Falkenhayn, p. 38 etsuiv. ; Liman von Sanders, chap. iv
du sud de la Palestine aux rives du canal de Suez n'est point partout uniforme. Quand on quitte le rivage de la Méditerranée pour pénétrer dans le désert du Sînaï, on traverse d'abord la zone des sables ; réduite à une bande mince près de Rafa, sur la frontière turco-égyptienne, cette zone s'élargit progressivement entre El Arish et Katia, puis s'infléchit vers le sud et forme, à Test du canal de Suez, une bande d'une largeur variable, qui mesure de 20 à 35 milles entre El Kantara et Ismallia, «t iO à 12 milles seulement au voisinage de la mer Rouge (voir carte 1). L'océan des sables vient mourir au pied des contreforts avancés du Sinaï qui forment, au nord de la presqu'île montagneuse de ce nom, une vaste zone de plateaux, dont le Djebel Hellal, le Djebel Maghara, le Debel Um Muksheib et le Djebel El Raha dessinent de l'est à l'ouest le pourtour. Ces deux zones, zone des sables et zone des plateaux, offrent des conditions bien différentes au passage des armées. Dans la première, le sol est d'une contexture généralement molle, sauf en quelques points qui constituent des « tles » de terrain plus ferme; la marche y est infiniment fatigante à cause des dunes innombrables qui bossuent le terrain, surtout entre Rir el Mazar et Rir el Abd, ainsi qu'au sud et au sud-ouest de la palmeraie de Katia. Par contre l'eau s'y trouve en quantité assez abondante. Autour d'El Arish, les puits sont en nombre suffisant pour permettre une culture étendue, et l'eau y est de bonne qualité; en hiver, le lit de l'Oiiadi £1 Arish
LES PRÉPARATIFS MiUT AIRES 4»
reaffiirxKibe ôgaienàent des étangs assez vastes. Plus à l'ouest les puits nombreux creusés autour de Bir el Âbd, de Katia et de Bir el Doueidar alimentent toute une succession d'oasis où prospèrent près de 40.000 palmiers, et, d'une manière générale, il suffit de creuser le sol & deux ou trois mètres de profondeur pour trouver de l'eau d'une qualité, il est vrai» assez médiocre. La zone des plateaux oiTre avec la première un parfait contraste. C'est, pour la plus grande partie, une vaste étendue pierreuse ou couverte de gravier, tantôt plate, tantôt ondulée, stérile au delà de toute imagination, le plus souvent dépourvue d'eau, mais moins démoralisante pour les troupes fatiguées que le désert au sol mou*. Au fond des ravins qui* découpent les flancs .des montagnes, on rencontre parfois, en hiver, des étangs; la région possède aussi quelques puits : Bir Hassana, au pied du Djebel Yelleg, Bir Hamma au pied du Maghara et le puits citerne de Moia Harab sur le versant ouest dii Djebel Um Muksbeib. De cette dernière montagne coule vers l'ouest, en direction du grand lac Amer, rOuadi Um Muksbeib, torrent le plus souvent à sec, mais que les pluies d'hiver gonflent parfois et qui recouvre alors d'une vaste nappe d'eau une dépression au sol argileux qui s'étend au pied de la colline d'Er Rigm. L'altitude moyenne de la zone des plateaux s'élève graduellement jusqu'à atteindre 400 à 500 mètres autour de Nakhl, centre adminis-