‹ Un fils uniqueChapitre 81 sur 185 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

fois. Elle quitta prestement son ouvrage et fit entrer les cinq personnes, auxquelles des chaises furent offertes dans la chambre, à moins qu'elles ne préférassent s'asseoir sur la galerie, où il y avait deux bancs. Tout cela fut dit et fait avec aisance, dignité^ et cependant d'un ton charmant.

En un clin d'œil, M""^ Deverne vit que tout était d'une propreté parfaite et dans un ordre quasi minutieux. Cela lui donna déjà une bonne idée de la jeune fille. Etienne Lacroix fit part en quelques mots à Sophie du sujet qui les amenait chez elle, et lui demanda d'y réfléchir.

jVfme Deverne ajouta les explications relatives au service de sa domestique. Elle dit que son appartement était petit, neuf : trois chambres, salon et cuisine. Elle tenait à la plus exquise propreté et à une fidélité à toute épreuve. Le salaire ne serait pas une question difficile à résoudre. M. Lacroix serait consulté sur ce point.

Avant de répondre directement à M""^ DevernCy Sophie demanda à ses amis Lacroix leur avis.

— Nous vous conseillons d'accepter, dirent le mari et la femme.

— Et toi, Evodie?

— Moi aussi, puisque tu ne peux rester seule chez toi.

— Eh bien, madame, dit Sophie à M™^ Deverne, je suis disposée à faire un essai, et je vous remercie de la confiance que vous voulez bien m'accorder sur la reconmiandation de M. et M"'^ Lacroix. Je n'ai jamais

servi chez des étrangers; mais, avec l'aide de Dieu, je tâcherai de remphr mon devoir en bonne conscience. Pour les commencements, j'aurai sans doute bien des choses à apprendre : Madame aura la bonté de me diriger.

— Sans doute. Ecoutez, Sophie, j'ai le bon espoir que vous vous trouverez bien chez moi. Si vous êtes décidée, je vous emmène aujourd'hui même. L'occasion est des meilleures, puisqu'il y a place pour vous et vos effets dans la voiture. A deux heures de l'aprèsmidi, nous nous mettrons en route. Qu'en pensezvous?

De nouveau, Sophie interrogea du regard M. et M""^ Lacroix.

— Etes- vous prête? demanda cette dernière.

— Mais oui ; il ne faut pas beaucoup de temps pour faire ma malle.

— Eh bien, c'est entendu, dit M"^® Deverne, tendant la main à Sophie et la lui serrant cordialement.

Mademoiselle Elisabeth voulut aussi lui donner cette marque d'assentiment à ce qui venait d'être conclu, après quoi, la mère et la fille, en vraies citadines, examinèrent en détail la petite maison. Les Lacroix repartirent, pour vite préparer quelque chose à manger aux deux dames, et faire aussi dîner le cocher, qui n'aurait su où aller.

Avant de quitter Sophie, M™^ Deverne lui fit compliment sur tout ce qu'elle avait vu chez elle.

— Sais-tu une chose , maman , dit Elisabeth : si Sophie reste chez nous , il faudra louer sa maison, et

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