‹ Un gentilhomme de grand chemin (volume 3)Chapitre 5 sur 16 · UIS GENTILHOMME · texte numérisé non relu

UIS GENTILHOMME

« — Perdu !.. — balbutia mon ami, — tout perdu !.. plus rien !.. plus rien !.. • ••••«•• • • • •• •

« Le dernier espoir venait de s'évanouir.

« Cette fois, j'étais condamné !..

« Je revins chez moi.

« «récrivis une lettre à celle que j'avais eu l'espoir si doux de nommer ma femme.

« Dans cette lettre, que voilà, je dis la vérité, — toute la vérité, — et on me croira, — car, si on ne croit pas les vivants, on ne doute pas de la parole des morts...

« J'armai mes pistolets, je recommandais mon âme à Dieu et j'allais en finir, quand vous êtes venu, Monsieur...

« Vous voyez maintenant que rien ne peut me sauver, et que j'ai raison de vouloir mourir./

« — Eh bien ! — répondit vivement l'inconnu, — c'est là ce qui vous trompe... je ne suis pas de votre avis... mais pas le moins du monde...

« — Et, pourquoi cela?..

« — Parce que, non-seulement, il n'est pas impossible de vous tirer de la fâcheuse position dans laquelle vous êtes, mais encore parce que rien ne me paraît plus facile...

« — Raillez-vous, Monsieur?..

« — Je n'ai, de ma vie, parlé plus sérieusement.

« — Et, qui m'en tirera?..

« — Qui serait-ce, si ce n'est moi?..

* Le jeune homme fit un brusque mouvement de surprise.

, __ Vous, .Monsieur!.. — répéta-t-il.

Page 1