‹ Un fils uniqueChapitre 173 sur 185 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

présenté les consolations de l'Evangile. Mon père et ma mère ne sont pas non plus restés en arrière d'un tel devoir. Hélas! ces voisins si riches et, jusqu'à présent, si adonnés à la possession de leurs biens, sont frappés de la plus grande affliction qui eût pu tomber sur eux. On ne peut que les plaindre et les recommander à Celui qui seul connaît ce qui se passe dans leur âme en détresse.

» J'ai plusieurs choses à te dire, chère, bien-aimée Sophie, en attendant que j'aille te chercher tout de bon dans huit jours. Quel bonheur de te ramener, avec la pensée que nous ne nous quitterons plus !

» Voici ce que je viens te communiquer de la part d'Evodie : un marchand de bois qui est venu dernièrement aux Ballandes, propose à notre sœur de lui confier l'éducation de ses deux filles pour plusieurs années. Ces deux petites ont huit et dix ans. Leur mère est morte. Le père, déjà sur l'âge, n'a pas l'intention de se remarier, et ne peut absolument pas s'occuper de ses enfants, son commerce l'appelant à quitter sa maison à tout instant. Il offre de payer une pension convenable. — Evodie accepterait volontiers cette tâche, qu'elle remplira certainement très bien ; mais, pour cela, il lui faut un appartement. Chez nous, l'admission de ces deux petites présenterait des inconvénients, et nous n'aurons pas trop de place quand tu seras là. — Veux-tu louer ta maison à notre sœur? elle s'y installerait à son ménage avec les fillettes en question, et, en même temps, elle proposerait aux mères de familles d'ici, de se charger des leçons de

leurs filles, au moins pour une partie de l'année. Pour Evodie, qui est instruite et connaît bien les ouvrages de couture, ce serait là un excellent emploi de son temps. L'ancien atelier de ton père serait transformé en petite salle d'école. Evodie serait complètement à son ménage, et il va sans dire que nous l'aiderions à se tirer d'affaire, s'il le fallait. Réponds-moi ce que tu penses de cette proposition, qui nous paraît vraiment bien convenable. Mais c'est à toi de décider.

» Une autre chose : Evodie te prie de lui acheter un anneau et d'y faire graver le nom d'Augustin, avec la date du 7 avril. Elle dit qu'il le faut d'un numéro plus petit que le tien.

y> Nous avons risqué de perdre l'ami Peter. Une société qui s'occupe de l'évangélisation lui a proposé de l'employer comme colporteur de Bibles, Nouveaux Testaments et traités religieux. Après y avoir bien réfléchi, notre brave tisserand a refusé cet appel. Il a écrit au comité en question qu'il se sentait à sa place ici, faisant la toile des paysans de la contrée, et trouvant ainsi de nombreuses occasions de placer un mot chrétien dans les familles qui lui donnent de l'ouvrage. Nous pensons qu'il a pris un sage parti, et nous sommes heureux de le garder aux Ballandes. Adieu maintenant, tant chérie. Je n'ai pas besoin de te recommander de te tenir prête pour le jour où j'irai t'enlever à jjme Deverne et te ramener en triomphe ici. Que Dieu nous garde tous et te bénisse. Celui qui t'aime,

Barthélémy. »

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