‹ Un faux classique, Nicolas BoileauChapitre 40 sur 66 · BOILEAU ET VAUQLELIX DE LA FRESNAYE · texte numérisé non relu

BOILEAU ET VAUQLELIX DE LA FRESNAYE

VA. Nature est le patron sur qui doit se former

Ce qu'on veut pour longtemps en ce monde animer.

BO. Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages Où tout Paris en l'ouïe apporte ses suffrages, Et qui toujours plus beaux, plus ils sont regardés, Soient au bout de vingt ans encor redemandés?

— Souvent sans y penser un écrivain qui s'aime, Forme tous ses héros semblables à soi-même...

— Que la nature donc soit votre étude unique.

— Voulez-vous longtemps plaire et jamais ne lasser?

VA. Il retranche des vers comme chose ocieuse, L'ornement superflu, la pompe ambitieuse, Il donne une lumière au passage obscurci.

BO. Il réprime des mots l'ambitieuse emphase,

Ici le sens le choque et plus loin c'est la phrase. Votre construction semble un peu s'obscurcir, Ce terme est équivoque, il le faut éclaircir.

VA. Où la française Seine

Oui partant de beaux champs en serpent se promène.

BO. J'aime mieux un ruisseau qui sur la molle arène Dans un pré plein de fleurs lentement se promène.

VA. Et ne fais pas ainsi que le peintre ignorant. BO. Oh! le plaisant projet d'un poète ignorant I

VA. Pensez longtemps au faix que vous pourrez porter. BO. Et consultez longtemps votre esprit et vos forces.

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