‹ Un érudit [microform]Chapitre 33 sur 43 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

A Paris, 3o juin 1697

La grâce, dont vous avez eu la bonté de vous réjouir avec moi ne me fut. Monseigneur, accordée qu'hier. Je ne vous devois pas moins de remercimens des témoigna-

ges de votre amitié dont je reçois tous les jours de nouvelles preuves. Quant au surplus de votre lettre du Si may, c'est une matière pour laquelle il faut être tous ensemble. Agréez, en attendant, les assurances de la cordialité et du très humble respect avec lequel je suis, Monseigneur, votre...

A Versailles, 19 novembre 1697.

Je m'acquite avec joie et avec respect de mon devoir en me donnant l'honneur de vous envoyer cet écrit ', et je suis, comme vous savez, Monseigneur, votre, etc.

A Meaux, 3i décembre 1701.

Je reçois toujours avec joie. Monseigneur, la continuation de l'assurance de vos bontés. Je suis bien aise aussi de vous envoyer, à l'occasion de mes ouvrages, des témoignages du respect sincère avec lequel je suis, comme j'ai été il y a longtemps, Monseigneur, votre, etc.

1. Déclaration de Bossuet, de l'archevêque de Paris et de l'évêque de Chartres contre le livre des Maximes des saints, de Fénelon. (L. d'A.)

FLECHIER

Aux Bergeries, ce 3i may....

Monsieur,

Ce n'est pas sans confusion que je vous envoie ce petit poëme, et, si je ne m'y étois engagé moi-même, je n'aurois pas commencé à vous témoigner mes respects par une si misérable confidence. Mais il est difficile de rompre une première parole, et j'ai cru qu'il valloit mieux passer pour mauvais poète que pour infidèle et peu sincère ami. Vous voyez. Monsieur, que je ne suis pas si modeste que vous eussiez pensé, et que vous avez affaire à un homme hardi et confiant, qui prend déjà des titres d'amitié, qui veut se mettre en réputation auprès de vous et qui se hasarde à se décrier, quelqu'intérêt qu'il ait à s'établir dans votre esprit.

Je ne prétends pas pourtant d'être fort criminel , et c'est à vous, Monsieur, à répondre de toutes mes hardiesses.

FLECHIER

Ce fond de bonté qu'on reconnoit en vous à la première visite donne une confiance extraordinaire, et quand M"^ Graindorge ^ ne m'auroit pas assuré que vous avez toutes les inclinations douces et obligeantes, il me suffiroit de vous avoir vu ; cela veut dire que je vous envoie mes vers presque sans rougir. Ils ne sont quasi pas sortis de mon cabinet, et je les tiens au rang de mes occupations secrètes; que, s'ils sont tombés entre les mains de deux ou trois savans , c'est avec précaution et sans faire connoitre leur auteur. Comme j'ai toujours eu assez mauvaise opinion de moi-même, j'ai toujours vécu sans ambition, et je n'ai été jusqu'ici homme de lettres que pour moi. Je suis dans le dessein de persévérer dans cette vie cachée et de ne rendre jamais mes défauts publics. Enmeréduisant à cette juste retenue , je me réserve quelques confidences particulières; et, comme mes petites études ne méritent aucune approbation, il est juste que je leur procure quelques censures et que je m'instruise sans me décrier. Vous serez toujours. Monsieur, un de ceux à qui je ferai gloire de communiquer mes foiblesses, et dont je rechercherai les avis avec plus de soin. Il n'est personne qui aime mieux d'être averti que moi. J'ai déjà reçu quelques avis sur ce poëme, et j'en ai corrigé ailleurs quelques endroits ; mais je vous en envoie une des premières copies. Je suis bien aise de vous faire la confidence entière et de vous témoigner que, quelques avis que j'aye reçu, ils me seront plus agréables quand je les tiendrai d'une personne que je considère infiniment.

I. Savant médecin, né à Caen ; il était l'ami de Huet, qui lui dédia son ouvrage De interpretatione. (L. d'A.)

Je ne puis pas m'empêcher de vous témoigner mon impatience pour l'impression de votre livre et de celui d^ Mons'' Graindorge. Les verrons-nous bientôt? Les imprimeurs ne cesseront-ils jamais d'être paresseux? Qui nous payera le tems qu'on nous fait perdre ? etc. Je me rendrois volontiers Poète sur cette matière; mais il n'est pas juste de vous accabler d'abord de méchans vers, et il me suffit de vous dire que je suis de tout mon cœur, Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

Fléchier, ecclésiastique,

P. S. — Il y a beaucoup de fautes d'écriture dans les vers. Vous verrez mes méprises en toutes manières.

A Paris, ce 18 février..,.

Monsieur,

Je vous envoyé un petit poënie de ma façon sur la naissance de Monseigneur le Dauphin ; ce n'est pas sans quelque pudeur que je vous offre de méchans vers après en avoir reçu de si beaux de vous ; et je vous assure que j'ai été sur le point de renoncer à mon Génétliaque \

I, Peut-être devrait-on écrire généthliaque, conformément à Porthofîraplie latine. [Note de Fléchier.] Il faut évidemment écrire généthliaque.

FLECHIER

après avoir lu la relation de votre voyage '. Y a-t-il rien déplus doux, de plus naïf, de plus juste et de mieux tourné que cet ouvrage? Les quatre vers à la louange de la Reine Christine ne vallent-ils pas un éloge entier? et votre voyage de Suède ne vaut-il pas celui d'Horace, de Rome à Branduze? Je vous avoue que j'ai d'abord pensé que je lisois sa cinquième satyre, et que si j'eusse lu Plotius, Varius et Virgile, au lieu de Vossius, d'Heinsius et de Bochart, j'aurois pris votre ouvrage pour un ouvrage du tems d'Auguste... Mais je n'ose pas vous en témoigner tout ce que je pense, il sembleroit que je voudrois vous prévenir en ma faveur et vous demander par bienséance les louanges que je vous donne par justice. Je n'ai donc qu'à vous offrir mes très humbles services, et à vous dire que je suis de tout mon cœur. Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur.

Ce 2 3 mars....

Monsieur Cosson, que M^ Le Duc de Montausier a toujours protégé et qui aura l'honneur de vous rendre ce billet, m'a prié de lui obtenir de vous. Monsieur, une recommandation auprès de M' Léonard. Il y a quelques

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