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CHAPITRE XIV

Suite de lettres

Roland a été nommé membre du Conseil général de Commune de Lvon, il est dans cette ville avec sa famille. Gosse n'ayant pas reçu de lettre pendant plusieurs mois, a réclamé des nouvelles :

M"^^ Roland à Gosse.

« Lyon, le 21 juin 1790.

« Mais vraiment non, notre digne ami, ce n'est pas moi qui suis coupable ; je n'ai point laissé de vos lettres sans réponse. Au milieu d'une foule d'affaires, je vous ai écrit vers la fin de l'hyver, mon bon ami vous a même demandé divers renseignements sur plusieurs objets, et nous n'avons plus eu de vos nouvelles. Aussi n'aurois-je point ainsi supporté votre silence, si le tourbillon dans lequel nous nous sommes trouvés m'avoit laissé le temps de respirer.

« Sitôt après votre dernière, notre ami est allé voir M.Gilibert^ ; celui-ci montoit en voiture pour se rendre

' Médecin lyonnais. Gosse s'était adressé à lui au sujet de la possibilité d'un établissement d'eaux minérales artificielles à Lvon.

à la campagne où il doit passer une huitaine de jours, il s'est excusé sur ses occupations de ne vous avoir point encore répondu, et il se propose de le faire à son retour. Mais, vous savez que ce brave homme, tout actif qu'il soit, ne remplit pas toujours ses engagemens, faute d'en avoir le temps. Au reste il a dit n'avoir, ni ne juger aucun moyen de vous seconder dans l'entreprise en question ; il n'a pas non plus, connaissance du personnage dont vous parlés. J'aurois bien voulu vous donner des renseignemens plus satisfaisans sur l'objet qui vous intéresse; notre ami verra ces jours-ci M. Le Camus i et, s'il en apprend quelque chose, je vous en ferai part. M. Le Camus se tient actuellement presque toujours à la campagne, où il a réuni les objets de ses goûts et oublie avec la philosophie, la perte de son état. Mais, il va se trouver en ville cette semaine en qualité d'Electeur, qualité dont est aussi revêtu notre ami et qui nous a tiré de notre hermitage.

« Les nominations ne sont pas merveilleuses, parce que le peuple des campagnes est encore trop ignorant; il faut espérer que le nouveau régime répandra les instructions qui sont si nécessaires pour en réaliser les avantages.

« Voyés-vous quelquefois dans votre ville le brave

1 Autre médecin lyonnais. M. Le Camus, qui appelait Rousseau « son ami, son maître, son dieu», lui avait élevé un temple dans sa propriété Aux Etroits, près de Lyon. GoiSe, en ^786, avait été son intermédiaire auprès d'Argand pour lui faire faire une reproduction de la statue du philosophe qui se trouvait chez M. Constant — la même dont parle Jean Gosse, page 70.

Anglois M. Pigot^ ? je lui ai écrit dernièrement et lui ai parlé de vous, je ne l'ai jamais vu, mais il est lié avec quelques amis qui nous l'ont représenté comme un philosophe estimable et un ardent ami de la Liberté.

« Nos santés se soutiennent assez bien sans être merveilleuses ; notre Eudora croît et se développe sans acquérir beaucoup au moral.

« Adieu, je ne puis aujourd'huy causer longuement avec vous; il me faudroit pour cela le Loisir de la campagne. Mille choses sensibles à votre chère moitié ; nous vous saluons et embrassons avec franchise et cordialité.

Ph. Delaplatière.

Gosse à M"^^ Roland.

« 3 nov. 1790.

... « Nous allons à Genève continuer nos disputes politiques et la révolution complète de notre constitution est en chemin de se faire, mais nous ne pouvons pas être aussi sanguinaires que messieurs les François, il leur faut des lanternes pour y pendre des hommes,^ nous nous contentons d'y suspendre des livres et nous suivons les préceptes de l'Evangile : faites du bien à ceux qui vous maltraitent et vous persécutent.

... « M. Pigot doit être allé auprès de vous, c'est un esprit très particulier avec qui je suis malgré cela très bien ; j'adopte ses diverses opinions raisonnables et ne combats pas celles que je regarde comme déraisonnables. C'est un Anglois et c'est tout dire...

luaker anglais.

« Je suis on ne peut plus occupé. Ma pharmacie va très bien. Nous opérons dans un atelier que nous venons de former, des poteries surpassant ce qui s'étoit fait de plus beau dans ce genre. Mon établissement d'eaux minérales va son train. Je m'occupe d'un petit jardin botanique usuel. Lorsque je me trouvois cet été sur notre lac, je m'étois servi d'un bateau de ma composition, où seul j'ai affronté les tempêtes les plus violentes sans jamais craindre de chavirer ni d'être submergé, étant à l'abri. Ce bateau a une suite de propriétés dontl'énumération est assez longue, je termine ici crainte de vous ennuyer. »

A cette lettre, M'^^^ Roland répond parla lettre enflammée qui va suivre, dans laquelle elle semble incarner l'esprit de la Révolution.

M^^ Roland à Gosse.

« Le 10 gt^'e 90.

« Bien loin d'être en voyage, digne ami, nous sommes fort paisiblement à la Campagne, où nous avons fait nos vendanges et que nous n'avons pas quittée depuis le mois de juillet, si ce n'est pour quelques courses à Lyon, à Villefranche, et dans le voisinage, je ne répliquerai point à ce que vous me répondes sur ma lettre du 21 juin ; sinon qu'il faut bien que vous ayez raison, car, quand vous auriés tort il me seroit impossible de le prouver.

« Autrefois une tête françoise n'auroit eu besoin d'arguer du temps pour se dispenser de revenir à une Lettre qui datteroit de cinq mois; sa légèreté ne comportoit pas de si vieux souvenirs. Aujourd'hui, ce n'est

pas par sa durée que nous mesurons le temps ; mais^ par la foule des événemens qui le remplissent, des grands intérêts qu'il développe et des soins nombreux dont il charge chaque citoyen. Nous sommes mûris de dix siècles en deux ans, et la Liberté a fait une explosion dont il faut bien que vous vous ressenties en dépit de vos Aristocrates. Je ne sais pourquoi vous nous reprochés d'être sanguinaires : je vois bien que les clameurs de nos indignes fugitifs, les mensonges de quelques papiers vendus, et les petits bruits répandus par vos Magnifiques Seigneurs, vous abusent sur le caractère de notre nation, comme sur les faits qu'on lui attribue. Il est inouï qu'une aussi grande Révolution que la nôtre se soit faite à aussi bon marché^: on crie à l'anarchie et le peuple ne fût jamais plus tranquille; on injurie les Patriotes, et, s'il s'élève des troubles quelque part ce sont les ennemis de la révolution qui les exitent. Quoi / Durant des siècles, le despotisme a tenu sous son sceptre de feu tout un Empire; durant des siècles, dévorant les sueurs du pauvre, pressurant le peuple, l'accablant de mépris et d'impôt, le retenant dans l'ignorance et la misère, il s'est gorgé de rapines et de sang, et à l'itistant où le peuple brise le joug, reprend ses droits, au lieu d'exercer sa juste fureur sur tant d'agens de son oppression, il immole trois ou quatre hommes infâmes, connus par toute la France pour leurs concussions, leur insolence : et vous appelles ce peuple sanguinaire ? et la Lanterne vous paroît utie atrocité ? Il n'a fait qu'une faute, c'est de n'y pas attacher un Mi?îistre, pour forcer tous les autres, par ce terrible exemple à marcher dans^

^ Voir note page 121 .

le sens de la 7'évolution qu'ils contrai'ient toujours. Tant pis si vous pendes des Livres : il n'y a pas là de quoi vous vanter, car la pensée doit être Libre et le prétexte d'arrêter ainsi la calomnie sert toujours de moyen pour étouffer la vérité. // vaut bien mieux pendre des scélérats, comîne Berthier, Foulon, Flesselle et de Launay : c'est purger la terj^e de tnonstres et contenir ceux qui seroient tentés d'imiter leurs forfaits.

« Je ne dis pas qu'on doive autoriser cette sorte de justice populaire ; mais je soutiens que quand elle a lieu dans un grand mouvement et qu'elle s'exerce sur de tels sujets, on doit avouer qu'elle est salutaire et se garder d'accuser le peuple qui n'abuse pas davantage ; ou qui use avec cette justesse de l'énergie longtemps comprimée qui se restitue. Si vous, que j'ai connu bon citoyen, ami de la Liberté, austère dans vos mœurs comme doivent l'être tous ceux qui la deffendent, vous raisonnes avec la molesse que je crois apercevoir, les Genevois ne feront donc que de mauvaise besogne. Vous avez pourtant un plan admirable et notre déclaration des droits est un sublime manifeste adressé à tous les peuples. Honneur à ceux qui l'entendent ! Malheur à ceux qui ne peuvent ou le comprendre, ou se l'appliquer.

« On vous exagère nos agitations; il n'y en a que chez les mécontens ; ce sont eux qui ont essayé de réveiller le fanatisme à Nismes ; ce sont eux qui font continuellement des projets de contre-révolution que le ciel et la terre concourrent à faire avorter. Parcoures nos campagnes, voyez la satisfaction et la paix du cultivateur ; on «st armé, sans doute ; le peuple qui ne l'est pas, est asservi ou va l'être ; mais l'exercice des armes n'est qu'une récréation louable et une généreuse disposition à

défendre ses propriétés et ses droits. Cités moi un seul lieu, un seul fait, où le peuple se soit porté à ces atrocités qu'on lui reproche. En 89, l'idée de s'affranchir, par l'anéantissement des titres que la force établit aux siècles des guerres et de la féodalité, lui fit courrir sus à quelques châteaux, et ceux des hommes les plus violens, ou dont les gens d'affaires avoient commis des injustices furent ravagés ; il n'y a pas eu dans toute la France, cent châteaux de détruits ; et tous nos nobles de crier à la subversion, au malheur, à l'abomination etc.: Comme si le destin de l'empire était attaché à la conservation de quelques repaires dont le peuple excédé avoit chassé les bêtes féroces. Ce sont ceux qui l'oppriment qui sont tels; c'est le despotisme dont les ravages, les dilapidations, les guerres, étouffent les générations par millions, ou les écrase à plaisir dans les batailles, c'est lui qui est sanguinaire ; mais, le peupie, ce peuple qui n'a que la vie et son industrie, qui ne demande qu'à conserver l'une sans humiliations, et à exercer l'autre sans obstacles, ce peuple dont la vengeance s'appaise par le sacrifice de quelques têtes infernales, n'a jamais mérité parmi nous les reproches affreux, les dénominations injurieuses dont l'accablent des Tyrans abaissés, rugissant de leur nouvel Etat. Mon ami, ne vous rangés point dans cette classe dépravée, pour laquelle vous n'êtes pas fait; lises nos bons papiers, gardés-vous des menteurs aristocrates, et craignes ceux qui pendent les Livres, ils veulent aveugler pour asservir : c'est bien pis que le peuple, qui ne pend que pour se venger des plus coupables de ses oppresseurs.

« Nous avons eu M. Pigott, brave Anglois et chaud Patriote, singulier Pythagoricien ; nous avons encore

M. Lanthenas, fervent apôtre de la justice, de la Liberté, de l'humanité, et qui pourroit apprendre à Genève ce qu'elle doit faire pour se relever.

« Continués de faire de bonnes eaux, des drogues salutaires, d'ingénieuses inventions, et d'utiles découvertes; mais instruisés-vous mieux de notre révolution, pour la joye de votre âme qui doit s'épanouir à l'amélioration de l'espèce, à la perfection des Gouvernemens et pour le bien de vos concitoyens. Cela n'empêchera pas que vous ne causiés encore des maux de cœur à votre compagne, pour vos menus plaisirs et les siens, je ne saurois lui prédire la durée de ces petits maux ; je n'ai fait qu'une épreuve, cela ne fournit guère d'expérience et j'ai oui dire que les unes souffroient, comme je l'ai fait, durant les quatre ou cinq premiers mois seulement, que les autres en avoient pour tout le temps qui précède la grande fête.

« Nous sommes toujours dans les travaux, faisant d'ailleurs notre tâche de citoyens ; laissant crier les forcenés, et ne cotiJiaissant qu'une ?^ègle, la justice, quune Loi l'ÉGALiTÉ, qu'un sentiment, I'humanité. Vous savés bien que l'amitié est un de ses dérivés.

« Adieu, nous vous embrassons et vous souhaitons paix et santé, vous deux conjointement, comme de raison. »

[paraphe]

En juin 1791, M"^^ Gosse mit au monde un fils : Louis-André; ce fils unique devait faire le bonheur de sa famille. On essaya dans son jeune âge de l'élever selon les préceptes de Rousseau, et son père aurait bien voulu être seul à diriger son éducation ; mais le moyen, quand

on est pharmacien à Longemalle et qu'on aime à courir la montagne, de suivre pas à pas le développement d'un enfant!

Heureusement pour André, il vécut dans un monde bien vivant, entouré de bonnes gens simples qui adoucirent par leurs gâteries, les théories un peu sévères de ses parents.

Madame Gosse parle de ses joies maternelles à Madame Roland, à laquelle elle aussi est tout près de rendre un culte.

Le 20 mars 1792, M"^^ Roland lui répond par la lettre suivante, dans laquelle on serait loin de supposer les graves préoccupations qui l'agitent : c'était la veille du jour où Roland allait être nommé ministre de l'Intérieur.

M^^ Roland à M"^^ Gosse.

« Paris 20 mars 1792.

« Je n'aurois pas. Madame, tardé si longtemps à vous témoigner le plaisir avec lequel j'avois reçu de vos nouvelles et accueilli celui qui me les apportoit s'il m'eut été permis de le faire plutôt. J'avois vu M. Duby un dimanche matin et apperçu, autant qu'il est possible dans le quart d'heure d'une première visite, tout ce que vous m'annonciés de ses droits à l'estime des personnes qui le connoissent. Il revint le vendredy suivant et me trouva rendant un émétique qu'on m'avoit administré, je ne pus que lui dire que j'espérois que mon indisposition ne m'empécherois pas longtemps de cultiver sa connaissance, je m'étais trouvée très mal la veille, je paraissois menacée d'une maladie grave et putride, j'ai été quinze

jours dans mon Lit et je sors d'avant hier. Mon mari se rendit, après quelques jours, à l'adresse de M. Duby, qui étoit sorti pour l'instant; nous ne l'avons pas vu davantage. Si j'avois été « che^ moi », comme j'espère m'y trouver sous trois semaines, j'aurois envoyé une invitation à votre compatriote, par empressement pour quiconque s'est présenté de votre part; mais je suis campée dans un hôtel garni, fort occupée de suivre des ouvriers très longs à m'arranger l'appartement que nous devons habiter, et venant de perdre un domestique jaloux d'aller aux frontières pour y combattre les ennemis de la france. Je suis infiniment sensible, Madame, aux regrets que vous m'exprimes de notre commun éloignement, mais la séparation n'est pas ce qu'elle semble. Nous n'abandonnons point absolument le midy de notre patrie, nos propriétés nous y rappelleront toujours une ou deux fois l'année. Si vous étiez femme à visiter la belle ville de Lyon, il seroit facile de s'entendre, de faire correspondre votre voyage avec le mien, et j'irois vous attendre dans mon hermitage. Il y a longtemps que Monsieur Gosse nous avait promis de joindre les Liens de l'hospitalité à ceux de notre vieille amitié; je me prévaudrai toujours de cette promesse jusqu'à ce qu'il l'ait remplie.

« Dites je vous prie, à ce bon ami, qu'il m'a bien mal compris ou qu'il se presse trop de me juger; il est tenté d'attribuer au changement de mes goûts notre résolution d'habiter Paris, comme si les raisons que je lui ai données de ce choix ne l'avoient pas mis à même de considérer les choses sous leur vrai point de vue, ou que mon existence fût isolée. Particulièrement dévouée aux soins intérieurs, une femme est bien partout où son mari est

heureux; mais quel est celui qui a le plus l'habitude de communiquer avec des esprits cultivés, quel est celui dont l'activité, les connoissances, le train de la vie publique requièrent une manière d'être propre à l'exercice de ses facultés? Assurément entre mon mari et moi, la distinction n'est pas difficile à faire. Je n'ai que deux choses à mettre en opposition pour faire apprécier nos goûts et nos principes. L'Année dernière, durant mon voyage ici, mon mari jouissoit encore d'une place intéressante, il était député extraordinaire d'une grande ville; nous étions très agréablement et grandement logés; nous voyions les députés patriotes les plus célèbres de l'Assemblée constituante, ils se rassembloient chez nous en comité de confiance, quatre à cinq fois la semaine. J'ai vu de près les efforts des citoyens vertueux et j'ai pu juger tout ce que leur opposoit l'intrigue; notre position étoit vraiment intéressante. J'ai tout quitté, dès le mois de yï^re pour regagner ma retraite, mon mari ma suivie vingt jours après, en refusant la continuation de sa députation, parce que les affaires importantes étoient terminées. Aujourd'hui, nous sommes supprimés, nous n'avons même point encore la pension de retraite que pourtant le décret de suppression nous promet; nous sommes modestement logés un étage plus haut; ceux qui nous recherchoient l'année dernière, ou sont retournés dans leurs foyers, ou sont montés à de grandes places dans lesquelles ils oublient ceux qui n'en ont plus... et nous restons à Paris. Assurément des ambitieux eussent fait tout le contraire; ils n'auroient pas quitté la capitale quand on leur y faisoit une sorte de cour, pour revenir l'habiter livrés à eux-mêmes sans vouloir en faire aucune à personne au monde. Autant j'étois répandue à

mon précédent voyage, et occupée de politique, autant je suis solitaire et fermée dans le cabinet à me délasser avec la Littérature, jusqu'à ce que je reprenne avec mon mari nos occupations communes, qui seront maintenant toutes dirigées vers les arts. J'ai souri toutes les fois que j'ai reporté mes yeux sur le commentaire de votre bon ami à mon sujet, et je me suis dit, celui-là aussi mangeroit tout Platon et tout Aristote avant de deviner certaines choses.

« Je vous félicite Madame, du bonheur que vous savés goûter dans les soins maternels, il le faut tout entier pour remplir le cœur d'une femme sensible; et l'amour lui-même laisseroit encore des désirs si la maternité n'offroit une plus grande carrière à la sensibilité généreuse que la nature nous a départie. Ma fille est sortie des maux de l'enfance, mais non de ceux de la jeunesse dont quelques uns menacent si cruellement les personnes du sexe ; je la livre à la nature et ne la feroit point inoculer.

« Notre situation politique est devenue meilleure depuis peu de temps; le génie de la Liberté paroît veiller sur la France, nous sommes encore moins sages qu'heureux, mais le retour du despotisme est impossible; on peut nous faire entre-déchirer, mais on ne nous asservira plus, et de tous les fous du monde nos émigrés sont les plus grands.

«Adieu Madame; recevés, partagés avec votre digne

Epoux les nouvelles assurances de l'attachement que

vous ont vouer deux Etres bien affectueux, bien vrais et

bien indépendans.

Roland née Phlipon. »

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