Huet et Segrais étaient alors tous deux à Caen. (L. d'A
MADAME DE LA FAYETTE 7
joint, et pour cela elle vous met ensemble. Elle ne fait que croître et embellir, ma paresse. Je me suis mise à ne vivre que de lait pour toute nouriture; cela me rend délicate et blanche à un tel point, que j'espère devenir bientôt dame Aténêrine, à qui une fleur de jasmin démit le pied. J'ai été trois jours sur les dents de cet honorable voyage de Versailles; et j'ai trouvé que si les honneurs changent les mœurs, du moins ils ne changent pas la santé et qu'ils n'en donnent point à qui n'en a pas.
[Si vous saviez comme mon latin va mal, vous ne seriez pas si osé que de me parler d'Hébreu. Je n'étudie point et, par conséquent, je n'apprends rien. Les trois premiers mois que j'appris me firent aussi savante que je le suis présentement. Je prends néanmoins la liberté de lire Virgile, toute indigne que j'en suis; mais si vous, Monsieur son traducteur, vous rendez Énée aussi peureux et aussi dévot qu'il est je crois qu'il faut l'envoyer cacher » plutôt que de le mener faire la guerre en Italie, et l'envoyer à vêpres au lieu de le conduire dans la grotte avec Didon] \
Je pense que votre Princesse^ aura été bien étonnée et bien fâchée de l'avantage du Portugal 4; on s'en réjouit ici comme on ferait du nôtre propre. Je vous ai oublié aujourd'hui tout net; j'étois allée chez M"^'' de Choisy pour lui parler de vous, c'est-à-dire pour savoir si elle