.

Gustave , sans répondre directement à cette question , laissa voir que sa patience était à bout.

— Je ne reviendrai plus , dit-il , à moins qu'elle ne m'envoie chercher.

Cette résolution causa une grande frayeur à madame Lefebvre. Elle connaissait assez Louise pour être certaine que rien au monde ne la déciderait à faire aucune démarche ayant pour but de ramener Gustave.

D'autre part , elle était à peu près convaincue que celui-ci tiendrait parole , car depuis quelques semaines il ". 9

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paraissail Ibrt ennuyé de sa maîtresse.

Aussi la Lefebvre était -elle singulièrement inquiète. Avec une autre femme que Louise, elle eut fait jouer les ressorts d'une éloquence qui , pour être commune , n'en opère pas moins un efifet sur. Elle eut montré à la maîtresse de Gustave , d'un côté, les riches cadeaux qui suivent une réconciliation, de l'autre , la misère qui accompagne une rupture. Mais Louise céderait-elle à Tespoir du bien?

se)àisserait-elle toucher par la crainte du mal? Madame Lefebvre ne le pensait pas. Le peii qu'elle savait du caractère de sa dame lui disait suffisamment que des considérations de celte nature ne pouvaient être d'aucun poids àsesyéux. D'ailleurs là fille de madame Drouart n'avait- elle pas de fortes raisons pour prendre en fine-

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liance les conseils de la femme qui tout à riieure 1 avait ramenée , par ruse , de la loge du vieux Lamarre dans la maison de la rue du Colombier? Cependant il fallait que Louise et Gustave se réconciliassent : une rupture blessait trop vivement les intérêts de madame Lefebvre. Mais comment celte réconciliation se ferait-elle ?

Gustave était irrité au dernier point, et Louise avait résolu de le quitter pour toujours.

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