‹ Un épisodes de la guerre mondiale;Chapitre 21 sur 46 · Mémoires de Morgenthau, chap. xi · texte numérisé non relu

Mémoires de Morgenthau, chap. xi

lançait des obus sur Novorossisk. La nouvelle, télégraphiée par Souchon, jeta les ministres de la Porte dans une grande Station. Djemal, le ministre de la Marine, ne parlait de rien de moins que de pendre Tamiral allemand. Talaat, de son côté, niait la préméditation, uais déclarait sans plus d'ambages que la Turquie avait décidé de se ranger du côté des Allemands. « La Russie, ajoutait-il, est notre plus grande ennemie, et nous la redoutons. Si maintenant, tandis que rÂiiemagoe Fattaque, nous pouvons lui donner un bon coup de pied, et la mettre hors d'état de nous nuire pendant quelque temps, il est de notre devoir de lui administrer 4^e coup de pied\ » Les ambassadeurs alliés Yeiuient tout justement de demander à la Porte mo explication au sujet du raid de Bédouins en territoire égyptien, quand ils furent saisis des graves incidents 4e la mer Noire. Les ministres turcs, qui n'avaient pu fournir de raison satisfaisante sur la violation de ia frontière, assurèrent par contre ne pouvoir douter de la parole de Tamiral allemand et ils finirent par endosser son acte. Les ambassadeurs alliés, soupçonnant un stratagème, étaient d'avis de patienter. Le 30 an soir, cependant, sir Louis Mallet reçut des instructions de son gouvernement à l'effet de présenter à la Sublime-Porte un ultimatum portant que si le gouvernement turc ne désavouait pas, dans un délai de douze heures, les actes d'hostilité commis contre les Russes, sans aucune provoca-

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lion de leur part, en exécutant sa promesse maintes fois répétée d'éloigner les équipages du Goeben et du BreslaUj l'ambassadeur britannique demanderait ses passe-ports. Sur ces entrefaites, la flotte turco-allemande rentra dans le Bosphore et la ruse de Tamiral allemand éclata à tous les yeux. Les ministres ottomans se réunirent aussitôt à la Porte. « La séance fut très agitée. Le Grand Vizir et ses amis luttèrent passionnément pour revenir sur le pas fatal. A la fin, une résolution proposant le maintien de la neutralité l'emporta, mais une autre résolution ayant pour but de licencier les officiers allemands ne réunit pas la majorité des suffrages. On pouvait encore espérer que le poids de Topinion qui appuyait le Grand Vizir et le ministre de la Marine>éussiraità sauver la situation, mais cet espoir fût bientôt anéanti par l'initiative du gouvernement impérial de Russie. Sans prévenir ses alliés, la Russie déclara la guerre à la Turquie. Les ambassadeurs alliés quittèrent aussitôt Constantinople (1" novembre)*. »

Au moment où la crise se dénouait dans la capitale de l'empire turc, le deuxième grand convoi de troupes indiennes effectuait son transit à travers le canal* Quelques jours plus tôt, la division territoriale Wessex avait franchi le canal, se rendant dans l'Inde*. Le plan conçu par Kitchener pour la formation des armées britanniques était en pleine voie de réalisa-

i. Corbett, Naval opérations^ t. I, chap. xxvi.

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