‹ Un fils uniqueChapitre 117 sur 185 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

— Comme ça, bonne heure ! Mais je comprenais pas mademoiselle Lisbeth aller à Fécole avec les enfants. C'est bien dommage aussi Sophie s'en aille. Sophie, bonne, charmante fille. Pourquoi comme ça triste?

— Vous savez qu'elle est orphehne; il n'y a pas longtemps que son père est mort.

— Elle aimait beaucoup son père?

— Oui.

— Ah ! c'est triste, avoir plus père. Adieu, Evodie.

— Bonjour, Baebeli.

Dans l'après-midi, chose bien étonnante, Augustin alla faire une visite à Peter. Lui qui n'entrait jamais chez personne à moins d'y être forcé, se rendit donc chez le tisserand, qu'il trouva dans la chambre du sombre appartement, lisant sa Bible. Nicolas était allé faire un tour au jardin.

— Bonjour, monsieur Rock, dit Peter en se levant et offrant une chaise au visiteur. Vous allez bien, j'espère, et rien de fâcheux ne vous amène?

— Non; nous sommes en bonne santé. Je viens vous dire une chose qui vous fera peut-être plaisir. Vous vous rappelez notre ancienne conversation, quand vous apportâtes la toile?

— Oui, oui, très bien.

— Aujourd'hui, je suis convaincu que Dieu connaît tout ce qui se passe dans le cœur de l'homme et que, dans certaines circonstances importantes, il s'occupe de nous et dirige les événements de notre vie.

— Ce que vous me dites là me réjouit. Comment cette conviction vous est-elle venue ?

— Je VOUS raconterai cela dans quelque temps. Pour aujourd'hui, je voulais seulement vous dire que je crois à Faction d'une providence particulière et personnelle de Dieu à mon égard. Je vous remercie de m'y avoir fait réfléchir.

— Mon cher monsieur, que Dieu en soit béni. C'est beaucoup d'avoir déjà cette foi en Dieu. Tant d'hommes, hélas! s'en passent. Mais ce n'est pas encore assez. La foi au Dieu tout-puissant, présent partout, nous conduit aussi à la foi au Dieu juste et saint, qui ne tient point le coupable pour innocent, car Dieu est aussi parfaitement saint qu'il est parfaitement bon. Et les hommes sont tous pécheurs devant lui. Il faut donc recourir à la grâce qu'il nous offre en Jésus-Christ, le Sauveur des pécheurs.

— C'est bien clair qu'il n'y a aucun homme parfaitement juste, dit Augustin.

— Dites seulement, avec la Bible, reprit Peter, qu'il n'y en a pas un qui fasse le bien, non pas même un seul.

— Cela, par exemple, est trop fort; c'est exagéré.

— La parole de Dieu l'affirme; et si nous descendons au fond de notre cœur, nous verrons bien que la Bible, sur ce point-là, comme sur tous les autres, a dit vrai.

— Je ne veux pas discuter avec vous. Mais j'ai la preuve que Dieu sait ce que je pense et qu'il me connaît.

— Je n'en doute pas. Seulement, il faut faire bien attention à une chose. Il peut nous arriver de prendre pour une clarté divine ce qui, au fond, n'est qu'un

Page 1