I. Première forme de Communisme : les pârtageux
Il ne suffit pas , disent -ils, que les Français soient égaux devant la loi ; ils doivent l'être aussi devant la fortune. Cette doctrine n'est pas nouvelle : elle fut celle des anabaptistes, qui, au 16^ siècle, remplirent l'Allemagne de carnage et de ruines; elle rêve lepartage égal , entre tous les hommes , de tous les biens meubles et immeubles.
Cette forme de communisme est la plus brutale , mais aussi la moins dangereuse : elle peut germer dans quelques esprits grossiers ; mais elle est si évidemment absurde , qu'à ma connaissance au moins elle n'a jamais été présentée théoriquement par aucun auteur : ces idées de partage viennent en effet se briser devant une double impossibilité.
Impossibilité du partage lui-même.... Comment diviser entre les 35 millions de Français les terres, les maisons , les machines , les objets d'art, etc., etc ... ? Selon les calculs les plus probables , l'ensemble de la richesse nationale est d'environ 70 milliards , ce qui donnerait 2,000 fr. pour chaque français : comment composer 35 millions de lots ; comment les distribuer de manière à contenter tout le monde, quand, dans
le moindre partage entre deux ou trois héritiers, il est si rare que chacun soit satisfait de son lot?
Passons sur cette difficulté ; le partage opéré , combien durerait-il ? — Un jour? Non; car Tivrogne, le joueur , le paresseux aurait avant ce temps entamé son lot et grossi d'autant celui du laborieux , de Téconome, de l'intelligent.
Que faire alors? Recommencer le partage de temps en temps?... Mais ce serait vouloir une nation de paresseux et de prodigues : pourquoi, en effet, travailler, économiser, si je ne dois pas conserver? Ce serait duperie.
Encore une fois, je ne parle du système despartafjeux que pour mémoire : saufs dans quelques clubs obscurs, personne n'oserait avouer qu'il y pense.
IL Communisme proprement dit:
l'état propriétaire de tout.
Le véritable Communisme, celui de Morelly, de Babeuf, de Cabet, ne se propose pas un partage impossible ; il espère amener a X égalité des fortunes par un procédé différent quil faut étudier avec soin, car il est le type de tous les systèmes socialistes , m.ème de ceux qui paraissent le renier avec le plus d'indignation. Ce procédé le voici :
L'égalité des fortunes étant impossible entre les hommes, à raison des différences qui existent entre eux
sou? le rapport de rintelligence , de la santé , de la prévoyance, etc. , etc. , pour obvier à l'inégalité des fortunes, il s'agit seulement de supprimer la propriété privée, et de tout donner à l'État.
Le Gouvernement, seul propriétaire de tous les biens meubles et immeubles, sera aussi le seul industriel, le seul commerçant. Chacun de nous, accomplissant la tâche qui lui sera imposée , ne pourra rien avoir en propre , mais il recevra chaque jour la ration nécessaire à la subsistance du jour. Nul souci d'ailleurs de la famille, car on nous débarrassera de nos enfants, qui seront tous élevés en commun , aux frais du Gouvernement.
Que de bienfaits renfermés dans cette idée si simple ! ... Plus de souci , plus de tracas , plus d'impôts , plus de rivalités de position , de fortune ; plus de procès , d'avocats, de notaires... N'ayant rien ni les uns ni les autres, sur quoi nous disputer?
Tel est le paradis terrestre que le Communisme nous promet : toutefois , avant d'accepter le marché qu'on propose , tâtons un peu la marchandise ; car les plus belles apparences peuvent tromper.
Et d'abord ce système n'est pas nouveau.
Les communistes peuvent invoquer l'exemple de certaines castes indiennes , et aussi celui de la fameuse Sparte. Mais, dans l'Inde comme â Sparte, ce système reposait sur la division du peuple entre maîtres et esclaves; et nous ne voulons plus d'esclaves.
Ils peuvent citer encore la vie en commun des convents et celle de nos régiments; mais moines et soldats ne sauraient servir de règle. — Le moine adopte, par esprit religieux, la vie de renoncement ; le soldat la subit temporairement : mais généralement peu sensible aux charmes de la communauté, son service fini, il renonce volontiers à la vie en commun de la caserne, pour retourner à la vie de famille, au grand étonnement de messieurs les communistes. — D'ailleurs , n'oublions pas ce point : les couvents et les régiments, comment vivraient-ils, si la vieille société, cette société maudite par le socialisme, ne travaillait pas pour leur procurer le vivre et le reste? — Ces deux exemples ne prouvent donc rien.
En voici d'autres plus concluants.
Les jésuites avaient fondé en Amérique , au Paraguay, une colonie dlndiens sur les principes du Communisme. Là, pas de propriété particulière : travail, prière, plaisirs, tout était en commun ; le travail de chacun profitait à tous, et tous venaient prendre, au magasin commun , les choses nécessaires à la vie de chacun : c'est tout juste l'Icarie de M. Cabet , le Communisme par excellence, moins cependant la communauté des femmes. — Yoici maintenant ce qui advint. Malgré l'incontestable habileté des jésuites, la docilité de la race indienne, les facilités d'un beau climat et la puissance de l'esprit religieux; malgré les secours que la société tirait d'Europe, le Paraguay ne vécut que d'une existence languissante, et ne tarda pas à périr. (Raynal, Hist. phil. des deux Indes.)
Voici mon second exemple ; il est plus près de nous. — En Egypte aussi, lePachaest seul propriétaire, sinon de tout, au moins de la plus grande partie du sol ; il s'est réservé le monopole de presque toutes les industries et celui du commerce extérieur • l'Egypte possède donc l'éléuient principal du Communisme; que s'y passc-t-il ? — Les voyageurs vous le diront ; il est peu de pays oii le peuple soit plus esclave et plus misérable.
Pourquoi cela? descendons au fond de notre coeur, nous en trouverons facilement l'explication.
Pourquoi travaillons-nous souvent au delà de nos forces et au détriment de notre santé? pourquoi économisons-nous, en nous sevrant des plaisirs les plus légitimes ? — Est-ce pour l'unique plaisir de travailler et d'économiser? Non bien évidemment. — Pourquoi donc? C'est que nous espérons jouir du fruit de notre travail, en faire jouir de notre vivant notre femme et nos enfants, et le leur laisser à notre mort : or cette jouissance assurée de ce que nous avons gagné en sus des besoins de chaque jour, ce droit d'en disposer selon qu'il nous plaît , de le laisser en mourant à ces enfants que nous aimons plus que nous-mêmes... c'est précisément le DROIT DE PROPRIÉTÉ.
Supprimez la propriété privée... au lieu de celte émulation du travail qui féconde, vous aurez Yémulation de laparesse qui stérilise : et, en effet, pourquoi me tuerais-je de travail, pourquoi me priverais-je d'un plaisir pour une foule de gens que je ne connais pas , qui peut-être se livrent à de doux loisirs , tandis que
je brave pour eux l'ardeur du soleil ou les neiges de l'hiver?
Supprimez la propriété, et l'habileté, la sagesse consisteront , non à faire mieux , mais a faire moins que les autres.
Plus d'émulation , plus de progrès dans les arts , dans les sciences ; l'espèce humaine se dégrade et s'abrutit.
Mais , diront les communistes , pourquoi le sentiment de la FRATERNITÉ uepourrait-il suppléer à V émulation que peuvent seuls entretenir la propriété et la famille ?. . . Pourquoi? parce que M. Proudhon peut bien promettre à ses lecteurs de faire tourner d'orient en occident le monde qui tourne d'occident en orient; mais, quoi qu'il puisse dire, il ne changera pas l'œuvre de Dieu; et Dieu qui a créé l'homme pour la vie de famille, lui a donné un cœur dont la puissance d'amour et de dévouement s'affaiblit à mesure que s'élargit le cercle dans lequel il lui faut s'exercer. — Criez tant qu'il vous plaira , criez à l'égoïsme , j'y consens ; mais tous vos cris ne changeront pas la nature humaine : il faut l'accepter telle qu'elle est ; et telle qu'elle est, elle a profondément gravés en elle l'instinct de la famille et celui de la propriété.
Voici une anecdote que racontait , l'autre jour, à la tribune , un honorable représentant , M. Taillefer. — Le maréchal Bugeaud, grand partisan des colonies militaires en Algérie, en avait établi une, composée d'un
bataillon, dans un terrain défriché. —Les 5/6^^ du sol devaient être cultivés en commun , le dernier sixième seulement avait été divisé en lots , dont chacun avait été attribué , en toute propriété , à un colon. — Au bout dun certain temps , le maréchal étant venu visiter la colonie , il se trouva que le sixième , divisé en lots particuliers, avait produit beaucoup plus que les 5,'6^^ cultivés en commun. — Le maréchal s'étonnant de ce résultat, un vieux soldat lui répondit : « Géné- « rai, nous avions parmi nous des paresseux; et « comme ils gagnaient autant que nous, nous nous a sommes tous faits paresseux, »
Mais, dira-t-on, si le sentiment de la fraternité est insuffisant , il y aura des châtiments pour stimuler la nonchalance et la paresse... Très-bien; mais alors ce peuple , que vous voulez rendre si libre , descend à l'instant au niveau de ces troupeaux de nègres qui , dans nos colonies, travaillaient sous le fouet du commandeur, au niveau des forçats qui travaillent sous le bâton de Targousin.
Et cette double analogie , que la puissance du raisonnement amène sous ma plume, est dune étonnante exactitude : car l'esclave et le forçat ne diffèrent de 1 homme libre que par la privation des droits que le Communisme veut anéantir. — Ce qui constitue l'homme libre . c'est le droit de régler, selon sa volonté, sn propre destinée , d'arriver au bonheur par la vertu , le travail et la prévoyance , ou de tomber dans le malheur par la paresse , la dissipation , le vice ; c'est le
droit de profiter de tout ce dont le produit de son travail dépasse les besoins de chaque jour, de capitaliser cet excédant , de le posséder exclusivement , d'en disposer comme il l'entend, d'en être propriétaire , en un mot; d'avoir une famille à aimer, à protéger, à gouverner. — L'esclave est celui auquel manquent les droits que je viens d'énumérer; celui qui n'a pas le droit de régler sa propre destinée ; à qui vertu , activité, prévoyance sont inutiles, car il ne peut rien posséder en propre , car tous ses efforts ne peuvent rien ajouter à la subsistance qu'il reçoit chaque jour du maître , à l'instar des animaux domestiques ; celui qui , enfin , ne peut avoir ni famille ni enfants : car est-ce avoir des enfants que de rester sans action sur leur éducation, que de ne pouvoir, en aucun cas, faire quelque chose pour leur bonheur ?
Eh bien ! c'est cet état misérable , cet esclavage que le Communisme veut nous imposer, au nom de la liberté ; car du moment où l'Etat sera seul propriétaire, nous ne pourrons plus avoir rien en propre ; nous n'aurons plus de famille ; car la famille de Ihomme ne se constitue pas seulement , comme celle de l'animal , des liens charnels , elle réside plus essentiellement encore dans le lien supérieur qui unit le père aux enfants, par les sacrifices de l'un et la reconnaissance des autres.
Étrange aberration , en vérité!... Ils veulent, disent-ils , abolir le 'prolétariat; et , pour y arriver, ils nous rendent tous prolétaires. Qu'est-ce, en effet, qu'un prolétaire dans le sens moderne? C'est celui
qui ne possède rien , rien que son travail de chaque jour. — Eh bien ! sous le régime qu'ils veulent renverser, nous sommes au moins , en France , six millions de chefs de famille , propriétaires , ce qui , à quatre personnes par famille ( le père , la mère et deux enfants ) , donne vingt-quatre millions de propriétaires sur trente-cinq millions de Français. — Avec le Communisme , nous serons tous prolétaires sans aucune exception , avec cette différence , toute en faveur du régime actuel , qu'au moins aujourd'hui le plus pauvre prolétaire a la possibilité, ou tout au moins l'espoir d'arriver à la propriété ; tandis que , sous le Communisme , nulle espérance de ce genre ne viendrait adoucir notre malheur : prolétaires nous naîtrions , prolétaires nous mourrions , sans avenir, sans espoir d'un sort meilleur ; dépourvus de cette spontanéité , de cet attrait puissant qui exalte l'homme luttant pour améliorer sa condition et celle de ses enfants ; notre vie s'écoulerait, triste et glacée, sans crainte mais sans espoir, sans douleur mais sans joie, comme la vie du chartreux qui a déjà rompu avec la terre.
Dans cet état de torpeur générale , ou plutôt dans cette émulation de paresse , suite nécessaire du Communisme , que deviendrait la production ? — Ce n'est que trop facile à prévoir ! — Elle deviendrait ce qu'elle était dans les 5/6^^ cultivés en commun par les colons du général Bugeaud ; elle décroîtrait rapidement , et bientôt serait msuffisante à nourrir la population. — Vous ne me démentirez pas , vous mes chers Compatriotes de la campagne , vous^qui savez au prix de quel
travail obstiné , incessant , la terre nous vend ses produits... Ce travail opiniâtre, que de l'aurore à la nuit vous accomplissez avec tant de fatigue , mais aussi tant de courage , en seriez- vous capables , si , au lieu de profiter à vous et à vos enfants , la moisson devait aller s'engloutir tout entière dans les magasins de l'Etat?— Non, bien évidemment; car s'il n'est, pour voir clair, rien comme l'œil du maître , il n'est , pour travailler fort , rien comme le bras du propriétaire.
On se plaint , aujourd'hui , du trop grand nombre d'employés du Gouvernement, et on a raison. — On se plaint que les impôts soient lourds , et on a bien raison encore... Mais, avec le Communisme, ce serait en vérité bien autre chose.
Le percepteur vous demande , aujourd'hui , environ un dixième de votre revenu; il prendrait tout ; ou plutôt il ne vous prendrait rien , car vous n'auriez plus rien.
Puis , qu'on se figure , si on le peut , cette armée d'administrateurs , de directeurs , de surveillants, de percepteurs , de commis de tous genres et de tous grades , qui serait nécessaire pour régler et distribuer le travail agricole et industriel dans toutes les campagnes, villes et bourgs de la France entière ; pour stimuler les travailleurs, punir les paresseux... ; pour veiller à la rentrée et à la conservation , dans les magasins de l'Etat , des innombrables produits du travail commun, récoltes, denrées do toute espèce, objets
manufacturés de toute nature... ; pour opérer ensuite entre tous , d'une manière équitable , la distribution de tout ce qui serait nécessaire à chacun, logement, nourriture , vêtement , et le reste. — En vérité , 1 imagination s'effraie devant l'immensité d'une telle tâche ; la moitié de la nation serait employée à régenter l'autre ! — Puis les distributeurs seront -ils toujours équitables? — Les rationnés seront-ils toujours dociles et raisonnables? Chacun ne se plaindra-t-il pas que sa part de travail soit lourde , sa part de bien-être trop légère!... Que de mécontentements , de jalousies, de plaintes ! Et qui sera juge de ces innombrables querelles qui s'élèveront , à chaque instant, et sur tout : sur la nature et la quantité du travail , sur la quantité et la qualité du logement , de la nourriture , du vêlement attribués à chacun?
Et les femmes , les mères , que leur sort sera doux î Point de souci du ménage , plus besoin ^économie, la ration quotidienne du Gouvernement ne sufiira-t-elle pas à tout? Et d'ailleurs , à quoi bon l'économie, quand on ne peut être propriétaire de l'épargne? — Plus de tracas des enfants... car ils seront élevés aux frais du Gouvernement. — Pour étouffer ce qu'il appelle l'égoïsme de la famille , le Communisme aura soin dorganiser l'éducation en commun des enfants, de manière à ce que les père et mère ne puissent reconnaître plus tard leurs enfants , ni être reconnus par eux : de cette manière, la famille n'existant plus, et les enfants n'ayant plus de parents connus à aimer, n'en seront
sans doute que plus disposés à chérir tous les houiiiies comme des freines.
Comme il*faut être vrai en tout , je dois reconnaître que tous les communistes ne suppriment pas aussi ouvertement la famille : M. Cabet , par exemple, le célèbre inventeur de la triste Icarie , pense qu'il convient de dissimuler à cet égard les conséquences nécessaires du Communisme : voici en cjuels termes il gourmande un de ses disciples qui n'avait pas été assez discret :
« Quoi donc ! est-ce que la communauté ne pour- « rait d'abord exister pendant un nomlire d'années « plus ou moins considérables avec le mariage et la « îamille , sauf à les abolir quand on le voudrait et « quand la nécessité s'en ferait impérieusement seu- « tir? Est-ce qu'il n'y a pas déjà assez de difficul- « tés pour faire admettre Tidée de la communauté ? « Est-ce que ce n'est pas l'idée de l'abolition de la « famille qui effraie le plus les adversaires de la corn- « munauté? Est-ce que ce n^st pas l'idée qui préce sente le plus l'apparence de la débauche et de l'im- « moralité (['apparence seulement) , et contre laquelle « s'élève le respectable et redoutable hourra des « défenseurs de la morale et de la pudeur? Est-ce « que ce n'est pas l'idée qiii a tué les saints-simo- « niens? Est-ce que ce n'est pas celle que les eu- « nemis de la communauté exploitent le plus pour « la noircir et l'entraver! » (Répoiise à VHumani- « taire, pag. G.)
Voila donc en résumé les bienfaits que nous promet le Communisme :
Anéantissement de tout ce qui constitue la noblesse et la grandeur de l'homme ici-bas, spontanéité, liberté, perfectionnement indéfini.
Anéantissement de toute émulation , partant de tout progrès.
Esclavage de tous les citoyens au profit de TEtat.
Misère nécessaire , misère toujours croissante par le ralentissement inévitable de la production.
Anéantissement de ce qui fait notre bonheur moral , la famille avec ses soucis , mais aussi avec ses joies ineffables.
Où donc avez-vous vécu, novateurs malheureux, pour ne pouvoir comprendre que le plus pauvre des prolétaires , qui rentre le soir au logis de la famille , bien fatigué du labeur du jour , trouve encore dans les caresses de ses enfants , qui rattendcnt au seuil , plus de joie et de bonheur que ne pourraient jamais en offrir Tinsouciance d'esclave et le bien-être de bète de somme , que vous osez prêcher comme le remède à tous nos maux?
Bientôt , sans doute , la raison publique aura fait justice de la pompe philosophique sous laquelle vous cachez quelques misérables haillons dérobés à d'anciens rêveurs.... Mais en attendant, que de mal vous aurez fait!
M. Proudhon juge le Communisme au moins aussi sévèrement que nous : — « Le Communisme , pour
'.< subsister, supprime tant de mots, tant d'idées, « tant de faits , que les sujets formés par ses soins « n'auront plus le besoin de parler, de penser, ni « d'agir ; ce seront des huîtres attachées côte à côte, « sans activité ni sentiment, sur le rocher. .. de la fra- « ternité. Quelle philosophie intelligente et progres- « sive que le Communisme! » [Conlradict. économiques, tome II, p. 361.)
Et , plus véhément encore quelques pages auparavant, M. Proudhon s'était écrié : — « Loin de moi , « communistes! votre 'présence m'est une puanteur et « votre vue me dégoûte ! »
Il faut être socialiste pour dire les choses si crûment : mais si la forme est trop acerbe , le fond n'est que trop juste.
Je vais parcourir maintenant très-rapidement les autres sectes socialistes, et montrer qu'elles aboutissent toutes à un Communisme plus ou moins dé-
guise.