CHAPITRE XXVII
— Quand vous voudrez : cependant, demandez à madame.
Etienne Lacroix fut reçu au salon, où se trouvaient la mère et la fille.
— Bonjour, monsieur Lacroix, dit M""® Deverne; vous venez nous féliciter tout de suite : c'est bien aimable à vous.
— Puisqu'il s'agit de félicitations, madame, je vous les fais de grand cœur, bien que je ne sache pas de quoi il est question.
— Comment ! vous n'avez pas reçu le faire-part? Je vous l'ai adressé hier matin.
— Hier, c'était dimanche ; les lettres ne nous sont pas remises ce jour-là; et j'ai quitté la maison aujourd'hui, avant l'arrivée du facteur.
— Eh bien, mon cher monsieur Lacroix, je vous ai annoncé, par communication officielle, le mariage prochain de ma fille avec M. Fernand Kabell, un fils de l'ancien associé de mon mari.
— Alors, permettez-moi, madame et mademoiselle de vous présenter de nouveau mes félicitations et celles de ma famille, dit-il en serrant la main aux deux dames et particuhèrement à la fiancée. Je fais les vœux les plus sincères pour votre bonheur, ajouta-t-il.
— Je vous donnerai les détails dans un moment, reprit la mère. Pour l'instant, vous avez besoin de vous restaurer.
Ehsabeth quitta le salon, laissant M^e Deverne continuer la conversation avec Lacroix.
— Que voulez-vous manger? lui dit- elle; nous au-
rons M. Kabell à notre second déjeuner de midi; vous ferez sa connaissance.
— J'espère bien, madame; mais, si vous le permettez, comme j'ai à parler avec Sophie de sa maison et de ses affaires, je vous demanderai de pouvoir dîner avec elle. Cela nous donnera plus de temps à elle et à moi.
— Parfaitement. Mais vous prendrez une tasse de café avec nous, après votre dîner.
Laissant son visiteur en face de lui-même, elle se rendit à la cuisine, où elle donna rapidement les ordres suivants :
— Sophie, votre conseiller dînera avec vous afin d'utiliser son temps. Faites-lui une omelette et chauffez des tranches de bœuf rôti. Mais allez tout de suite chercher une bouteille de vin blanc La Côte chez M. JuUien, vous savez, au Bourg -de- four : de celui d'un franc. M. Lacroix préfère le blanc. Soignez votre conseiller, et tâchez d'avoir fini pour le café, qu'il prendra avec nous.
Tout heureuse, Sophie se dépêcha encore davantage, si possible. M"*^ Deverne revint au salon.
— Eh bien oui, dit-elle, voilà donc ma fille qui épousera dans trois mois, M. Fernand Kabell, second fils de notre ancien associé. C'est un jeune homme sérieuXj très rangé, instruit, d'une famille bien placée. Un bon caractère, peu démonstratif, mais solide et ayant déjà la connaissance des affaires. Il entre comme associé pour une part dans la maison Kabell et Flette et deviendra certainement un homme supérieur. Les