‹ Un fils uniqueChapitre 167 sur 185 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

docteur prescrivit quelques remèdes, recommandant surtout le silence, et le repos le plus complet. Vers la fin de la deuxième semaine, Augustin éprouva du soulagement; le cœur paraissait se calmer; les spasmes étouffants ne revinrent pas. Les vieux parents reprirent de l'espoir, au moins d'une manière relative, et Baebeli redoubla de causeries. Un jour, elle entra dans la chambre d'Augustin pour lui donner une tasse de bouillon; c'était elle qui, ordinairement, lui apportait sa nourriture, pour épargner à M"'® Rock la peine de monter l'escalier. Elle trouva Augustin assis sur son lit, position qu'il n'avait pas osé se permettre encore.

— Oh ! cousin Gustin, lui dit-elle tout de suite, pourquoi vous lever comme ça moitié?

— Parce que je peux le faire aujourd'hui.

— Quel bonheur! moi, vite dire à père et mère.

— Tu n'as pas besoin de tant te presser ; assiedstoi là, pendant que je boirai ce bouillon. Il est bon, mais encore un peu trop chaud. Merci de ta peine. Tu as monté l'escalier bien des fois depuis quinze jours, ma pauvre Baebeli.

— Cousin Gustin, je le monterais cent fois par jour, si je pouvais vous guérir.

— Tu es bien bonne. Mais Dieu seul, s'il le veut, peut me guérir. Ecoute-moi un moment. Je veux te dire quelque chose.

— Oui, cousin Gustin.

— Si je m'en vais bientôt, il te faudra rester ici. Pourquoi retournerais-tu dans ton pays? Il y a assez de bien et de place pour toi dans la maison. Tu aurais

soin de mon père et de ma mère, quand ils seraient tout à fait vieux.

— Mais, cousin Gustin, vous, pas mourir; vous, au contraire, guérir! Et alors, vous pas besoin de moi. •

— Ne t'inquiète pas de ça. Me promets-tu de rester ici?

— Je dirai à ma mère.

— Bien. Maintenant, est-ce que ça te ferait plaisir d'épouser ton cousin Jacobeli?

— Qu'est-ce vous dites? fit-elle avec une excessive rapidité.

— Si tu serais contente d'épouser Jacobeli? reprit lentement Augustin; — parce que, dans ce cas, j'en dirais un mot à mes parents.

— Cousin Gustin, je sais pas trop que vous répondre. Jacobeli, faire comme ça beaucoup des amitiés à moi; Jacobeli bon garçon; aime beaucoup vaches, et aller sur la montagne avec gross troupeau. Aime beaucoup les sonnettes. Oui, Jacobeli, bon garçon, conome; n'aime pas cabaret; jamais, jamais comme ça boire pour tomber sur la tête.

— C'est bon, ditAugustinen souriant; je vois que tu l'épouserais volontiers. Vous pourriez avoir ici un troupeau de vaches, et Jacobeli irait avec elles sur la montagne. Ça ferait plaisir à mon père. J'en dirai un mot, si je m'en vais. En attendant tu ne dois pas en parler.

— Mais vous ne voulez pas partir? lui dit-elle avec une douce pitié.

— Nous ne pouvons pas savoir ce qui peut arriver demain.

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