CRÉATEUR DE SENTIMENT NATIONAL
A un point de vue général, les expositions ont incontestablement leur raison d’être. Elles sont désirables, en autant qu’elles sont organisées sur de véritables bases d’affaires et qu’elles s'efforcent efficacement à intéresser le plus grand nombre de classes ou, tout au moins, les classes les plus nombreuses. Abstraction faite des résultats immédiats qu’elles peuvent et doivent avoir au point de vue finance, et des svartages frappants qu’elles provoquent dans l’activité commerciale, les cercles industriels des localités où elles se tiennent, ces expositions sont le rencez-vous naturel ou occasionnel non seulement des cultivateurs, mais d’une foule d’hommes d’affaires ou de gens entreprenants ; elles donnent lieu à de nombreuses relations sociales qui deviennent presqu’invariablement d'importantes relations d’affaires. D’un incomparable concours pour stimuler un commerce ou une industrie, ce sont surtout les industries nouvelles, le développement des moins nouvelles ou les commerces nouveaux qui en bénéficient dans la plus grande mesure. C’est tout un véhicule avantageux pour faire connaître, faire apprécier et vulgariser les applications pratiques de la science. Les expositions constituent en plus de puissants agents de publicité, à condition qu’elles soient elles-mêmes l’objet d’une publicité abondante et multiforme.
Telles quelles, et si l’on tient lieu du fait que le Canada est un pays jeune, d’une immense étendue, il faut reconnaître que nos expositions ont joué et doivent jouer de plus er plus un rôle utile, très utile, même nécessaire afin d’accélérer et d’accentuer plus fermement l'effort qu’elles inspirent. Il est peut-être juste de noter ici que le grand public a été plus ou moins intéressé jusqu’ici aux entreprises commerciales et industrielles, son attention ayant plutôt été attirée vers l’agriculture. Notre pays étant avant tout et devant être pendant longtemps encore un pays agricole avant d’être organisé industriellement comme les états ou la population est dense, il s’en suit que nos expositions seront encore longtemps des expositions agricoles d’abord contribuant à vulgariser la science agricole, à faire connaître les méthodes nouvelles de culture et les instruments de plus en plus nécessaires à la bonne vtilisation du sol, par suite de la plus faible disponibilité de Ia main-d'œuvre dans les campagnes et de la demande plus forte pour les produits alimentaires.
On comprend aussi qu’il est nécessaire, au point de vue de l’industrie manufacturière, d'offrir certains avantages élémentaires comme l’accommodement dans des édifices convenables. De Ià la nécessité, pour
‘es forces réellement vives et produétives de la
l’industrie agricole également, de pavillons d'exposition d’un certain caractère de permanence, et alors d’un coût assez élevé et que risqueront difficilement ou bien lentement des particuliers et des compagnies commerciales. Voilà pourquoi, c’est ie crédit public qui doit servir à l’organisation des expositions.
Grâce à ces édifices permanents qui assurent un caractère de continuité et de solidité aux expositions, celles-ci par l’utilisation fréquente qu'elles peuvent faire, peuvent exercer égalerient une influence beaucoup plus grande dans leur rôle éducatif. Ainsi, avec cet avantage, on pet avoir à différentes époques des expositions spécialisées. De plus, on peut installer dans un ou plusieurs de ces édifices d’un parc d'exposition,
où il y a et où il doit y avoir des scènes d’amusements au grand air,— des expositions particulières, des musées de ressources naturelles d’un pays ou des musées d'histoire naturelle. Voilà pourquoi ces organisations doivent avoir ur caractère de permanence. En d’autres termes, les expositions doivent être des musées de l’actualité, des musées de l’avenir, à côté des mus’ 3 du présent qui s'échappe et du passé qui fuit. Et par ce moyen se crée dans chaque individu, et s’éveille et se répand dans un pays un véritable sentiment national, —un sentiment d'orgueil pour le sol qui récèle tant de richesses, richesses que les efforts collectifs
doivent réussir à extraire ou à transformer. Et par tous ces moyens
également les succès financiers des expositions deviennent ou peuvent devenir de moins en moins problématiques.
ROLE EDUCATIF RE EURE ER PSE MS DCR Re,
Et permettez-vous, M. le président, de souligner ici et rapidement ie rôle naturellement éducatif d’une exposition et sa raison d'être dans ce rôle ? Ne convient-il pas et Je lai déjà signalé, de considérer l'exposition comme un établissement d'éducation pour la masse.—Que de sacrifice. ne fait-on dans tous les pays, et en notre pays même pour l'éducation où Finstruction des enfants 2? Dans la seule ville de Québec il y a, lit-on, une propriété scolaire sous le contrôle d’une commission d’au moins ieux millions ; dans la province nous avons une population scolaire d’un demi-million. Les montants payés par les contribuables pour fins d'éducation sont considérables. Ne convieut-il pas qu'il en soit payé un peu plus pour l’éducation de la masse, cette masse perpétuelle qui constitue nation, et qui signifie une
foule d’un million et demi :lans cette province ? N'e que la véritable mission d’une exposition doit en & cative et inspiratiice de nobles sentiments.
Les expositions américaines (state fairs pante d’une des causes déterminantes du r:
et du rôle considérable que de semblables peuvent jouer dans le développement chez la masse d’un sens patriotique et pratique. L'existence et la périodicité de ces e sins remontent en moyenne à un demi siècle, c’est sont ni plus ni moins que la raison historique du ment de cette contrée. C’est l’histoire des prodigieux de l’Allemagne au cours du derr toire même de l'actualité dans les efforts des
l'avantage sur l'Allemagne au point de vue
st-il pas tout naturel tre une vraiment édu-
) sont une illustration frap 1pide progrès des Etats-Unis institutions bien organisées
xpositions chez nos voidire que ces expositions merveilleux développe-
progrès incontestablement
1er demi siècle, et c’est l’hisnations alliées pour conquérir économique.