Roussel (Nantes
* Ne siégea pas comme représentant du commerce. Malade, ne siégea pas.
Malade, ne siégea pas.
La Chambre consulLalive d'Angers reprochait au système de 1 article 33 de faire élire les députés représenfaut l'industrie et le commerce de tout un arrondissement commercial par le collège électoral d’un des départements compris dans cet arrondissement : il était naturel do craindre que parmi soixante candidats, les électeurs de Toulouse, par exemple, choisissent ceux appartenant au département de la Haute-Garonne plutôt que les éligibles domiciliés dans les Basses-Pyrénées, qu’ils ne connaissaient pas et ne pouvaient pas apprécier. Cependant, les faits démentent un peu cette critique. Sur les 23 députés élus, on remarque que 6 étaient originaires d'un département autre que celui dont les électeurs procédaient à l’élection des représentants du commerce : Arpin, manufacturier de Saint-Quentin, élu à Lille par les électeurs du Nord; de Fonlenay, manufacturier de ■Louviors, élu par les électeurs de la Seine-Inférieure; Grand, de Montpellier, élu par les électeurs du Gard ; Roussel, manufacturier de Saint-Brie tic, élu à Nantes; Perrier, de Grenoble, élu à Lyon; et Joubert-Bonnaire’ négociant d’Angers, élu par les électeurs du Loiret. Si I on soustrait des 23 représentants de commerce, les quatre représentants de l'arrondissement de Paris, qui ne peuvent entier en ligne de compte puisque l’arrondissement de Paris se composait d'un seul déparlemcnl, on est porté à dire que sur 19 représentants, 6, soit près du tiers, n étaient pas les concitoyens de ceux qui les avaient élus d après la liste de 60 éligibles. Il semblerait donc que la critique est mal fondée, mais il faut rechercher les causes de ce résultat dans la grande réputation dont certains négociants jouissaient dans toute une région. Les électeurs hésitants préféraient donner leur voix à un homme connu et craignaient peul-èlre d’être taxés d’égoïsme et d’esprit
de parti. Il est remarquable que partout où un représentant de commerce étranger au département où l’on votait fut élu, il obtint un nombre de suffrages très rapproché de 1 unanimité, alors que ses collègues originaires du département même n’obtinrent que très peu de voix. Par exemple, Arpin, de Saint-Quentin, eut dans le Nord 49 voix sur 50 votants ; Grand, de Montpellier, réunit dans le Gard GO voix sur G8 votants, alors que son collègue Maigre, de Nîmes, en obtenait 49; et Perrier, de Grenoble, eut 52 voix sur 68 votants, tandis que Bissardon, de Lyon, ne réunit que 37 voix de ses concitoyens, les électeurs du Rhône. Mais une pression put être exercée par l’intéressé et par ses amis sur les membres du collège. On ne pourrait du reste conclure que d’après la composition de toutes les listes d’éligibles, que je n’ai pu trouver pour tous les arrondissements; en effet, si les électeurs de Nantes nommèrent un manufacturier do Saint-lirieuc, d après une liste do candidats qui comprenait beaucoup de Nantais, ils firent preuve d’un désintéressement beaucoup plus grand que s’ils nommèrent ce manufacturier briochain sur une liste no comprenant que très peu de Nantais et les sollicitant moins ainsi à élire un de leurs concitoyens comme représentant commercial de l’arrondissement.
On a vu dans le tableau précédent qu’un suppléant lut nommé à I un des représentants de l’arrondissement commercial de Nantes. C’est là le résultat d’une erreur qui montre bien le peu de différence que les électeurs faisaient entre les représentants du commerce et les représentants des départements et des arrondissements. L'instruction sur la tenue des collèges invitait les électeurs, lorsqu ils avaient élu un représentant étranger à la circonscription, à lui donner un suppléant. CeLle recommandation
n g pouvait pas s'appliquer aux représentants du cornmer ce, puisque leur circonscription était tout F arrondissement commercial* Le proces-verbal explique la décision du collège par ces mots : « Sur l'observation d’un de MM* les électeurs, il a été décidé qu'il serait nommé un suppléant pour représenter l'industrie manufacturière, au cas où M* Roussel n'accepterait pas, afin d'assurer la représentation de cette branche de l'industrie. » La mesure prise par le collège de Nantes n’en était pas moins illégale et inutile, surtout si on considère que les autres arrondissements où un cas semblable s’était présente n'avaient pas même eu l'idée d'élire un suppléant.
J'ai laissé jusquMci de côté l'arrondissement commercial de Paris, parce qu'il ne ressemble en rien aux autres et parce que les reproches qu'on peut adresser au système de représentation commerciale institué par l’Acte Additionnel ne lui sont pas applicables. Ici, en effet, un seul département forme l 1 arrondissement commercial; une seule chambre, la Chambre de commerce de Paris, est appelée à former une liste de 120 éligibles, et non pas de 60, comme dans les douze autres arrondissements. Ici tout pourra fonctionner parfaitement : tous ces éligibles seront des commerçants et des industriels connus, et appartenant à l'aristocratie financière et commerciale fie Paris* Le collège en choisira quatre, dont deux pour chaque catégorie (industrie et commerce)* On ne saurait assez souligner le privilège dont jouit F arrondissement de Paris sur les agglomérations industrielles de Lille et de Lyon, dotées de deux représentants seulement cha-
cum>. La Chambre de commerce de Paria jouit d’un grand pouvoir, et ses membres peuvent être considérés comme des électeurs primaires désignant au collège électoral de la Seine 120 candidats pour quatre sièges, 30 pour un par conséquent. Le carton F iC m, Seine, 3, ne contient aucun renseignement sur la liste des éligibles et sur sa préparation : une visite aux Archives de la Chambre de commerce de Paris éclairerait aisément ce point.
Pas plus à Paris qu’ailleurs, les représentants du commerce u onL eu le caractère de représentants d'intérêts économiques. Les quatre élus sont des personnalités très .connues de la haute société parisienne, qui auraient pu aussi bien être des représentants ordinaires. Du reste, contrairement à ce qui avait eu lieu en province, c’est au premier tour de scrutin tendant à l’élection des députés du commerce que le plus grand nombre d’électeurs vota : 110 électeurs s y présentèrent, alors qu’aux scrutins pour l’élection des représentants ordinaires leur nombre oscillait
entre 108 et 113. L’élection des députés de commerce ne se lit donc pas au milieu de l'indifférence des électeurs.
Lest le 5 mai que le collège de la Seine procéda à i élection des représentants du commerce. Les deux députéscommerçants furent Jacques Laffitte, alors gouverneur de la Banque de F rance, et Hottinguer, le riche banquier parisien. Les deux députés-manufacturiers furent Chaptal, fils du directeur du Commerce et collaborateur de son père dans ses travaux de chimie, et Benjamin D dessert, l’initiateur du sueie de betterave (1). Eu somme, ce furent deux grands
*1 ( T r ,/i eCt ^ n ftlt peuMtre ,lue à une pression officielle. On sait uo rVn îar *r lé0n prenalt aux travaux de Delessert, et quels services , , Laffitte, qui avait conservé pendant la première Restauration un
eh™Li J# S1 ?, Ura nul]ions appartenant â Napoléon. Quant à l’élection de
‘a JL .V’ c ?, , eît ^, ue à I ' n fi |leace fie son père, qui se trouvait être président du college électoral de la Seine.