ANNE LE FÈVRE
A Paris, ce 19 may 1680.
N'ayant pu. Monsieur, avoir le bonheur de présenter mon livre ' avant votre départ, je n'ai presque pas pu entretenir M'" le duc de Montausier de ce qui regarde la rétribution que j'en dois avoir. Comme je sais que vous avez de la bonté pour moi, je prends la liberté de vous supplier très humblement de vouloir lui écrire un mot en ma faveur, et pour presser cette rétribution, et pour faire que je sois payée plus largement que je n'ai été par le passé. Vous m'avez fait la grâce de me promettre de représenter à M'" de Montausier que ce sont deux auteurs, et je
I . Un des auteurs anciens commentés par elle, pour la collection ad usum Delphini. (L. D'A.)
MADAME DACIER
suis persuadée, Monsieur, que si vous avez la bonté de le faire, je serai payée sur ce pied-là. Je vous assure que s'il en étoit autrement, je ne pourrois que faire, et que je n'aurois pas de quoi payer la moitié de la dépense qu'il m'a fallu faire en attendant l'impression de cet ouvrage. C'est ce que je vous conjure de vouloir bien représenter à M"" de Montausier comme aussi qu'il me faudra encore tenir ici sur mes coffres • pour faire imprimer
Aur. Victor -.
J'espère que vous m'accorderez cette faveur; mais, au nom de Dieu, Monsieur, accordez-la moi promptement, et me pardonnez l'embarras que je vous donne. Sur tout soyez bien persuadé que personne n'est avec plus de respect que moi, Monsieur,
Votre très humble, etc.
A Paris, le 6 juillet 1680.
Monsieur,
Il y a déjà quelque tems que j'ai touché ma rétribution et que, par conséquent, je devrois vous avoir rendu grâces de vos bons offices. Car, quoique cette récompense