‹ Un érudit [microform]Chapitre 32 sur 43 · H Piiffcndorf. " (L. d'A · texte numérisé non relu

H Piiffcndorf. " (L. d'A

2. Basnage avait écrit contre l'Histoire des Variations. Bossuet s'occupait sans doute alors de lui répondre, puisque ce fut l'année suivante qu'il publia sa déffense de lliistoire des Variations contre la réponse de M. Basnage.

* Comme il savait que Huet était en relations avec ce savant théologien protestant, on peut penser qu'H lui avait demandé quelques renseignements sur son caractère. (L. d'A.)

A Germigny, 8 août 1691.

C'est chez vous même, Monseigneur, qu'on a laissé à Paris le sixième Avertissement. J'ai quelque impatience de le savoir auprès de vous. Pour ce qui est de l'ouvrage que vous souhaitez que j'aye l'honneur de présenter au

1 . Les six avertissements aux protestants sont compris dans VHistoire des Variations. (L. d'A.)

2. C'était l'ouvrage sur la situation du paradis Terrestre, qui venait de paraître. (L. d'A.)

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Roy et à Monseigneur de votre part, si vous ordonnez qu'on me le donne le lendemain de la Notre Dame à Paris, le lendemain sans faute, j'en ferai avec grande joie le présent à Versailles, et je l'accompagnerai de tout ce que m'inspirera l'estime que j'ai de tout ce qui vient de vous. Je finis, Monseigneur, en vous assurant de la continuation de mes très humbles respects, etc.

A Paris, 20 août 1691.

Je crois. Monseigneur, que vous aurez bien agréable que j'aye l'honneur de vous recommander M. Guischard, grand maître de Navarre, doyen de la Faculté, qui enseigne la théologie depuis cinquante ans et qui a été mon maîtredans cette science ^ ; il est, outre cela. Monseigneur, archidiacre de l'église qui aura l'honneur de vous avoir pour évêque, et je vous serai obligé d'avoir pour cet ancien professeur les égards que son mérite, son âge et ses travaux semblent exiger. C'est la grâce que vous demande celui qui est avec respect. Monseigneur, votre, etc.

I . Cet ecclésiastique fut également recommandé par l'archevêque de Paris; Voyez l'Appendice.

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A Germigny, 16 octobre 1691.

Vous me faites trop d'honneur. Monseigneur, de vouloir bien me charger de la distribution de votre traité du Paradis. Je serai, s'il plait à Dieu, à Paris, incontinent après la Toussaints : si le livre que vous me faites l'honneur de me destiner me venoit ici, je serois ravi de le lire dans le paradis terrestre de la Brie; la Marne seroit mon "ligre et mon Euphrate, et ce seroit sur ses bords que J'irois goutter les délices de vos. belles découvertes et de vos belles expressions.

Il faut. Monseigneur, être ennemi de la raison et du bon sens pour mépriser les avantages que la véritable religion tire des fables dont les anciens ont enveloppé les traditions primitives du genre humain. Il faut d'ailleurs être tout a fait ignorant dans l'histoire du paganisme pour nier que la théologie fabuleuse n'ait été la religion des gentils. Tout le prouve, et, par ce moyen, le dessein que vous avez eu de prouver la mineure de votre argument par cette théologie ancienne ne peut être improuvé des gens savans. Tout ce que je crains, cest que quelques unes de vos remarques me paroissent un peu subtiles % et qu'en général on ne réponde qu'on ne peut pas toujours tirer

I. Réponse de Huet aux objections qui lui avaient été faites par Bossuet. « Pour la première, elle peut être bien fondée; mais il faudroit seulement savoir de quelles remarques on entend parler, sans quoi on ne peut répondre."

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des preuves fort convaincantes de choses qui ont été à la fin unanimement rejettées comme manifestement • absurdes; ce qui semble devoir obliger à garder de certaines bornes dans de semblables argumens.

J'en ai vu encore qui disoient que si Ton trouve tout dans les livres des payens, on reprochera au christianisme de n'avoir rien appris ^ au genre humain. Voilà, Monseigneur, ce qu'on peut vous objecter de plus raisonnable. Je crois à peu près ce qu'on y pourroit répondre ; mais je tiendrai à honneur d'y être confirmé par vous-même à votre grand loisir. Au reste, je fais profession d'être approbateur et délTenseur de vos ouvrages, comme d'être toujours, Monseigneur, avec un respect sincère, votre...

1. « Les deux autres objections regardent les prêtres comme moi, qui se sont servis des mêmes preuves. »

« La deuxième objection ne donne point atteinte à ma mineure; car, encore que les fables ayent été rejettées comme absurdes par ceux qui ne croyoient pas à la religion qui les défendoit, il me suffit qu'elles n'ayent pas été crues absurdes par ceux qui en faisoient leur religion. Je compare donc nos docmes avec ces fables crues religieusement, et non avec ces mêmes fables rejettéel Porphyre et Celse les ont défendues contre les chrétiens, et jusqu'à leur mort. »

2. <c Sur la troisième objection, je ne prétends point qu'on trouve tout dans les livres des payens ; il me suffit qu'on y trouve des dogmes pareils, ou moins croyables. D'ailleurs quand je dirois qu'on y trouve les mêmes dogmes, les causes et les motifs qui nous les font recevoir, et les fins pour lesquelles ils nous sont proposés, sont bien différons des elïjts et de l'institution. >.

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A Versailles, 12 novembre 1691

J'arrivai ici samedi au soir. Monseigneur, et dès le lendemain j'eus l'honneur de présenter au Roy votre Paradis terrestre. Il le reçut parfaitement bien et voulut que je lui expliquasse le sujet du livre. C'étoit une chose fort peu nécessaire de l'entretenir du mérite de l'auteur et de l'ouvrage : je le fis néanmoins de tout mon cœur, et je fus bien écouté pour l'amour de vous.

Vous eûtes la même réception chez Monseigneur; et M. de Reims, qui reçut ensuite son présent, m'a chargé de remercîmens pour vous. J'ai commencé la lecture que je fais avec beaucoup de plaisir et qui sera bientôt finie puisqu'il n'est pas permis de s'arrêter dans un ouvrage dont les liaisons sont si naturelles. J'espère, Monseigneur, avoir bientôt l'honneur de vous voir, et je vous supplie, en attendant, de recevoir de M. Anisson ' le présent que je vous fais de la Conclusion de mes avertissemens. Je suis avec respect. Monseigneur, votre, etc.

I. Laurent Anisson, qui était alors imprimeur à Lyon, et qui plus tard fut chargé de la direction de l'Imprimerie royale. (L. d'A.)

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A Paris, i*''" septembre 1693.

J'avois bien sçu, Monseigneur, l'accident arrivé dans votre maison et à votre bibliothèque; mais je ne sçavois pas que vos papiers eussent été enveloppés dans cette ruine. Vous prenez cette perte chrétiennement et comme un digne éveque, et moi j'en suis véritablement affligé. Je suis au reste, Monseigneur, très édifié de vous voir si attaché aux soins de l'Épiscopat. Cette attention est suivie des bénédictions de celui qui a bien voulu attacher ses grâces au travail de ses Ministres. Le livre qu on vous a envoyé de ma part est en effet, Monseigneur, celui sur lequel ' vous m'avez vu travailler cet hiver ; et c'étoit les livres de Salomon et les autres sur la Sagesse. Je vous prie de me mander à votre loisir ce que vous pensez d'un critique qui accuse le style d'Origènes d'être obscur et embarrassé, chargé de paroles, et sans aucune précision dans ses expressions. Il me semble, pour moi, qu'on peut imputer tout autre chose à cet auteur. Je parts demain. Je suis à jamais et avec tout le respect possible , Monseigneur, votre, etc.

1 . C'est l'ouvrage qui a pour titre : Libtr Psalinorum, additis canticis cum notiSj imprimé à Lyon, 1691. (L. d'A.)

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A Germigny, i3 août 1695.

Je viens. Monseigneur, de recevoir, avec votre lettre du 12, le mémoire qui y étoit joint sur votre affaire ^ Je vous promets d'en faire aujourd'hui une lecture attentive, et de me rendre à Paris, s'il plaît à Dieu, le 1 6, ou au plus tard le 17, selon que je l'ai écrit à M'" de Reims. Je vous rends grâces de vos souhaits et suis avec le respect que vous connoissez. Monseigneur, votre, etc.

A Paris, i6 août 1695.

Me voila venu Monseigneur, à votre mandement. Il ne" tiendra pas à moi que nous ne vous envoyons promptement aux eaux, et je ne veux rien oublier pour une santé aussi précieuse que la votre. Je suis, avec un respect sincère. Monseigneur, votre, etc.

I . Ce mémoire était relatif à des difficultés survenues entre l'évêque de Soissons et l'évêque d'Avranches, par suite de la permutation de leurs sièges. L'archevêque de Reims et l'évêque de Troyes avaient été choisis pour arbitres de ce différend. (L. d'A.)

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A Paris V

Vous avez vu Monseigneur, par mon billet de ce matin, que je songe sérieusement à accomplir ce que vous souhaitez par la promtitude. J'ai lu le mémoire; il ne sera pas inutile que j'aye un moment de conférence avec vous. Je n'irai à Versailles que fort sur le tard. Je dine chez M-- de Reims, d'où je reviendrai ici incontinent après le diné. Je ferai ce que vous souhaitez auprès de lui. Vous savez combien je suis à vous.

A Germigny, 28 septembre 1695.

Il est vrai, Monseigneur, que M^ de Soissons m'a envoyé la pièce d'écriture dont vous me parlez; mais comme elle est assez longue et qu'elle me vint précisément à la veille de mon départ, j'en différai la lecture jusqu'à ce que nous fussions ensemble en état de vous sortir d'atlaires. Je l'ai même laissée à Paris, ne voyant rien de pressé. Je suis très aise pourtant, Monseigneur, de l'ins-

. . Le manuscrit porte 1 7 ; il est clair par le début que ce billet a été écrit le même jour que le précédent.

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truction que vous me donnez, et je puis vous garantir, avec la grâce de Dieu, de toute crainte de prévention. Ce me serait une grande joie si je pouvois espérer que les eaux fissent du bien à ma sœur; donnez-lui vos consolations; elle est capable d'en profiter. Vous savez avec quel respect; je suis etc. '

A Paris, 9 juillet 1696.

J'ai reçu a Germigny, Monseigneur, la lettre du 3ojuin, dont il vous a plu de m'honorer. M. Guischard, à qui j'étois bien aise d'en parler avant que de vous faire réponse, m'a dit ce matin qu'il vous avoit renvoyé le démissoire que vous souhaitiez qu'on vous rendit; ainsi. Monseigneur, vous avez la satisfaction que vous souhaitiez, et je m'en réjouis avec vous pour l'amour de la discipline. Votre lettre cependant me servira d'Instruction pour approfondir certaines chose dont j'avois déjà une connoissance imparfaite. Je n'ai ouï parler de rien du côté de

I. Cinq autres billets de Bossuet, écrits les jeudi, vendredi et samedi de la dernière semaine de décembre 1695, ont rapport à la contestation qui s'était élevée entre Huet, ancien évêque de Soissons, et le nouvel évèque Savary, ainsi qu'un jugement que devoit porter M"" de Reims et M^ de Troyes'dans cette affaire. L'intérêt que celle-ci présente était local, et d'autres lettres, parlant encore de cette contestation, nous nous dispenseron* de donner ces billets. (L. d'A.) Ces lignes sont barrées.

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M. de Soissons, depuis TafTaire jugée^ et je ne doute pas qu'il ne vous fasse Justice. Je suis, Monseigneur, avec le respect que vous savez, à jamais, etc.

A Versailles, le 3o août 1696.

Il n'est pas malaisé, Monseigneur, de vous satisfaire sur la question que vous m'avez fait l'honneur de me proposer par votre lettre du 21. Vous êtes en droit de faire pour la discipline de votre diocèse tous les statuts que vous jugerez nécessaires sans avoir besoin du consentement de votre chapitre même en ce qui le concerne, puisqu'il n'a nulle exemption. L'avis que vous avez bien voulu prendre de certaines personnes choisies, loin de vous restreindre, est une preuve de la liberté où vous étiez à l'égard du corps du chapitre. Ainsi, Monseigneur, vous avez pu changer d'avis et vous l'avez dû, dans la conjoncture où vous vous trouviez. Vous n'avez donc, ce me semble, qu'à exécuter, et je ne pense pas qu'on ose vous résister. Vous aurez seulement à considérer les dispositions du parlement de Normandie, car pour celui de Paris l'affaire ne recevroit pas de difficulté; le Conseil ne vous sera pas moins favorable, et si on ne vous fesoit pas justice à Rouen, vous trouveriez ici du secours. Vous savez mieux que moi qu'il faut, autant qu'il se peut, terminer ces contestations à l'amiable, pourvu que la disci pline n'en souffre pas trop.

Je n'ai point vu le livret dont vous me faites Thonneur de me parler. Il est digne d'animadversion dans toutes les parties que vous me marquez. M. de Séez est en droit de le censurer et d'en défendre la lecture, et il le doit, s'il fait du bruit dans le diocèse, où qu'il y excite la révolte et le scandale. Si vous voulez me faire la grâce de me l'envoyer, je vous en parlerai avec plus de certitude. Quand il vous plaira , Monseigneur, m'ordonner de parler à Monsieur en votre nom, je m'acquitterai avec joie de votre commission.

Vous serez bien aise de savoir que le roi, après avoir souffert assez longtemps par un clou au dessous de la nuque du col, est en état de guérir bientôt, et il me semble qu'il a dit ce matin qu'il iroit mardi à Marly.

J'ai reçu depuis peu une lettre de M. le Cardinal d'Aguirre ', où il me charge de complimens pour vous. J'ai promis de vous l'écrire en votre diocèse, où vous étiez, et cependant j'ai répondu ce que jedevois, sous votre bon plaisir. Je suis avec respect, Monseigneur, votre...

LU

A Meaux, 3i may 1697.

Vous savez Monseigneur, combien j'ai accoutumé d'estimer votre approbation, et celle que vous me donnez en

1. Bossuet appelait le cardinal d'Aguirre la lumière de l'Église, le modèle des 'mœurs, l'exemple de la piété. C'est lui cependant qui écrivit contre la déclaration du clergé de France de 1682. (L. d'A.)

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cette occasion m'est très honorable. II seroit bien malaisé et peu honnête de faire un acte séparément de M*" de Reims. Je serai, s'il plait à Dieu, à Paris le mardi de Pâques, et il faudra faire tout l'état possible pour engager M*" de Soissons, à vous donner toutes les assurances qu'il vous doit. J'avois été chez vous, Monseigneur, pour vous rendre compte de l'entretien que j'avois eu avec Monsieur sur votre affaire. Le résultat fut, qu'il ne trouveroit point mauvais que vous suivissiez la voye de la justice ordinaire; mais il paroit peu disposé à s'en remettre à personne. Je n'oubliai rien, et je n'obtins autre chose dans un entretien assez long et assez libre sur ce sujet.

Un des curés de ce diocèse, qui est du votre, a traité d'une prébende de votre église cathédrale; il s'est très bien acquitté de son ministère : il est instruit de la discipline et homme de bien; il s'appele M. Trollut. Il vous portera un honorable témoignage, et je vous supplie de lui marquer de la considération, car il en mérite. Je suis, comme vous savez, etc.

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