‹ Un fils uniqueChapitre 124 sur 185 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

(( Préviens dès que tu le pourras, mon cher ami; j'ai besoin de te voir. »

Ta fidèle Léonie.

Puis surmontant son émotion, elle remit ses gants^ ses lunettes vertes, et, sa pique aux mains, elle retourna vers la meule inclinée, où son frère la trouva pâle et fatiguée lorsqu'il arriva.

Mis au fait de ce qui l'avait si fort ébranlée, il se dit qu'après tout c'était bien heureux qu'Augustin ne fût pas venu le premier, car, Léonie l'aurait également refusé, et cette décision lui eût été bien plus douloureuse encore.

— Je ne sais pas si son caractère a beaucoup changé depuis que nous étions ensemble à la caserne, dit-il; alors, chacun le tenait pour un honnête garçon, assez original et d'une volonté de fer. Comme tu le lui as dit, il pourra se marier facilement, quand il le voudra. Mais il est bien capable de tenir le vœu téméraire qu'il a fait en te quittant.

Lorsque le pauvre Augustin arriva chez lui, son père et sa mère étaient à la cuisine. Il prit le rouleau d'or dans sa poche, le jeta sur la table et dit d'une voix sourde :

— Voilà votre argent. Je n'en aurai plus besoin.

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