‹ Un faux classique, Nicolas BoileauChapitre 17 sur 66 · Corneille · texte numérisé non relu

Corneille

Mais un objet plus beau la chasse de mon lit.

{La bataille chez Barbin et Le voyage au Parnasse ^)

LE VO VA G F A U PA RXA SSE DE Cervantes-

...Le tumulte des voix confuses retentissait dans les airs et formait une image opaque. Ainsi que des chats une bande poétique grimpait le long de la montagne faisant effort pour atteindre la cime bien gardée. De

1. Il nous a paru inutile de reproduire, en regard du texte de Cervantes, la deuxième partie du chant V du Lutrin qui est entre les mains de tout le monde. La bataille de livres chez Barbin commence au vers 109. On pourra comparer le versificateur au poète. M. Lanson * dit à ce sujet : « Boileau ne dut-il pas être à l'Académie le jour où Tallemant et Charpentier se jetèrent les dictionnaires à la tête? » et il croit que cet épisode est une chose vue. M. Brunetière, de son côté, remarque dans ses commentaires sur Boileau (1896) : « L'invention était heureuse, et dans un opuscule célèbre, quelques années plus tard, un autre satirique bien plus âpre que Boileau devait largement s'en inspirer. C'est Jonathan Swift, l'auteur de Gulliver et du Conte du tonneau ».

2. Traduit par J. M. Guardia. bibliothécaire adjoint à l'Académie de médecine. Paris, Jules Gay, édit., 186i.

' Boileau, colloclion des Gi-amh L'crivains frajiçais, chez Hachette.

temps à autre ils redoublaient de zèle et au moyen de frondes et d'arbalètes, ils lançaient des livres entiers qui partaient en sifflant. Les balles de plomb qui partent comme la foudre n'auraient pas égalé en vitesse ces terribles projectiles.

Un livre plus dur qu'une pierre de taille frappa aux tempes lusepe de Vargas, le frappant en même temps de terreur et d'effroi. Il poussa un cri et s'adressant à un sonnet : « 0 toi qui sors à toute vitesse d'une plume satirique, pourquoi n'arrétes-tu pas ta course coupable? »

Et tel qu'un chien, mis en fureur par les pierres qu'on lui lance, quitte celui qui les jette pour courir après elles, comme si les pierres étaient la cause de son tourment, avec les doigts de ses belles mains, il met en pièces l'insolent sonnet, qui menaçait le ciel et les étoiles '. Et le Dieu de Cyllène : « Foudre vivant, lui dit-il, qui fais paraître une juste indignation, égale à ton courage extrême, saisis dans ta droite Tépée meurtrière et t'élance vaillant et hardi de ce côté où presse le péril. »

En ce moment, fendant l'air, comme un oiseau, arriva un livre, de la grosseur d'un bréviaire, lancé par Tennemi; c'était un mélange de prose et de vers. L'extravagance des vers et de la prose nous avertit

Page 1