‹ Un érudit [microform]Chapitre 11 sur 43 · I. Huet était à Cacn. (L. D'A · texte numérisé non relu

I. Huet était à Cacn. (L. D'A

i. J'ai jetté^ j'ai quitté le portefeuille. Celte expression, qui revient souvent sous la plume de M'"*^ de La Fayette, est toujours une manière de dire à ses amis qu'elle néglige ou qu'elle abandonne l'étude du latin. (L. d'A.)

MADAME DE LA FAYETTE

MADAME DE LA FAYETTE

personne. Mais il est vrai aussi que je me suis donné la peine de la relire plusieurs fois ; c'est un honneur que je ne fais à aucun de tous ces Messieurs de l'antiquité, car, dès que je ne les entends pas d'abord, je les jette là sans pouvoir obtenir de moi-même de me donner la peine de raisonner et de construire. J'aime mieux laisser détruire toute ma science que de construire des phrases. Jugez par là si vous ne m'êtes pas obligé d'avoir entendu l'ode que vous m'avez envoyée. Je l'ai trouvée fort galante et fort agréable; c'est, à mon gré, la plus grande Louange qu'on puisse donner à un remercîment, car il me semble qu'ils sont très difficiles à faire. M. de Segrais, qui croit que j'ai profité dans la latinité toujours à proportion des commencements et que je suis d'ailleurs un bon juge en matière de Poésie, m'envoye son Virgile pour que je lui en die mon avis, en attendant celui de M"" Ménage. Je crois que ce seroit de plaisans avis que les miens.

Sans date.

Mon laquais est un sot et vous n'êtes pas trop habile; j'ai des chevaux, et M'' Ménage ne veut pas venir aux Gobelins; vous ne deviez pas lui écrire sans attendre ma réponse. Je viens de lui mander que vous et moi croyons nous promener aujourd'hui avec lui, mais que nous allons aux Gobelins, et que Je ne le priois point d'y venir parce

que Je savois qu'il n'en vouloit pas être, et que de plus j'y menne Langlade et d'Hacqueville ^, et qu'il ne s'accommode pas de ces gens-Pa. Voilà ce que j'ai fait pour raccommoder votre sottise.

Ne manquez pas d'être ici à trois heures, et si Ménage vous écrit, mandez-lui que vous avez mal entendu, et que vous croyez qu'il devoit être de la partie des Gobelins

Ce 2 2 novembre 1664 -.

Comme vous m'avez renvoyé mes vers sur les saints ! Vous êtes un très honnête homme de l'avoir si bien oublié; mais je crois que, quand vous allez à Malnoue, vous oubliez toutes choses. Ce n'est que par cette raison que je vous pardonne de ne m'avoir pas rendu mes vers* Cela est cause que je ne les ai pas envoyés à Madame de Sévigné. S'il vous plaît de me les renvoyer au plus vite, et s'il vous plaît encore, n'oubliez pas de dire à Mad'^ de Malnoue ^ combien je suis au désespoir de n'avoir pas Thon-

1. Tous deux amîs de M""" dé Sévigné. Langlade est l'auteur des ménioires du duc de Bouillon. M"^*^ de Sévigné appelle d'Hacqueville l'Ami inépuisable ; elle le nommait les d'Hacqueville, exprimant ainsi, à sa manière ingénieuse et vive, le zèle avec lequel il se multipliait pour servir ses amis. (L. D'A.)

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