‹ Un épisodes de la guerre mondiale;Chapitre 43 sur 46 · Hausse moyenne du tir : 6.400 mètres · texte numérisé non relu

Hausse moyenne du tir : 6.400 mètres

plus précis. Vers sept heures, le Hardinge commence à encaisser. Peu après, deux projectiles de gros calibre éclatent dans les parties hautes du bâtiment : la cheminée avant est abattue, celle de l'arrière est fendue de haut en bas; le navire ne répond plus aux appels de T. S. F; dix hommes à son bord sont mis hors de combat, et sur la passerelle le pilote de la Compagnie du canal, George Carew, a un bras fracassé et une jambe emportée. Le navire est en grave danger. S'il, reste à son poste, il court le risque d'être coulé sur place et d'obstruer le canal. Son commandant prend la seule mesure convenable en cette circonstance : il décide de se soustraire momentanément au feu de l'ennemi, et le navire, sous la conduite du pilote Carew qui n'a pas voulu quitter la passerelle malgré son horrible blessure, appareille et rentre dans le lac Timsah.

« A compter de ce moment, la défense de Toussoum et d'Ismaïlia incombait au Requin, qui se trouvait être le seul navire de guerre présent dans ce secteur* ». La grosse artillerie ennemie, débarrassée du Hardinge^ le prend à son tour pour objectif et commence à régler son tir, sans qu'on puisse du bord repérer sa position. La situation devenant inquiétante, les armements des pièces de 100 millimètres, qui n'ont aucune protection, sont mis à l'abri sous le pont cuirassé et les feux activement poussés en vue

1. Rapport du commandant Rémy au ministre de la Marine, 8 février 1915.

V ATTAQUE DU 3 FÉVRIER 1916 ' -'fOl-

d'un changement de mouillage. La tourelle de 274 millimètres avant reste seule en action; elle riposte tant bien que mal au tir ennemi, mais son feu est tout d'abord inefficace. Ce n'est que vers neuf heures du matin que Ton eut, à bord, la bonne fortune d'apercevoir la fumée au départ d'un coup et de constater que cette fumée correspondait avec la chute dans le voisinage du navire d'un projectile de gros calibre. Le second-mattre canonnier Philippe télémètre sur la fumée du coup de canon et fournit une distance approximative. L'enseigne de vaisseau Campion, qui dirige le tir, consulte sa carte : guidé par le relief du sol, aidé du relèvement et de la distance, il parvient à situer la batterie ennemie dans le carreau B. 22, à 9.200 mètres du bord. Il fait aussitôt pointer la tourelle avant dans cette direction, et commence un tir sur hausses échelonnées entre 9.000 et 9.500 mètres. « Au troisième coup de canon, le feu de la grosse pièce cessa subitement et définitivement*. »

Le tir extrêmement précis du Requin^ en éteignant le feu de la grosse artillerie ennemie, avait dissipé la menace la plus grave qui pesait sur le canal dans le secteur du lac Timsah. Le tir de ce navire ne fut pas moins efficace l'après-midi, quand son artillerie de

1. Rapport du commandant Rémy, 8 février 1915. Le carreau 6. 22 correspondait à un secteur de tir dont le rayon limite de gauche tangentait le versant sud du plateau des Hyènes. Il est à noter que c^est précisément la direction dans laquelle, du RequUiy on avait repéré le matin précédent des mouvements ennemis.

.loSr'. •••' V ATTAQUE DU CANAL DE SUEZ

100 millimètres ouvritde nouveau le feu sur les convois et colonnes ennemis en marche; vers trois heures iNute elle réduisait au silence une batterie plaoée en O.lft^^ à 5.000 mètres du bord, qui tirait sur les bâtiments é^ commerce mouillés en rade. « En fait le tir de rartillwie du Requin ne cessa de dominer complètement le déploiement des forces turques qui essayait de s'opérer entre Ismaïlia-bac et Toussoum. Tout groupe qui se manifestait était instantanément écharpé par les obus à la mélinite du Béguin^ qui atteignaient les Turcs à des distances où ils se croyaient évidemment en sûreté. L'ennemi subit de ce fait des pertes considérables '. »

Le Requin prenait une part tout aussi heureuse à l'action qui se déroulait dans la région de Toussoum* Serapeum* De ce côté, les Turcs, retranchés sur la rive est du canal, luttaient avec une grande énergie. Au jour, Tartillerie ennemie ouvrit le feu pour soutenir son infanterie *. Quoique bien réglé, son tir ne réussit pas à faire taire la batterie égyptienne placée entre Toussoum et Serapeum qui, après avoir tiré sur la rive Asie, put se tourner contre les réserves ennemies au fur et à mesure qu'elles se montraient dans le désert. Quatre canonniers furent blessés à la batterie.

A huit heures quarante du matin, le colonel Geo-

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