‹ Un enfantChapitre 4 sur 23 · IJ]\ E]\FA1\T · texte numérisé non relu

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cette insensée , mais ne lui faites pas de mal.

Suivant les ordres de son maître , le laquais saisit Louise par les bras , tandis que Gustave et sa fille montaient en voiture. Louise pleurait, criait, suppliait:

— S'il est son père , c'est mon enfant ! Six ans , c'est cela , elle est à moi. . . Ils ne l'ont pas enterrée ! . . . Ils me Tout prise... Monsieur, disait-elle au laquais , je vous en conjure , je ne suis pas une méchante femme , lâchez-moi , je veux seulement embrasser ma fille... Messieurs, disait-elle à la foule , c'est mon enfant qu'ils m'ont volée !

— C'est une pauvre femme folle , répondait froidement le laquais.

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— Non , messieurs , je ne suis pas folle, au contraire. C'est ma fille , ma fille , ma chère fille qu'ils m'ont prise, messieu.rs ! . . . Vous voyez bien que c'est ma fille , puisqu'ils l'emmènent et que je pleure. . . Est-ce que je pleurerais pour la fille d'une autre?.. .

— Mais pourtant , si c'est sa fille , dit un homme du peuple en rudojant le laquais, il faut qu'on la rende à cette femme...

— Oui, monsieur, dit Louise en tombant à genoux devant l'homme en casquette , oui , monsieur , faites-moi rendre ma fille. . . Elle est à moi, monsieur. . . Ils ne me l'ont montrée ni vivante , ni morte !

Ce dernier cri que lui avait arraché

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la scène du cimetière , elle le répéta cette fois avec une expression de douleur plus vive , car elle trouvait aujourd'hui dans ridée que ces mots lui rappelaient la preuvecertainedel existence de son enfant.

Quelques personnes paraissaient disposées à la croire, quand le laquais, empressé de rejoindre la voiture, qui s'éloignait avec rapidité, lâcha les mains de Louise , et dit en fuyant :

— Vous autres, ne vous donnez pas la peine de la ramener àCharentonce soir, entendez-vous?... Elle vous fatiguerait les jambes : regardez-la courir. . .

Louise, en effet, ne se sentit i>as

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plus lot libre qu'elle se précipita sur les pas (lu domestique , en appelant et criant :

— Ma fille, ma fille!

Les curieux restèrent convaincus que Louise était en démence, surtout après cette réflexion faite tout haut par un gamin :

— Sont-ils bétes, ceux-là, de croire qu une femme qui est à pied est la mère d'un enfant dont le père roule carrosse ! Elle aurait au moins un cabriolet ou un fiacre, farceurs que vous êtes î

Un éclat de rire accueillit cette logique des rues, et les hommes graves (jui avaient été témoins de la dou-

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leur (le Louise cessèieut d'y prendre même un intérêt de curiosité. Il n'en fut pas ainsi des enfans : ils s'élancèrent après Louise, qui ne discontinuait pas sa course , et ils criaient derrière elle :

—Oh, la folle ! la folle , Ohé!

Louise, le visage inondé de larmes, se tournait fréquemment vers eux , et leur disait à travers ses sanglots :

— C'est ma fille , c'est ma fille , mes hons petits amis... ne m'appelez pas folle î. .. je vous dis que c'est mon enfant ! . . courez après cette voiture. . . dites qu'on l'arrête , qu'on l'arrête...

ils m'emportent ma fille !

Et, désesi^érée, haletante, sans

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force, elle s'épuisait à vouloir suivre la voiture; et les petits garçons, moqueurs et audacieux , sautaient autour d'elle et répétaient en riant : .

— Oh, la folle, la folle! Ohé!

Un d'eux la tira violemment par sa rohe , et la fit tomber... Sa tête porta contre une des bornes qui séparent les Champs-Elysées de la place Louis XVI.

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