C'est le chiffre donné par Liman von Sanders
VATTAQUE DU 3 FÉVRIER i9i6 87
alifixaaiul* le eolomel baroB de Kreas, chef d'^éiat-major dB VIfl* corps.
Von Kress dirigea les mouvemexits du corps expédilionaaire avec une habileté consommée. N'acheminant sur les routes traditionnelles du nord et du sud, par où les Britanniques l'attendaient, qu'une portion minime de ses forces, il s'enfonça dans le désert avec le gros de ses troupes. Il comprenait la XXIIP et la XXV* divisions, suivies par la X*" division, un parti 4e cavalerie, de l'artillerie de campagne, une ou deux pièces d'artillerie lourde*, deux compagnies de mitrailleuses, un équipage de pont, deux bataillons du génie et quelques centaines de « fedais » ou soldats de la guerre sainte. Parti d'El Auja, von Kress traversa le désert de Sirr, passa par Bir Hamma, Bir el Gifgaffa, puis gagna Moïa Harab et l'Ouadi Um Muksheib qui, gonflé par des pluies torrentielles, lui fournit l'eau nécessaire à la subsistance de ses troupes. La piste, tracée dans la zone des plateaux, offrait un sol ferme où roulèrent les canons ainsi que les pontons montés sur des cadres munis de roues. Les approvisionnements étaient portés par des convois de chameaux, qui couvrirent des étapes d'une longueur inconnue jusqu'alors. Les hommes souffrirent plutôt du froid que de la chaleur; la nourriture fut suffisante, la soif inconnue.
De sa position de Moïa Harab, von Kress pouvait atteindre le canal de Suez aussi bien vers Chalouf que
i. Du calibre àt ê pouoes (152 flim.)-
Ters Ismaïlia, et tenait ainsi la défense dans Tincertitude du point d'attaque. Brusquement il prit son parti, et obliquant vers le nord-ouest, ses têtes de colonne gagnèrent le 31 janvier dans la nuit les hauteurs du Djebel Habeita et de Kataïb el Kheïl, à 15 kilomètres à Test du lac Timsah.
Très habilement, par des démonstrations effectuées devant Kantara et devant Koubri, il avait détourné l'attention de son adversaire vers les extrémités du <^anal, et maintenant, après avoir franchi le désert en sept jours, par une marche effectuée uniquement de nuit, il paraissait soudain en forces dans la région t^entrale du canal et menaçait la défense en plein cœur.
Un coup d'oeil jeté sur la carte suffit pour se rendre compte de la raison qui guida son choix. S'il réussisr sait à franchir le canal soit au nord, soit au sud du lac Timsah, une marche de quelques kilomètres l'amenait à Néfiche, qui est la clé stratégique de Tisthme. Point de rencontre des voies ferrées et confluent des voies d'eau, l'enlèvement de cette position crevait en son centre le dispositif linéaire de défense imaginé par les Anglais, isolait l'une et l'autre fraction de troupes des secours qu'on chercherait à leur amener du Caire, et les réduisait rapidement à l'impuissance, ainsi qu'une immense population civile, par la privation immédiate de leur alimentation journalière en eau.
Quels atouts von Kress avait-il dans son jeu pour gagner cette formidable partie? La surprise d'abord.