III. MORALE ET CONSCIENCE
Voici maintenant les idées que M. Proudhon se fait sur la moralité , la conscience et la science du bien et du mal.
« L'instinct de la société , le sens moral , lui est « commun (à l'homme) avec la brute, et quand il s'i- « magine , pour quelques œuvres de charité , de jus- « ticeet de dévouement, devenir semblable a Dieu, il '<■ ne s'aperçoit pas ([\ïil n'a fait qu'obéir à une im-
a pulsion toute animale. Nous sommes bous , ai- « mants , compatissants , justes , en un mot , comme a nous sommes colères , gourmands , luxurieux: et « vindicatifs , c'est-a-dire comme des bêtes , 7îos ver- « tus les plus hautes se réduisent, en dernière ana- « lyse, aux excitations aveugles de l'instinct. »
Et plus loin :
« La conscience du bien et du mal n'établit pas , « relativement à la moralité , une différence essen- « tielle entre l'homme et les bêtes. » (Proudhon, /" Mémoire, pages 246 et 247. )