Probablement quelque ouvrage de ce savant. (L. d'A
BOSSUET
A Soissons, 19 août 1687.
J'ai reçu. Monseigneur, dans votre ville, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Si vous connoissez le prêtre que vous me recommandez, il ne lui faut point d'autre approbation que la vôtre; si vous ne le connaissez pas par vous même, il faudra, si vous l'avez agréable, faire selon que j'ai accoutumé, c'est à dire se rapporter au jugement de Monseigneur de Bayeux. J'attendrai vos ordres, et cependant je vous supplie d'avertir ce Prélat de la vacance. Tout est ici en attente des nouvelles, et je souhaite. Monseigneur, de tout mon cœur, que votre diocèse et toute rÉglise profite bientôt de vos lumières et de vos exemples. Je sçais votre voyage h Bourbon, et j'ai appris avec joie que vous vous en étiez bien trouvé. Je m'en retourne demain chez moi, après avoir été trois jours ici. Je ferai un très petit voyage à la cour pour une affaire que j'y ai. A la Toussaints nous nous rejoindrons et j'aurai une joie extrême de vous embrasser. Aimez toujours. Monseigneur, celui qui est, avec un respect sincère, etc.
A Paris, i3 septembre 1687.
Je vous envoyé. Monseigneur, la présentation à la cure de Mondrainville pour le Père Labbé. La date est
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du i6, qui est environ le tems que je reçus votre lettre, et qu'en effet je donnai cette cure. Je suppose que Mgr de Bayeux expédiera promptement, et il ne faudra point perdre de tems. Je serai toujours très aise de faire paraître combien je défère à votre recommendation et à vos désirs. Je suis, avec un sincère et véritable respect, Votre, etc.
A Meaux, 7 décembre 1687 \
Trouvez bon, Monseigneur, que je vous donne la peine de consulter Messieurs de l'Académie sur une difficulté dont la résolut/on m'est absolument nécessaire, à savoir : s'il faut écrire la Vie de Henry ou la Vie d'Henry. Je sais la règle de M. Vaugelas; mais peut-être pouroit-on douter si ces mots, dont l'origine est allemande, y peuvent être compris, ou, en tout cas, si l'usage n'y a pas dérogé. Car il me semble que nous disons tous les jours, dans le discour familier, du temps d'Henri IV, et
I. Celte lettre, éditée par M. C. Trochon, mais avec la date du 16 décembre, nous révèle dans le caractère de Bossuet un grand souci des détails. Le lecteur qui désirerait étudier profondément ce point de vue peut recourir à la première rédaction du Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, que nous avons partiellement publiée dans les Archiv filr das studium der neiieren Sprachen und Litteraturen, du D"" Herrig, LX Band, 2 heft, Braunschweig, G. Westermann, p. 2o3-22i. Cette première rédaction sera prochainement imprimée in extenso.
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ainsi du reste. Il me semble que quelques auteurs approuvés, et entre autres le P. Bouhours ', si je ne me trompe, ont écrit ainsi quelquefois; d'autre côté, il est certain que la plupart des écrivains sont contraires. Mezeray écrit partout de Henry. Le traducteur de l'histoire de la réformation anglicane, de M. Burnet, en use de même ; moi-même, en d'autres rencontres, j'ai suivi cet usage, et je crois encore que c'est le meilleur, et que l'autre manière de prononcer doit passer pour une de ces négligences du langage familier qu'on ne doit pas suivre en écrivant. Je vous supplie. Monseigneur, de me donner sur cela une décision de l'Académie, fréquente senatUy et de me pardonner la peine que je vous donne sur une si petite question, vous que je consulterois toujours avec Joie sur les plus importantes.
J'achève la lecture d'un auteur anglois où il est fort parlé de vous et du P. Petau : c'est la deffense des Pères qui ont présidé - le concile de Nicée, par Bullus. Cet ouvrage est considérable et me paroît mériter que vous y fassiez quelqu'attention. Je suis. Monseigneur, comme vous savez, avec respect et cordialité, votre, etc.
1. Le P. Bouhours, jésuite instruit et fort spirituel. Voltaire, dans son Temple du Goût, le place derrière Pascal et Bourdaloue, mettant sur ses tablettes les fautes de langue qui leur échappent. (L. d'A.)
2. Le manuscrit porte précédé ; il faut évidemment lire présidé; le Bullus dont parle Bossuet est George Bull, l'auteur de l'ouvrage intitulé : Defensio fidei Nicenae. Oxford, i685-i688, in-4''.
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A Versailles, 3o août 1688.
C'est trop d'honneur, Monseigneur, à l'ouvrage des Variations ', d'avoir mérité vos louanges. Il n'y en a point qui me soient plus chères, et, quoique je croye les devoir à votre bonté, elles ne me plaisent pas moins de ce côté là que si elles pouvoient être un effet de votre justice. Mais vous, Monseigneur, que faites-vous ? Toujours, quoi que ce soit, quelque chose d'excellent. Personne n'estime plus vos grands talens, ni n'est à vous plus cordialement et avec plus de respect que moi, etc.
A Paris, 18 may 1689 '.
Je ne puis partir. Monseigneur, sans vous faire mes remercîmens sur le présent-^ que je reçus hier de votre part, ni aussi sans vous dire un mot sur la lettre dont il vous a plu de l'accompagner. Vous dites que la doctrine
1. Histoire des Variations des Fglis's protestantes, par Bos>iuct. (L. d'A.)
2. Ceitc lettre a été éditée par M. C. Trochon, mais avec la date du 18 mars 1689, aussi la réimprimons-nous ici.
3. Le livre de Huet contre la philosophie de Descartes. (L. d'A.)
que vous attaquez a eu le bonheur de me plaire ; ce sont vos termes: et vous dites aussi, dans la préface, qui est tout ce que j'ai eu le loisir de lire de votre livre, que vous ne prenez la peine de combatre cette doctrine que parce qu'elle est contraire à la religion. Je veux croire, pour masatisfaction,quevous n'avez pas songé klierceschoses ensemble; mais la foi dans un chrétien, et encore dans un évèque qui la prêche depuis tant d'années sans être repris, est un dépôt si précieux et si délicat qu'on ne doit pas aisément se laisser attaquer par cet endroit-lk en quelque manière que ce soit, surtout par un confrère qu'on aime et qu'on estime autant que vous. Je vous dirai donc franchement ce que je pense sur la doctrine de Descartes ou des cartésiens. Elle a des choses que j'improuve fort, parce qu'en effet je les crois contraires à la religion, et je souhaite que ce soient celles-lk que vous ayez combattues; vous me déchargerez de la peine de le faire comme je fais en toute occasion, et je serai ravi d'avoir un ouvrage de votre façon où je puisse renvoyer les contredisans. Descartes a dit d'autres choses que je crois utiles contre les athées et les libertins, et, pour celles-là, comme je les ai trouvées dans Platon et, ce que j'estime beaucoup plus, dans samt Augustin, dans saint Anselme, quelques-unes mêmes dans saint Thomas et dans les autres auteurs orthodoxes aussi bien ou mieux expliquées que dans Descartes. Je ne crois pas qu'elles soient devenues mauvaises depuis que ce Philosophe s'en est servi ; au contraire, je les soutiens de tout mon cœur, et je ne crois pas qu'on les puisse combattre sans quelque péril. Pour les autres opinions de cet auteur, qui sont tout à fait indifférentes, comme celles de la physique particulière et les autres de cette nature, Je
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m'en amuse, je m'en divertis dans la conversation; mais, à ne vous rien dissimuler, je croirois un peu au-dessous du caractère d'Evêque de prendre parti sérieusement sur de telles choses.
Voilà, Monseigneur, en peu de mots, ce que je crois sur Descartes. Je vous le dis sans avoir rien sur le cœur qui diminue la cordialité et le respect avec lequel je suis votre, etc.
A Germigny, 27 may 1689.
Recevez, Monseigneur, avec votre bonté ordinaire, cette Explication de l'Apocalypse. Le seul titre de cet ouvrage m'a fait trembler quand j^ai commencé à y mettre la main. Vous verrez dans la préface les raisons qui m'y ont engagé ; vous y verrez aussi une partie de celles qui ne m'ont pas permis de m'en tenir aux interprétations de Grotius V, quoiqu'on ne puisse pas estimer ce grand auteur plus que je fais. Jugez; mais que ce soit toujours en ami, à votre ordinaire, puisque je suis sans réserve avec le respect particulier que vous savez, Monseigneur, etc.