‹ Un faux classique, Nicolas BoileauChapitre 18 sur 66 · Boileau · texte numérisé non relu

Boileau

Mais tout fat me déplaît et me blesse les yeux,

Je le poursuis partout comme un chien lait sa proie.

{Satire VII.)

que c'était le lourd et fastidieux poème d'Arbolanches. Puis vinrent des pièces de vers qui auraient pu mettre en déroute le camp chrétien si elles eussent été imprimées une seconde fois.

Mercure fut atteint à la main droite par une vieille satire graveleuse d\m style fort vif mais assez malsain. Pedrosa lança quatre nouvelles d'une prose embrouillée et indigeste sur un sujet dépourvu de substance et de grâce. Fendant Tair avec un sifflement aigu, arriva un autre livre qui ne renfermait que des rimes, mais des rimes faites à la diable. Apollon les ayant aperçues : « Que Dieu fasse miséricorde à fauteur et me préserve de certaines rimes espagnoles. » Puis vint le Pasteur d'Ibérie, un peu en retard, et du coup il renversa quatorze des nôtres, preuve éclatante de sa force et de son génie.

Mais voilà que deux hommes de cœur, deux maîtres, deux luminaires d'Apollon, deux soldats, habiles à bien dire et prompts à bien faire', placés aux deux extrémités de la montagne, serrèrent de si près la cohue ennemie qu'ils firent reculer ceux qui s'étaient avancés le plus. Celui qui culbute ainsi la canaille, c'est Gregorio de Angulo et avec lui Pedro de Soto, génie prodigieux, aussi cultivé que fécond, l'un docteur, l'autre licencié docte entre tous, tous deux atta-

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