‹ Un faux classique, Nicolas BoileauChapitre 12 sur 66 · IMITÉS PAR BOILEAU · texte numérisé non relu

IMITÉS PAR BOILEAU

RO. Cest trop longtemps, Mellin, demeurer sur la terre Dans Vhumaine prison qui l'esprit nous enserre.

BO. C'est trop languir chez moi dans un ohscur séjour^ La prison vous ch'plaît^ vous cherchez le grand jour.

RO. Bompant l'obscur d'un paresseux séjour

Pour le montrer aux rayons du beau jour.

RO. Celui-là dès naissance est fait sacré poète. BO. Si son astre en naissant ne l'a formé poète.

RO. Que la hauteur du ciel il heurte de sa gloire. BO. Pense de lart des vers atteindre la hauteur.

RO. D'huis en huis mendiant le misérable pain.

BO. S'en va chercher son p)a'm de cuisine en cuisine.

RO. Jamais Vœil du soleil

[Te dira le flatteur)^ ne verra son pareil.

i. Ces vers ne sont pas empruntés à la Franciade, mais pris un peu partout dans l'œuvre de Ronsard.

Grand et nouvel effort (liin esprit sans pareil, Dans la fin cVun sonnet le compare au soleil.

— Où toujours le héros passe pour sans pareil, Et fût-il louche ou borgne, est réputé soleil.

Ou composer des vers près d'une eau qui murmure. Je trouve au coin d'un bois le mot qui m'avait fui.

Afin quen vieillissant le monde rajeunisse. Il veut en vieillissant que nous rajeunissions.

— Point de procès si vieux qui ne se rajeunisse.

Nuit, fille de la terre et mère du repos...

Il faut qu'en ma faveur tu sois noire et brouillée.

(La lune) Retire en leur faveur sa paisible lumière.

Enveloppé dans t obscur d'une nue.

En ce moment il part, et couvert d'une nue. *

Pour le mener languir au lit d'un hôpital. Va tirer désormais Phœbus de V hôpital.

Cette vertu sauvage Qui court à Thùpilal et n'est plus en usage.

J'entends dedans son cœur des vices invaincu. Mais qui peut tassurer qu'invincible aux plaisirs?

De cent langues semer des bruits et vrais et faux. Dit partout ce qu'il sait et ce qu'il ne sait pas.

RO. Fait un jour incertain du milieu de la nuit. BO. Est pour eux un soleil au milieu de la nuit.

RO. Les lambeaux d'un haillon tout recousu d'épines. BO. De pièces, de lambeaux, de sales guenillons.

RO. Une raison qui n"a rien que le nom.

BO. Chacun pour ses vertus n'offrit plus que des noms.

RO. Le chaud avait débat avecque la froideur. Bo. Et faire quereller le sens et la raison.

Ro. Le ciel nous fit certain de vos futurs dommages. Bo. Et trop sûre d'un mal qu'on pense lui celer.

RO. Toutes méchancetés aux soldats sont permises. BO. Tout ce que Dieu défend légitime et permis.

RO. Un carrefour douteux en cent chemins croisé.

BO. Comme on voit qu'en un bois que cent routes séparent.,

— Chacun suit dans le monde une route incertaine.

RO. Une ode, une chanson se peut faire sans peine. BO. Il faut même en chansons du bon sens et de l'art.

— Souvent l'auteur altier de quelque chansonnette.

RO. Et je ne sais quoi bruit ^ entourné d'un éclair. BO. Et le plomb qui suit l'œil et part avec V éclair.

RO. Et lui fit part de son lit amoureux.

BO. .Si toi seul à mon lit enfin eus toujours part.

Oui oserait sonr/rr (/uApollon fut avare? Apollon de son feu Ir'ur fut toujours avare.

Et la o^uerrière en pompe me conduit.

On le verra bientôt, [lompeux, en cette ville.

Oui depuis huit ans passés,

Oppressés Nous tenez les cœurs en serre.

La Mollesse oppressée Dans sa bouche à ce mot sent sa langue glacée.

Et par beaux vers faussement diffamée.

Et la diffama de coups.

Que d'un coup de son art Molière a diffamés. — Venaient pour diffamer son chef-d'œuvre nouveau.

/:t au printemps qui de sa douce haleine Embaumait l'air, les forêts et la plaine. Seulement au printemps, quand Flore, dans les plaines, Faisait taire des vents les bruyantes haleines.

Tant la Grèce était studieuse

De sa Muse laborieuse,

Et tant so)i art eut de bonheur

Que ses jmroles honorées,

Écrites à lettres dorées,

Aux temples pendaient en honneur.

BO. Pour tant d'heureux bienfaits les muses révérées Furent d'un juste enrens dans la Grèce honorées^ Et leur art, attirant le culte des mortels, A sa gloire, en cent lieux, vit dresser des autels.

RO. Comme un qui prend une coupe,

Seul honneur de son trésor,

Et de rang verse à la troupe

Bu vin qui rit dedans Vor.

BO. Lui-même, le premier, pour honorer la troupe, D'un vin pur et vermeil il fait remplir la coupe.

— Tient un verre de vin qui rit dans la fougère.

RO. Tant l'odeur d'une bouteille,

(Grande merveille), Lui enchante le cerveau.

BO. L'odeur d'un jus si doux lui rend le faix moins rude. RO. Et du gentil BaccJius la liqueur secourable.

RO. Mieux vaudrait leur apprendre un publique métier, Vigneron, laboureur, maçon ou charpentier. Que celui d'Apollon

BO. Sogez j)lutôt maçon, si c'est votre talent.

— Et Phœbus en personne y faisant sa leçon Gagnerait moins ici qu'au métier de maçon.

RO. Ne lui permet rien de dire

Sur sa lyre Oui ne soit divin.

AUTRES VERS DE ROiNSARD IMITÉS PAR BOILEAU. 103

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