‹ Un épisodes de la guerre mondiale;Chapitre 3 sur 46 · LA SITUATION DE UÉGYPTE EN · texte numérisé non relu

LA SITUATION DE UÉGYPTE EN

la sympathie de ses administrés ; seront seuls à s'en étonner ceux qui ont encore Tillusion de croire que la reconnaissance est une vertu dont se nourrissent les peuples.

Au regard des puissances européennes, TAngleterre a su poursuivre son œuvre de réforme, sans porter atteinte aux Capitulations^ . Touchant le point sensible, elle leur a donné par le traité, conclu à Constantinople le 29 octobre 1888, la garantie que ces puissances estimaient indispensable concernant le libre usage du canal de Suez. Ce traité, auquel la France, TAUemagne, T Autriche-Hongrie, TEspagne, la Grande- Bretagne, ritalie, les Pays-Bas, la Russie et la Turquie apposèrent leur signature, prescrit que « le canal maritime de Suez sera toujours libre et ouvert, en temps de guerre comme en temps de paix, à tout navire de commerce ou de guerre, sans distinction de pavillon »; il interdit tout acte de guerre dans les eaux du canal et de ses ports d'accès, il limite les droits des nations belligérantes dans la zone du canal, sans porter atteinte toutefois à ceux du Khédive et du Sultan, chargés solidairement de faire respecter l'exécution du traité *.

Après avoir vu longtemps dans le Turc le seul remède possible à l'anarchie qui s'était développée en Egypte dans les premières années du règne de

1. EUe y eut quelque mérite et Ton ne peut nier que son œuvre de réforme s'en soit trouvée quelque peu retardée..

2. Ce traité ne devint exécutoire qu'après Taccord franco-anglais de 1904, qui donna aux Anglais la main libre en Egypte.

s VATTAQUE DU CANAL DE SUEZ

T^ivfik Pacha, l'Angleterfe ne songea plus qu'A éirkic» le Sultan, du jour où elle mit pris pied ^rar les riv^ du Nil. Le concours militaire de la Turquie fut éearté après la victoire de Tell el Kebir; de même, 4eux ans «près, quand la question se posa du rétablissement 4e Tordre dans le Soudan troublé par la réxolte ^du Madhi. Ce xaste pays resta dix ans en proie à l'anarchie. Quand l'armée anglo-égyptienne l'eut reconquis, le Sultan se vit écarté de l'accord conclu en 1899 entre l'Angleterre et l'Egypte pour définir le statut politique du Soudan. Par ailleurs, le finnan concédé en 1892 au Khédive Abbas II portait une rectification de frontière dont le but était d'amener les soldats turcs jusqu'aux rives du canal de Suez. Sur la pression de l'Angleterre, la clause malencontreuse dut disparaître, et quand, en 1905, le Sultan tenta un nouvel effort pour occuper la péninsule du Sinaï, l'Angleterre le débouta une fois de plus de ses prétentions, après une négociation quelque peu orageuse.

Ainsi l'effort de l'Angleterre Tisa constamment à Soigner le suzerain du vassal, à combattre l'ingérence turque sous quelque forme qu'elle se produisit. On ne s'étonnera point que la Turquie ait conçu quelque ressentiment de ce traitement et qu'elle ait entretenu, au début de la guerre mondiale, l'espoir de reconquérir, avec l'aide de ses alliés, une province qui menaçait d'échapper entièreo&ent à json influence. Tous les liens n^élaient point encore rompus entre l'Egypte et la puissance stuer&iaeL. Il subsistait entre

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