‹ Un épisodes de la guerre mondiale;Chapitre 6 sur 46 · LA SITUATION DB VÉGYPTE EN · texte numérisé non relu

LA SITUATION DB VÉGYPTE EN

législative qui donna une première satisfaction aux aspirations nationalistes du pays. Mais la prépondérance anglaise en Egypte reposait, en der*^ nière analyse, sur la force. Et c'est l'appareil de cette force, autant que son intérêt bien compris, qui conduisit le peuple égyptien à mettre une sourdine à ses sentiments, quand la guerre déchai* née entre la Turquie et l'Italie d'abord, la Turquie et les États balkaniques ensuite, vint mettre aux prises les puissances chrétiennes avec un potentat qui se trouvait être à la fois son khalife et son suzerain. Pendant ce premier bouleversement de rOrient, l'Egypte observa, en fait, la plus stricte neutralité.

Pour une nation qui, comme l'Angleterre, possède des intérêts mondiaux, la distribution adéquate de forces de terre et de mer limitées en nombre, en vue de proléger des intérêts aussi dispersés, constitue un problème de la plus haute importance. Quelle place assigner à l'Egypte dans cette distribution? quelles forces terrestres consacrer à sa défense? Il n'est pas douteux qu'avant la grande guerre, le gouvernement britannique n'avait pas examiné sérieusement l'éventualité d'une lutte sur de multiples fronts, ni envisagé la défense de l'Empire dans son ensemble, pas plus qu'il n'avait dressé de plan pour développer systématiquement les immenses ressources militaires que cet

empire lui offrait*. On savait bien que les Dominion^ viendraient au secours de la mère patrie, mais on ignorait dans quelle mesure, et nul ne se figurait que, dès le début des hostilités, convois après convois se presseraient vers l'Europe depuis les extrémités de la terre*. Il n'est point étonnant, dans ces conditions, que la protection accordée à la grande ligne des Indes ait manqué de proportion avec l'importance intrinsèque que présente cette artère pour l'Empire britannique, et l'on a pu dire, non sans quelque apparence de raison, qu'une troupe aussi peu nombreuse que celle qui constituait alors la garnison anglaise de l'Egypte pourrait bien être, en cas de guerre mondiale, une source de faiblesse plus que de force '. Divers facteurs tendaient, il est vrai, à pallier l'insuffisance numérique des effectifs. L'Egypte est située à égale distance de l'Angleterre et de l'Inde *, ce qui rend également rapide l'envoi de renforts tirés de l'un ou de l'autre pays. Bornée par la mer et le désert, elle se trouve à Tabri d'une* attaque brusquée. Du côté de la Turquie, le désert oppose un redoutable obstacle à la marche d'une troupe ennemie, et l'Angleterre avait eu soin de maintenir cet obstacle dans son intégrité, en décourageant un projet de chemin de fer destiné à relier la Syrie à Port-Saïd '. Du côté de la mer, la maîtrise des

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