S8 LIV ENFANT
son amour, en l'aide de Dieu; elle connaissait assez le bon naturel de sa fille, pour être maintenant à peu près certaine de la réussite.
Elle s'éloigna donc avec la presque assurance de voir bientôt finir tous ses malheurs.
Elle marchait depuis une demijournée , tendant la main à toutes les portes, et assez satisfaite du produit de ses quêtes. Déjà elle songeait à reprendre le chemin du château d'où elle était éloignée d'environ quatre lieues. Un sentier étroit serpentait devant elle, sur la lisière d'une forêt. Elle suivait ce sentier, haletante de lassitude et de chaleur; un homme l'aborda, c'était un garde-champétre.
UIV EIVFANT. \S\)
— Où allez-vous?
— Je cherche mon pain , répondit Louise avec une sorte de crainte.
— Est-ce que vous êtes de ce paysci?
— Non , monsieur .
— Vous faites la contrebande, n'estce pas?
— La contrebande ! répéta Louise toute troublée.
— Vous sentez bien que ça m'est égal . Je ne suis pas douanier . Je vous demande ca pour savoir.
— Non, monsieur, je vous assure que je cherche mon pain.
— Oui, oui, une vagabonde
avez- vous des papiers ?