‹ Un faux classique, Nicolas BoileauChapitre 60 sur 66 · Brossette note ici · texte numérisé non relu

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« L'auteur a eu en vue les deux vers de Tassoni {Sncchia rapila) :

Il ma((uanimo cor de Salinguerra

Che Ici de nome suo tremar la terra. »

On voit que Boileau ne met pas toujours son fidèle disciple sur la bonne piste.

BO. La honte fait en eux Teffet de la valeur.

— Et donne à la frayeur ce qu'il doit au respect.

CD. Sois moins ingénieux à te tromper toi-même. BO. Rend pour me tourmenter ton âme ingénieuse.

CD. Son épargne s'enfler du sac de leurs provinces.

BO. Qu'un commis engraissé des malheurs de la France.

— Et d'abord de ses dons enfla mon revenu.

CD. Aussi je ne suis pas de ces amants vulgaires. BO. Le sujet ne veut pas de vulgaires efforts.

— On s'ennuie aux exploits d'un conquérant vulgaire.

— Qu'écrivain du commun et poète vulgaire.

— Ahî dormez et laissez à des chantres vulgaires.

CD. Le jour découvre à tous les crimes de la nuit. BO. Vient étaler au jour les crimes de la nuit.

co. Xerine, porte ailleurs ce conseil ridicule. BO. On sera ridicule et je n'oserai rire.

— Que ridicule orgueil de soi-même idolâtre.

— Lui seul éclaircira vos doutes ridicules.

co. L'n dragon enivré des plus mortels poisons,

Qu'enfantent les péchés de toutes les saisons. BO. De son mortel poison tout courut s'abreuver.

— Et par un dogme faux de nos jours enfanté.

Peii?nez mes actions plus noires que la nuit. Quand la discorde encor toute noire de crimes. — A de si noirs forfaits prèteras-tu ton ombre?

CD. Une fausse louange est un blâme secret ^

BO. La louange agréable est l'âme des beaux vers,

Mais je tiens, comme toi, qu'il faut qu elle soit vraie, Et que son tour adroit n'ait rien qui nous effraie.

co. 11 ne cherche en aimant que le plaisir d'aimer. BO. L'indispensable loi d'aimer Dieu pour lui-même.

co. Consichn-ez ce trait, on le trouve divin. BO. Ce tour ne me plaît pas. - Tout le monde l'admire. — Tout est charmant, divin, aucun mot ne le blesse.

CD. La raison et l'amour sont ennemis jurés. BO. Et faire quereller les sens et la raison.

j CD. Et ne voyez-vous pas que sa valeur s'apprête A faire sur vous trois cette illustre conquête? BO. Un auteur n'y fait pas de faciles conquêtes.

CD. Et qui sur un époux fit son apprentissage. BO. Jamais d'un écolier ne fut l'apprentissage.

1. Ce vers de Corneille a paru avant le livre des Maxime., comme celui-ci :

Et je prends tous ces biens pour des maux déguisés;

Et cet autre, dont Molière s'est souvenu : Il aime votre bien et non votre personne.

co. S'étonne du supplice aussi bien que du crime.

Bo. De Taspect du supplice effrayant l'insolence.

co. Quand tu vois que les tiens s'arment pour ton supplice.

co. Je crois qu'il m'aime encore et qu'il nourrit dans l'âme

Quelques restes secrets d'une si belle flamme. BO. Aussi son cœur pour toi brûlant d'un si beau feu.

co. Ma valeur n'a point lieu de te désavouer.

Bo. N'en fît point dans le monde un lâche désaveu.

co. Va cacher dans un cloître et tes pleurs et ta honte. bO. N'alla point se cacher dans les ombres d'un cloître.

co. Mais un objet plus beau la chasse de mon ht. BO. Si toi seul à mon lit enfin eus toujours part.

— ^la maison ni mon lit ne sont pas faits pour vous.

co. Pour me faire admirer je ne fais point de ligue. BO. En vain contre le Cid un ministre se ligue.

co. Les petites douceurs, les aimables tendresses. BO. S'en tenir avec eux aux petits soins permis.

Puis bientôt, à grande eau sur le fleuve du Tendre.

co. Modère ces bouillons d'une âme colérée. BO. Modère ces bouillons de ta mélancohe.

BOILEAL' ET CORNEILLE. 283

:o. Combien la vraisemblance a peu de vérité!

BO. Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable.

|co. Le vermillon nouveau qui colore ta joue.

BO. Qu'il paraît bien nourri! quel vermillon! quel teint!

:o. La désavoueras-tu cette flatteuse image?

BO. Dormait au bruit flatteur de son onde naissante. *

:o. Vous le connaissez mal; son âme a deux visages.

|30. Tout sens devint douteux; tout mot eut deux visages.

j:o. Le désordre éclatant qu'on voit sur mon visage. |3o. Du fleuve ainsi dompté la déroute éclatante. *

i:o. Olez-moi cet auteur, son nom seul m'incommode, I C'est un impertinent, ou je n'y connais rien. 30. Ne s'écrie aussitôt : l'impertinent auteur!

:o. Pour moi? Ces jours passés un poète qui m adore, (Du moins à ce qu'il dit), m'égalait à l'aurore!

îo. Faudra-t-il de sens froid et sans être amoureux

De quelque Iris en l'air faire le langoureux.

Lui prodiguer les noms de soleil et d'aurore.

A. Au travers des périls un grand cœur se fait jour

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