‹ Un épicurien sous la terreurChapitre 8 sur 29 · UN VOYAGE EN SUISSE EN MM · texte numérisé non relu

UN VOYAGE EN SUISSE EN MM

dénoncé les coupables, « il ne reste plus, îijoiitait-il, qu'à les livrer à la justice prévôiale. Leur châtiment, que les juges ne pourraient s'empêcher de prononcer, serait un e\enii)le éclatant et terrible, qui rappellerait à ces citoyens coupables qu'il existe encore des lois ; et cette justice ne manquerait pas d'être protégée par l'Assemblée Nationale, qui a la ferme intention (d'ici II quelques jours) de rendre plus aclir et plus sévère que jamais le pouvoir executif dont elle reconnaît la nécessité >^

Après avoir brandi au-dessus des |ia\sans d'Epone ce foudroyant Quos ego,.., le puissant magistrat laissait retomber son bras redoutable :

« M. Hérault veut bien celle rois,ptiiii' l(îrminer ceïte malheureuse affaire, prendre les voies les plus conformes aux sentiments de son cœur, mais aax condilionî^ suivantes :

* (( 1** M. Vignon, syndic de la municipalité et commandant de la milice, reconnaîtra dans une délibération delà municipalité qu'il a été l'instigaleur du complot,

« â'^ A l'avenir la municipalité garantira, autant qu ii est possible, de toutes espèces d'atleinles la personne du nommé Coursier, garde-chasse, comme aussi elle voudra bien garantir des mêmes dnngers la propriété de M. Hérault et la personne du sicup Laurent, qui le représente en tant que régisseur.

112 EËRÂULT DE SËGHELLES

^ M. Hérault regarde cgL écrit comme le renouvellement d'une alliance plus étroite entre lui et les habitants dans tous les temps ; il sera disposé de son côté à en remplir les engagement^;, ji.

Vignon, modeste avoiuî, héréditairement jaloux du cliiitelain, ne se laissa pas intimider. Il répoiiilit en homme dont le tour était venu de lever la têle et même d'avoir de Tesprit. II expliqua Tort habilement les faits et ajouta :

« Cnmmeat M. Hérault, qui s'est toujours présenté €omme un homme juste et bon, peut-il :

c( 1^ Me condamoer sans m'entendre;

i< '^'^ Me faire espérer une grâce quand je ne suis pas coupable ;

a 3" Me menacer d'une poursuite qui n'aurait aucun fondement,

(c Mon extrême considération pour ^I. Hérault me lait voir avec peine le mémoire qu'il ma fait remettre par M. le curé d'Epone. Comment un homme de loi pcut-il promettre une grâce à celui qui n'est pas coupable? Comment peut-il me persuader, par ses propositions, que c'est par considération pour les habitanLs de la paroisse qu'il veut bien oublier le passé, quand c'est tout le contraire ; car malgré que je ne sois pas coupable, pénétré réeilement des sentiments que M. Hérault veut faire connaître, je signerais tout ce qu'on voudrait^ mais M. Hérault est-il le juge suprême de tous les citoyens? Et si je me reconûaissais coupable, n'aurait-il pas les lois passées et futures derrière lui pour me punir? Les habitants qui connais-

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