‹ Un fils uniqueChapitre 151 sur 185 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

— Nous comptons sur vous dès que vous aurez

fini.

— M. Lacroix ne vient pas avec nous? demanda

Elisabeth.

— Non, il a des affaires à traiter avec Sophie et a demandé de pouvoir dîner avec elle.

— Oh ! quel dommage ! et moi qui comptais causer beaucoup avec lui des Ballandes. Eh bien donc, au revoir !

Ce disant, les deux dames et le fiancé passèrent à la salle à manger, et Lacroix à la cuisine, où l'omelette crépitait dans la poêle sur le foyer.

Pendant qu'Etienne Lacroix commençait à se restaurer, Sophie allait et venait pour le service de ses maîtres; mais bientôt ceux-ci la laissèrent tranquille, et elle put causer à son aise avec son cher hôte. Celuici lui parla de sa maison qu'il faudrait tâcher de louer pour toute l'année, même pour plusieurs années, à des gens propres et soigneux. C'était, dit-il, dommage qu'elle ne rapportât rien, pas même de quoi payer l'impôt et l'entretien du toit. — Sophie lui donna plein pouvoir de traiter, puisque, mademoiselle Elisabeth se mariant au printemps, il n'était pas probable que ni le jeune ménage, ni M'"^ Deverne voulussent revenir aux Ballandes pendant Tété. Cette question étant résolue, pour autant du reste qu'une bonne occasion de louer se présenterait, Lacroix paya la rente des terrains de Sophie, engageant celle-ci à placer cet argent à la caisse d'épargne avec son salaire de domestique. Après cela, il demanda si, sur sa demande à lui,

Mme Deverne accorderait à Sophie quelques jours de congé au nouvel-an.

— Madame m'a dit qu'elle me permettrait d'aller passer le premier janvier et une partie du lendemain aux Ballandes, pour voir mes amis et donner un coup de brosse à mes meubles.

— Très bien; vous viendrez chez nous. Votre logement serait trop froid.

— Merci, vous êtes bien bons pour moi. Comment trouvez-vous M. Kabell?

— Il a bonne façon, l'air d'un jeune homme posé et sérieux.

— Oui; mais son caractère est, je crois, bien différent de celui de mademoiselle EHsabeth. Il parle peu et ne s'égaie pas beaucoup.

— Ils se feront mutuellement des concessions.

— Malgré cette grande différence de vivacité et d'expansion, je crois que cela îra bien. Mademoiselle Elisabeth ne boude jamais. Son fiancé a plus de profondeur d'esprit qu'elle; il lui sera utile à cet égard. C'est un jeune homme pieux; on dit qu'il entend bien les affaires.

Un coup de sonnette mit fin à la conversation. Sophie s'empressa d'accourir, et, bientôt après, Lacroix, réintroduit au salon, prenait une tasse de café en causant d'une manière agréable avec M. Kabell. Celui-ci le questionna sur le genre d'agriculture qu'on avait aux Ballandes, sur le rendement approximatif des terrains; il s'informa discrètement des opinions politiques et de la position de fortune des paysans de la

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