SCÈNE IV
GANACHARD, JOSEPH, NOURRISSON. >
GANACRARD, & Joseph qui résisté.
Je vous répète, Monsieur, que vous entrerez.
UN FAIT-PARIS
JOSEPH
Mais, en vérité... Monsieur...
GANACHARD le tirant à lui.
Vous ne voudriez pas me désobliger!... Vous ne sortirez pas d’ici! vous déjeunez avec moi, vous passez la journée avec moi, vous dînez avec moi, je vous mène au Cirque, voir les Frères de la côte.
JOSEPH, l’interrompant.
VOUS voulez donc ma mort? {Nourrisson se retourne à la voix de Joseph et le regarde avec stupeur.)
GANACHARD, continuant.
Vous ne me quittez qu’à minuit et encore en me promettant de vous trouver ici demain à huit heures pour prendre une tasse de chocolat! (a Nourrisson.) Veux-tu t’occuper de tes carreaux, toi? (Nourrisson se remet à l'ouvrage.)
JOSEPH, à part.
C’est un fou!... (Haut.) Vous êtes bien bon! vous êtes trop bon ! (S’échappant.) Au revoir, Monsieur, je repasserai l’année prochaine! (Il sort par le fond.)
GANACHARD, courant après lui et le ramenant sur le devant de la scène, en le tenant à bras le corps.
Monsieur, vous ne me contraindrez pas à avoir recours à la violence.
JOSEPH, se dégageant avec peine.
Mais, Monsieur, que vous ai-je fait?
GANACHARD.
Ce que vous m’avez fait? mais vous m’avez sauvé la vie ! Cela me suffit, à moi ! Vous êtes un héros ! Je vous ferai élever une statue équestre surla grande placede Château-Thierry, ma patrie !
JOSEPH
Mais il y a erreur! Je proteste! je ne veux pas vous avoir sauvé la vie.
GANACHARD.
Pas de fausse modestie. Je vais appeler ma fille ! Elle aussi vous remerciera de lui avoir conservé les jours d’un père adoré!... (Allant à la porte vitrée.) Angélique!... Viens, ma fille, que je. te présente mon sauveur!... Angélique!... (il entre à
gauche.)