Chacun cherche pour plaire un visage emprunté
BR. Tous les climats sur elle étalaient leur largesse. Bo. En poètes fameux rends nos climats fertiles. — Chaque climat produit des favoris de jMars.
BK. Quelle aveugle fureur arme tes légions? BO. En vain j'arme contre elle une faible vertu.
BR. C'est alors que la Paix, cette illustre bannie. BO. L'innocente Équité, honteusement bannie.
BR. Fait pâlir la Nature et fait trembler les cieux. BO. Et jusque sous le dais faire pâlir le vice.
BR. Si féconde en héros, est un monstre à ses yeux. BO. Pour eux un tel ouvrage est un monstre odieux.
BR. Semble être leur opprobre et ternir leurs lauriers. BO. Touchant à vos lauriers, craindrait de les flétrir. BR. Et ne met point encor les ongles en usage. Peut-être pour la gloire aura-t-il son usage.
BR. Et je veux étaler aux yeux de l'Univers. BO. On a beau se farder aux yeux de l'Univers. — 11 ne peut rien offrir aux yeux de T Univers.
BR. La terre dans son cœur a des bornes étroites.
BO. Maître du monde entier s'y trouvait trop serré.
BR. Victorieux du monde, il en demande un autre, Et n'ayant plus à vaincre en ce vaste horizon, Il sent que TUnivers n'est plus que sa prison.
t. Où l'heureux téméraire, où le fier Alexandre [cendre.
De vainqueur des humains n'est plus qu'un peu de . Quoi donc: à votre avis fut-ce un fou qu'Alexandre?
Quil cet écervelé qui mit l'Asie en cendre!
. L'effroi de la nature et le malheur du monde. >. De sa vaste folie emplir toute la terre.
— Un injuste guerrier, terreur de l'Univers.
i. Et ce Dieu, dont les soins veillent sur toutes choses. Étale des effets dont il couvre les causes ! Dont la vaste science, embrassant toutes choses, A fouillé la nature, en a percé les causes.
Le crime le plus grand n'est qu'un crime en idée. ►. Le crime heureux fut juste et cessa d'être crime.
Formé depuis longtemps sur ce parfait modèle. De ses héros sur lui forme tous les modèles.
Ces courages flottants, ces âmes incertaines. Et balançant Dieu même en son âme flottante.
Qui vois de l'Univers le timon en tes mains. Et qui jamais en vain ne prennent le timon.
AUez, allez croupir dans un calme odieux. Dans le calme odieux de sa sombre paresse. — A l'aspect odieux des mœurs de cette vifle.
BR. Punir tous les sujets des cruautés du prince. BO. Va par tes cruautés mériter la fortune.
BR. De pouvoir aux vaincus pardonner ma victoire. BO. Il ne pardonne pas aux vers de la Pucelle. BR. Veut que le fer lassé pardonne aux ennemis.
BR. A ces mots un beau feu brille sur son visage.
BO. Déjà plein du beau feu qui pour vous le transporte.
BR. Son nom fait en tous lieux Toffice de ses mains. BO. Condél dont le nom seul fait tomber les murailles.
BR. Tant de murs démolis, tant de villes réduites! BO. Que de remparts détruits, que de villes forcées!
BR. Sa valeur n'a rien fait au gré de sa colère
Tant qu'il lui reste encor quelque progrès à faire. BO. Encor si ta valeur, à tout vaincre obstinée.
BR. Trouve dans le désordre une ressource aisée.
— Le soldat suit après la route plus aisée. BO. iSoseriez-vous saisir une victoire aisée? BR. Semble te reprocher cette conquête aisée. *
BR. Fait au travers des flots marcher ses escadrons. BO. Par son ordre Grammont, le premier dans les flots S'avance, soutenu des regards du héros. *
■{. Je revois Tapparcil de ces noires tempêtes Oue le ciel autrefois enfantait sur nos têtes.
0. Nous l'avons vu, dit Tune, affronter la tempête - De cent foudres d'airain tournés contre sa tête. *
R. Une impure étrangère a presque sous ses lois
Rangé pompeusement les arbitres des rois. 0. Grands arbitres, dit-il, des querelles des rois. *
Le ciel qui s'intéresse à mon juste courroux. 0. Quand mon esprit poussé d'un courroux légitime.
R. Et ses affreux regards qui répandent la crainte. 0. Mais Louis d'un regard sait bientôt la fixer.
R. Nous voyons en ce jour la Discorde étouffée. 0. Entonner en grands vers la Discorde étouffée.
R. Le ciel d'intelligence avecque nos souhaits. 0. De ces hommes sacrés rompit Tintelligence.
R. Qui se défit soi-même et mourut en naissant, 0. Et s'attaqua soi-même avec tant de succès.
G. Si le ciel t'est ouvert, si ton œil clairvoyant Peut voir ce qui n'est pas et lit dans le néant.
0. Et par tes yeux trompeurs se figurant tout voir. Ne vit, ne sut plus rien, ne put plus rien savoir.
BR. Et d'un si noble orgueil ton cœur est revêtu. BO. De si riches couleurs habillent ses leçons.
— En vain d'un lâche orgueil leur esprit revêtu...
BR. Tu soutiens qu'en tous lieux leurs faveurs empressées. BO. Tu le sais bien pourtant, cette ardeur empressée.
BR. Où qu'il porte les yeux, il y porte la mort.
BO. Le Rhin les voit d'un œil qui porte la menace. *
BR. Dont le mobile poids fait gémir la campagne.
BO. Fendent les flots tremblants sous un si noble poids. *
BR. Le sang patricien et celui du vulgaire.
BO. Trouve-t-on du vulgaire un chemin ignoré.
— Ah! dormez et laissez à des chantres vulgaires.
BR. Antoine fortuné dont la tête chenue.
BO, Mais aujourd'hui qu'enfin la vieillesse venue,
Sous mes faux cheveux blonds déjà toute chenue,
A jeté sur ma tête...
BR. Je rendis la mer Hbre et tous ses Dieux vengés. BO. Xous faire de la mer une campagne libre. BR. Et la campagne libre ou les châteaux ouverts.
BR. Avec moi la victoire a parcouru la terre.
BO. Ne se plaît qu'à courir de victoire en victoire.
— Il faut, pour le trouver, courir toute l'histoire.
. Va, dit-il, va partout où ma vaillance éclate.
. Non, non, il faut enfin que ma vengeance éclate.
. La renommée enfin cette prompte courrière. . A peine de la nuit Tinégale courrière.
.. S'exagère sa peine et grossit son malheur. Cherches-tu sans raison à grossir tes malheurs?
Arme le roi d'Egypte, échauffe son audace. L'espoir d"un doux tumulte échauffant son courage. Lorsque d'un beau courroux tes troupes échauffées. ). Et je sens que ta vue échauffe mon audace.
Marchent à la faveur du silence et des ombres. ). Il faut que trois de nous, sans tumulte et sans bruit. Partent à la faveur de la naissante nuit.
{. Rallume dans leur âme une noble chaleur Et tâche à faire en eux ce que fait la valeur.
). Et leurs cœurs s'allumant d'un reste de chaleur, La honte fait en eux l'effet de la valeur. *
^. Conservent le printemps au milieu des hivers. Où jamais au printemps les hivers n'ont fait place.
î. Que servit à son nom cette ardeur de combattre? D. Ne saurait donc t'ôter cette ardeur de courir.
— N'éteigne dans ton sang cette ardeur de rimer.
— C'est l'ardeur de louer un si fameux héros.
BR. Et la foi parmi nous a produit des horreurs Qu'à peine auraient osé les plus noires fureurs.
BO. L'Europe fut un champ de massacre et d'horreur, Et l'orthodoxe même aveugle en sa fureur...
BR. Moissonnent les lauriers que vous avez semés. BO. Méritez les lauriers qui vous sont réservés.
BR. Ces deux fiers assaillants se voyant en présence Se menacent des yeux et de la contenance, Et se lancent tous deux des regards violents. Ils fondent l'un sur l'autre en taureaux furieux.
BO. L'un et l'autre rival s'arrêtant au passage, Se mesure des yeux, s'observe, s'envisage, Tels deux fougueux taureaux de jalousie épris... Déjà le front baissé, se menacent des yeux.
BR. Ah 1 que contre l'orgueil l'instinct a peu de force. Que pour l'àme des grands c'est une faible amorce!
BO. Fuyant des vanités la dangereuse amorce.
Aux honneurs appelés ne montent que par force.
BR. Et de là l'indigence au milieu des richesses. BO. Au fort de la famine entretient l'indigence.
— Rencontrent la disette au sein de l'abondance.
BR. Où le Xard, serpentant au milieu des roseaux, Va perdre dans le Tibre et son nom et ses eaux.
BO. Au pied du mont Adule, entre mille roseaux.
Le Rhin, tranquille et fier du progrès de ses eaux. *
. Et laissez-nous sentir sans hâter nos disgrûces. . La discorde qui voit leur honteuse disgrâce. . Et dans nos maux passés nos disgrâces futures.
. Théâtre de sa gloire et de son infamie.
. Sera de leurs complots le théâtre honteux.
. Tes mains fument encor du sang de son rival.
. Et des coups redoublés tout le rivage fume. *
. Pour la dernière fois cette troupe insensée.
. Et par qui maître enfin d'un chapitre insensé.
. Les cheveux en désordre et la vue égarée.
. Demeure le teint pâle et la vue égarée.
. Les arbres odorants sont ses riches largesses.
. Et signala pour moi sa pompeuse largesse.
. Et Rome nous promet un Illion nouveau.
. Et fait d"-un vain pupitre un second Illion.
. Sans piller les douceurs de la plaine fleurie.
. Moi donc qui connais peu Phœbus et ses douceurs.
i. Et lorsque sa naissance est un présent du crime.
). Son mérite sans tache est un de tes présents.
Les ans qui changent tout en ont fait des ruisseaux.