‹ Un fils uniqueChapitre 66 sur 185 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

comprime la pensée. On se sent dans un pays étranger. Le son des cloches même est nouveau pour nos oreilles, et certes il n'inspire pas la joie. Peut-être est-ce ma faute, mais je ne puis m'empêcher de trouver que la limite matérielle des deux pays est aussi une limite morale bien déterminée. A quoi cela tientil? Pourquoi la nature vaudoise attire-t-elle , tandis que l'autre vous laisse indifférent? Il faut qu'il y ait là de grandes barrières. Et pourtant tous les hommes sont frères, et nous aimons bien nos voisins du Pays de Gex. Je me demande aussi pourquoi la plupart de leurs montagnes sont déboisées sur les hauteurs, tandis que les nôtres sont couvertes de forêts jusqu'à leur sommet. Ah ! la patrie, la patrie suisse, lequel de ses enfants pourrait ne pas l'aimer? et qui d'entre nous ne la préfère, toute petite qu'elle est, mais protégée par des institutions libres, aux grands pays , souvent mal administrés, courbant la tête sous le joug militaire, ou livrés à l'égoïsme des partis ?

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