LETTRE VINGT-NEUVIEME
Albert ine à Adèle.
Paris, 7 août 18..
Ah ! la vilaine lettre qui plisse le front si pur de mon Adèle et qui me prive, moi, par contrecoup, des détails intimes sur lesquels je comptais; j'aurais tant voulu suivre, de seconde main, le cours de ton très savant maître!
N'y pensons plus, au moins quant à présent, car, je l'espère, ceci n'est qu'une fausse alerte.
D'ailleurs, ton oncle n'est pas encore de retour; d'ici là, Lucien n'a qu'à se déclarer, à te demander à ta tante; il est le premier en date, après tout; il a des droits incontestables. Ton oncle entendra raison ; il ne peut vouloir, en tout cas, te forcer d'épouser son capitaine, s'il ne te convient pas.
Reprends courage, ma chère petite Adèle, cela finira mieux que tu ne le penses. Et moi qui
avais tant de choses à te conter sur ma nouvelle convertie! Cela sera pour une autre fois, quand tout sujet d'inquiétude aura disparu.
Adieu, chère petite, espère. Je t'embrasse.
Albertine.
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