‹ Un gentilhomme de grand chemin (volume 2)Chapitre 13 sur 16 · L'HOTEL DES NÈFLES · texte numérisé non relu

L'HOTEL DES NÈFLES

Mamselle Simone.

Deux mois environ après les faits que nous venons de raconter dans la seconde partie de cette véridique histoire, une de ces scènes queRestif de la Bretonne aimait tant à daguerréotyper, et dont ses innombranles et interminables ouvrages offrent de si fréquentes copies, se passait dans

Tune des rues adjacentes à la place Royale, au Marais.

Une jeune et jolie ravaudeuse, aux joues fraîches comme des roses de mai, aux lèvres vermeilles comme des cerises, travaillait ou faisait semblant de travailler dans le tonneau qui lui servait d'échoppe et qui était adossé à la haute muraille d'un hôtel.

Un garçon boulanger, fort joli garçon, ma foi, scus le classique costume de l'emploi, et portant sur sa tête une grande corbeille remplie de pains de bonne mine, passa tout auprès du tonneau sans paraître remarquer sa gentille habitante,

La ravaudeuse fit une petite moue de l'effet le plus piquant, et, voyant que bien décidément le garçon boulanger ne se retournait pas et ne semblait, en aucune fa-

çon, disposé à ralentir sa marche rapide, elle frappa vivement le fond de son échoppe économique du bout de son joli pied bien chaussé, et elle s'écria d'une voix de fausset, aigre douce :

— Eh ! m'sieur Benoît !.. hé, dites donc! . .

Le jeune homme, en entendant cette voix et cet appel, pivota avec une précision que lui aurait envié le mieux stylé des gardes nationaux de notre époque, et revint auprès de la ravaudeuse, en face de laquelle il s'arrêta.

— Bonjour, mam'selle Simone... — ditil, — ça va bien ?.. allons tant mieux...

— Comme vous passez fier, ce matin !.

— Excusez-moi, mam'selle Simone, mais

à c'est que, voyez-vous, je n'avais pas eu

l'avantage.. .

— De me voir?.. — acheva la jeune fille.

— Tout justement...

— Eh bien! merci!., excusez!., vous êtes poli !..

— Ah ! mam'selle Simone, l'intention n'y est pour rien... vrai, il y a des jours où j'ai la vue basse...

— Quand vous ne voulez pas regarder les gens, n'est-ce pas?..

— Ah ! par exemple !.. je vousjure bien..

— Vous allez mentir, m'sieur Benoît...

— interrompit la ravaudeuse — voilà déjà votre nez qui remue...

— C'est une idée que vous vous faites ! — s'écria le jeune homme» en portant vivement la main à l'organe incriminé.

— Pas tant de paroles, et expliquonsnous...

— Je ne demande pas mieux que de m'expliquer... mais à quel propos?..

— A propos de vous, pardine, et de votre vue basse, qui vous empêche, à ce matin, de voir et de reconnaître vos amies...

— Mais, encore une fois...

— Chut!.. — voyons, vous avez quelque chose...

— Moi?..

— Oui, vous.

~ Mais je vous assure...

— Pas de mensonge !..

•— Je vous jure...

— Ne jurez pas!... vous avez quelque chose...

— Mais non...

— Mais, si !.. — quelque chose qui vous trotte dans l'esprit... quelque chose qui vous tracasse, et je veux savoir quoi...

Le garçon boulanger, en subissant cet interrogatoire, semblait fort mal à son aise.

Évidemment il aurait voulu répondre d'un ton rogue et impoli, ou même ne pas répondre du tout.

Mais, malgré lui, il subissait le magnétisme des deux grands yeux bleus, des lèvres roses et de la voix aigrelette de mademoiselle Simone.

— Allons, — reprit celle-ci, — répondezmoi, m'sieur Benoît, et vite, et tôt, et franchement surtout, sinon...

— Sinon, quoi?..

La jeune fille se baissa et prit dans le fond de son tonneau un brin de paille qu'elle montra à Benoît d'un air menaçant et provocateur.

— Sinon , — poursuivit-elle , — nous

allons rompre la paille, et, alors, vous

savez le proverbe n — i — m, — tout sera fini!..

Ce peu de mot sembla produire sur le garçon boulanger une impression des plus vives.

— Ah ! — ■ balbutia-t-il, — vous ne feriez pas cela!..

— Et pourquoi donc que je ne le ferais pas, s'il vous plaît?.. — est-ce que vous croyez, par hasard, que je me soucie d'un amoureux qui fait semblant de ne pas me voir et na veut point desserrer les dents pour me laisser voir ce qu'il a sur le cœur, . .

— Mais, puisque je vous répète que je n'ai rien, mam'selle Simone !..

La jeune fiile ploya la paille et fit le geste . de la briser.

Benoît s'élança si vivement pour Tar-

rêter que l'équilibre de sa corbeille en fut véhémentement compromis.

— Ingrate!.. — balbutia-t-il, — c'est vous qui avez tous les torts, et c'est moi qui suis accusé, menacé et tourmenté !.. je vous demande un peu si c'est juste ! . .

Simone fixa sur son interlocuteur le rayon clair de ses grands yeux, avec [un air d'étonnement parfaitement naturel.

— Des torts!.. — répèta-t-elle, — j'ai des torts?..

— Parbleu!..

— Et, vis-à-vis de qui, je vous prie?..

— Vis-à-vis de moi, donc !..

— Vis- à-vis de vous ! ah ! par exemple !.*

—Eh! oui, mam'selle Simone.*, et vous le savez aussi bien que moi !..

— JVTsieur Benoît, devenez vous fou?..

— Pas que j'imagine , mam'selle Simone...

— Alors, expliquez- vous mieux, car je ne comprends pas un traître mot à tout ce que Vous me débitez depuis un quart d'heure !..

Benoît croisa les bras sur sa camisole blanche, dans une attitude tragique.

Il roula les yeux, d'une façon qu'il cherchait, mais vainement, à rendre farouche et qui n'était que comique au plus haut point.

Et, enfin, il dit, d'une voix grave et caverneuse :

— Mam'selle Simone, j'étais aux Percherons hier au soir...

Et il attendit l'effet de cette phrase. L'effet fut nul.

— J'y étais aussi, — répondit simple* ment Simone, — après?

— Comment, après ?

— Oui : —après?..

— Eh bien! j'ai vu!..

-Quoi?

— Tout!..

— Mais, encore?..

— J'ai vu votre conduite, mam'selle Simone !..

Et Benoit roulait les yeux plus que jamais.

— Et qu'avez-vous donc à en dire , de ma conduite?

— • Vous osez le demander???

— Ma foi, oui.

— Alors je vais parler,..

— » Vous me ferez plaisir.

— Avec qui avez-vous dansé hier?..

— Oh î quand à ça, je ne m'en souviens plus...

— En vérité !.. — ricana Benoît, — vous avez la mémoire courte! mais, moi, je m'en souviens, et je vais vous le rappeler... — Ecoutez-moi donc, niam'selle Simone, et

rougissez, si vous pouvez encore vous orner de ce fard naturel, aimable apanage de /Yw* nocence...

Simone se mit à rire.

— Ah ! m'sieu Benoît, — s'écria-t-elle,— que vous êtes donc drôle et cocasse avec vos grandes phrases!., on dirait que vous les avez apprises dans un livre !..

— Je n'en lis jamais ! — répliqua Benoît fort mécontent de ne se voir point pris au sérieux autant qu'il l'aurait voulu.

Puis il reprit :

— Premier danseur: — un sergent aux gardes françaises!..

— C'est ma foi vrai.

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— Second danseur : — un brigadier au régiment de Royal-Champagne !,.

— Décidément, m'sieu Benoit, vous avez de la mémoire , et une bonne !..

— Troisième danseur : — un cornette des dragons de la Reine !..

— Un bien joli cavalier, n'est-ce pas? — fit Simone malignement.

— Quatrième danseur : — un anspessade des gardes suisses !..

— Avez-vous bientôt fini? — demanda lajeuae fille.

— Oh! j'ai fini dès à présent!., un de plus ou un de moins, qu'importe?.;!

— Et de tout cela, m'sieu Benoît, qu'estce que vous prétendez conclure?..

— Que vous avez de trop belles connaissances sous les drapeaux de Sa Majesté, mam'selle Simone, pour que je puisse entrer en rivalité avec tous ces beaux soldats !.. mon uniforme n'est pas si brillant que le leur... je n'aurais pas de chance !..

Simone fit le geste d'essuyer, avec le coin de son mouchoir, une larme absente.

— Ah ! m'sieu Benoît, — dit-elle, — que vous êtes donc injuste et méchant, de vouloir, avec votre bête de jalousie, me faire rompre en visière à toute ma famille !..

— Votre famille !.. — répéta Benoît stupéfait.

— Eh ! sans doute.

—Ces militaires sont de votre famille ?..

— Mais, certainement, est-ce que vous ne le saviez pas?..

Le moyen de faire fortune.

En face du prodigieux aplomb de mademoiselle Simone , la figure du pauvre Benoît exprimait la stupéfaction la plus profonde et la plus comique.

— Ah çà ! — demanda la ravaudeuse ,

— est-ce que par hasard vous ne me croyez pas?..

— Oh ! si... si... — se hâta de répondre le garçon boulanger , — je vous crois parfaitement; mais c'est que, voyez-vous, quand on ne s'attend pas à une chose..» au premier abord, ça surprend...

Puis , après un instant de silence , il ajouta, d'un air qui s'efforçait de paraître indifférent, mais qui trahissait un doute bien prononcé :

— Ainsi > le sergent aux gardes françaises?..

— C'est mon oncle.

— Le brigadier de Royal-Champagne?

—Mon cousin.

— Le cornette aux dragons de la Reine?

— Mon frère de lait.

— Mais, l'anspessade des gardes suisses, mam'selle Simone?..

— L'anspessade?.. je ne me savais pas de parents en Helvétie... — Aussi celui-là me tient-il d'un peu moins près que les autres... il est de ma famille par alliance... c'est le filleul de mon parrain...

Benoît se gratta le front.

— • Après ça , —reprit la ravaudeuse d'un ton rempli de dignité, — si vous conservez encore des soupçons , m'sieu Benoît, vous n'avez qu'un mot à dire... je ne suis pas fille à souffrir qu'on se méfie de moi , jour de Dieu!., et je tiens la paille toute prête...

Benoît prit incontinent une allure humble et suppliante.

— Mam'selle Simone, — répliqua-t-il, — puissais-je ne jamais enfourner deux douzaines de petits pains sans les brûler , si je ne vous crois pas comme parole d'Évangile!.. Car enfin, vous m'aimez toujours, n'est-ce pas?..

— Pardine !.. c'te bêtise !.. est-ce que ça sedemande?.. et pourtant, peut-être bien que je ne le devrais plus , vilain jaloux !..

— Et vous m'épouserez ?

— Je ne dis pas non.

• -Et bientôt?..

— Peut-être... — ça dépend de vous...

— - sitôt que vous aurez amassé l'argent né-

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cessaire pour vous établira votre compte..

— Ah! mam'selle Simone, que n'est-ce»

demain?..

— Il y a longtemps que ça serait fait , si vous étiez un garçon de plus d'esprit.,.

— Ah ! bah !

— Mon Dieu, oui.

— Et le moyen, mam'zelle Simone, le moyen?..

— Il est simple comme deux et deux font quatre.

— Dame!,, je ne vois pas trop...

— Nigaud!..

— Mais...

— Chut ! écoutez et profitez.

— Je ne demande pas mieux !..

— Combien avez-vous de petits pains dans votre corbeille ?. .

— Trois douzaines , — jolie marchandise!., pains de luxe!., tous pour gens riches et huppés!..

— Que valent les trois douzaines ?

— Trois livres, douze sous.

— Il y en a pour combien de maisons?

— Pour six , — une demi-douzaine par maison.

— Et, que vous revient-il là-dessus ?

— A moi!.*

— Oui , à vous, — à vous, Benoît?

— Rien du tout.

— Voilà le tort. — Vous devez mettre dans votre poche trente-six sous de bénéfice net , — uji sou par petit pain...

— Mais, mam'zelle Simone, puisqu'ils ne coûtent que deux sous pièce , et que je dois rendre compte de ces deux sous à mon patron...

— Cervelle étroite! ils coûtent deux sous c'est fort bien, mais vous n'avez qu'à les vendre trois...

— Ah ! oui, mam'zelle Simone, ah! oui... mais que dira la pratique?..

— Pas un mot, si vous lui persuadez qu'on est menacé d'une disette, que la fa-

rine renchérit et que le pain est hors de prix...

Benoît sourit, avec l'expression d'une joie intérieure non douteuse.

— Ah ! fichtre !.. — dit-il» — c'est tout de même une fameuse idée, que vous m'avez donnée-là!..

— Je le crois bien, qu'elle est fameuse ! C'est avec ces petits moyens-là, mon pauvre Benoît, voyez-vous, que les gens d'esprit font fortune, et que commencent les bonnes maisons.

— Tant plus nous aurons de pratiques, et tant plus nous aurons de bénéfices!.. Je vas tâcher qu'il en arrive de nouvelles à mon patron.

— A propos de pratiques nouvelles, je

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crois que vous allez en avoir une bientôt, et une fameuse.

— Laquelle donc ?

Simone se retourna dans son tonneau, et indiqua du doigt le grand mur auquel cette échoppe succincte était adossée.

— Eh bien? — demanda Benoît.

— Qu'est-ce qu'il y a là derrière?

— L'hôtel des Nèfles... Mais il est in« habité depuis vingt-cinq ans au moins.

' — Écoutez.

Benoît prêta l'oreille.

Il entendit fort distinctement, par-dessus le mur d'enceinte qui enfermait les

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cours les jardins et le pavillon, retentir

tous ces bruits qui annoncent un travail précipité et sans relâche.

Les coups de marteau, les bruissements des rabots et les gémissements de la scie s'unissaient dans un discordant concerto.

— Tiens ! tiens ! — fit Benoît, — on dirait qu'il y a des ouvriers là-dedans.

— Pardine!.. depuis deux jours qu'ils font un charivari d'enfer, vous ne vous en étiez pas encore aperçu?

— Ma foi, non.

— A quoi pensez-vous donc ?

— A vous, mam'zelle Simone... à vous, toujours !.. la nuit et le jour !...

Puis, après avoir décoché cette galanterie, accompagnée d'un regard assassin.

Benoît reprit :

— Ainsi, l'hôtel des Nèfles va être habité?

— Mon Dieu, oui.

— Quand donc ça?

— D'ici à huit jours.

— Et par qui?

— Par un grand seigneur immensément riche avec sa femme.

— Et vous croyez que c'est mon patron qui aura la pratique de ces gens-là?

-r- Je vous en réponds.

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-—'Mais, cependant, somnu

enifi bon du quartier... tant

a faut.

— Cane fait rien.

— Si Pinte il en choisir un

autre?..

— Quand je vous ai dit que je répondais d'une chose, ne pouvez-vous donc pas vous accoutumer à me croire, m'sieu Benoit?

— Daine!.... c'est qu'alors vous avez des raisons que je ne sais pas...

— Peut-être.

— Et ne voulez-vous pas me les dire?

— Aujourd'hui, non.

— Pourquoi?

DE GKAND CHEMIN. 24')

— Parceque ça ne me convient point...

Voilà une raison, je pense, et une bonne...

Benoît baissa la tête et plia les épaules. — Avec une ravaudeuse du caractère de Simone, c'était évidemment ce qu'il y avait de mieux à taire.

— Mam'zelle Simone, — dit-il d'un ton doux et soumis, — vous plairait-il que ce soir, après ma journée finie, je fasse un brin de toilette et je vienne vous chercher?

— Pour aller où?

— Pour aller faire un petit tour sur les boulevards neufs, et voir les parades et les marionnettes à la foire Saint-Laurent.

— Ma foi, j'accepte, — répondit la ra-

vaudeuse; — mais à une condition.,?

— Laquelle ?

— • C'est que si nous rencontrons par hasard quelqu'un de mes parents les militaires, et qu'ils me saluent et viennent me parler, vous ne me ferez pas la moue, comme un vilain jaloux.

— Soyez tranquille, mam'zelle Simone, je sais vivre... du moment que ces messieurs sont vos parents, je les regarde comme les miens, et je les porte dans mon cœur.

— Voilà comme il faut être... — En ce cas, à ce soir.

— A ce soir, mam'zelle Simone., . Pensez bien à votre petit Benoît.

La ravaudeuse, du bout des doigts lui

envoya un baiser moqueur, tandis qu'il s'éloignait.

Et, à part elle, elle se disait :

— Quel grand benêt de mari je vais avoir!.. C'est un trésor qu'un homme comme ça !

Le garçon boulanger murmurait en même temps, dans son for intérieur :

— Quelle gentille petite femme ça va me faire !.. et jolie!., et douce!., et bonne!... et industrieuse!., une merveille, quoi!... C'est dommage qu'elle ait un peu trop de parents sous les drapeaux... Mais, bah!

une fois mariés, je me charge bien de lui faire oublier les oncles, les cousins, Jes frères de lait et autres filleuls du même parrain.

Et Benoît accompagnait ces réflexions d'un sourire significatif, et d'un mouvement de torse empreint d'une indicible fatuité.

Nos lecteurs se doutent bien que lorsque Simone, la gentille ravaudeuse, avait promis à Benoît la pratique des futurs habitants de l'hôtel des Nèfles, elle n'avait point pris à la légère un semblable engagement,

Simone avait-elle donc du crédit dans la maison?

Peut-être.

Mais, comment cela se pouvait-il faire?

Depuis deux jours seulement on tra-

vaillait à la restauration intérieureMe cet hôtel, jadis splendide.— Les nouveaux propriétaires ne devaient arriver que lorsque tout serait prêt pour les recevoir , et les choses étaient menées avec un mystère si grand, que, de tout le quartier, Simone était la seule qui connût les détails que nous l'avons entendue donner à Benoît.

Évidemment il y avait là un mystère.

Évidemment nous devons à nos lecteurs une explication.

Nous allons la leur donner.

L'intendant.

L'Hôtel des Nèfles, ainsi nommé parce que les terrains sur lesquels il avait été bâti, cent ou cent vingt ans auparavant, étaient plantés jadis de néfliers d'un grand rapport, était inoccupé depuis longtemps, nous le savons.

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