Il arriva seulement à la fin d'octobre à Suez
dont la nature échappe peut-être aux officiers allemands qui conseillent les Turcs *. »
Le 24 octobre, sir Louis Mallet avertissait une dernière fois le Grand Vizir des conséquences inévitables qu'entraînerait une attaque contre l'Egypte, mais Enver et Talaat avaient pris leur parti; ils se décidèrent à brusquer les événements. Le 26 octobre, un parti d'Arabes, fort de 2.0Q0 hommes environ, était signalé à une vingtaine de milles au sud-est d'El Arish, en territoire égyptien. Pliant bagages devant l'invasion, de nombreuses tribus bédouines du Sinaï refluaient vers l'intérieur de l'Egypte, et se présentaient pour franchir le canal au bac de la plaine de Suez*. Sur l'ordre du War Office, les autorités égyptiennes, en vue d'éviter une conflagration immédiate, avaient retiré leurs avant-postes d'El Arish et de Nakhl. Quand sir Louis Mallet apprit la nouvelle de la violation de la frontière turco-égyp tienne, il écrivit à l'ambassadeur des États-Unis : « Je suppose que ceci signifie la guerre; vous pourriez annoncer la nouvelle à Talaat et lui faire sentir les résultats possibles d'un acte aussi insensé'. » Mais Enver réservait aux Alliés une surprise de sa façon. Ce même jour, 29 octobre, l'amiral Souchon, prétextant une attaque imaginaire de la flotte russe, ouvrait le feu en mer Noire sur des torpilleurs russes et allait bombarder Sébastopol avec le Ooeben^ tandis que le Breslau