‹ Un gentilhomme de grand chemin (volume 4)Chapitre 5 sur 11 · IGO UN CENT1LI10M51E · texte numérisé non relu

IGO UN CENT1LI10M51E

conçu , offrait de chances de succès et comment notre héros , dans ses projets d'avenir , ne mentait ni à ses antécédents ni à son caractère bien connu.

Maintenant , reprenons notre récit , un instant interrompu par les pages qui précèdent.

Une nuit, vers les deux heures du matin, les habitants du château de Kergen furent tout à coup réveillés par un grand bruit.

Les domestiques allaient et venaient dans les corridors avec des exclamations confuses.

On entendait dans la cour des pleurs et des gémissements.

Denis et le baron furent sur pied en même temps l'un que l'autre et se rencontrèrent dans le vestibule.

— Monsieur le baron ? — demanda le jeune homme — qu'y a-t-il donc ?

— Nous allons le savoir.. — répondit Kéginald et faisant quelques pas vers la porte de la cour.

Plusieurs domestiques , portant des torches et des flambeaux, étaient rassemblés autour d'une jeune fille à peine vêtue, — les cheveux épars, les pieds nus et ensanglantés.

A demi renversée en arrière , et adossée aux premières marches de l'escalier, elle sanglotait, elle se tordait les bras, et donnait les signes les moins équivoques du plus violent désespoir.

Tout le monde la questionnait à la fois ,

et c'est à peine si on pouvait lui arracher

quelques réponses incohérentes.

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Le baron s'approcha de cette jeune fille , qui , à sa vue , fit un effort pour se soulever , mais se laissa retomber presqu'aussitôt.

— Dieu me pardonne!,. — S'écria le baron au bout d'un instant — mais c'est la petite Roschen,..

— Oui... Monsieur le baron. . C'estelle — répondirent dix voix à la fois.

— Eh bien Roschen, mon enfant, — demanda vivement Réginald, — que faitesvous donc ici , à cette heure et dans cet état?..

La jeune fille entrouvrit les lèvres, mais des sanglots lui coupèrent la parole.

Cependant elle finit par murmurer , d'une façon à peine distincte :

l'E GRAND CHEMIN. 163

— Mon père!., mon pauvre père!..

— Lui serait-il arrivé quelque chose?.— s'écria le baron.

Roschen se tordit les mains avec un redoublement de désespoir , et ne pût que balbutier ce mot sinistre :

— Mort!..

— Mort !... — Répéta Réginald avec épouvante et avec stupeur.

— Assassiné... Monsieur le baron... ils ♦ l'ont assassiné!..

— Quand?.

— 11 y a une heure.

-Où?

— Dans notre maison en feu...

— Roschen, est-ce possible?... 11 me semble, en vous écoutant, que je fais un mauvais rêve...

— Je l'ai vu... je l'ai vu se débattre... lutter... tomber... mon pauvre père!., il s'est défendu comme un vieux soldat qu'il était... et moi je l'aidais démon mieux... mais ils étaient les plus forts, ces hommes... ils étaient nombreux... ils étaient armés. . ils ont tué mon père!..

— Ces hommes, Roschen!.. ces hommes!., au nom du ciel, de quels hommes parlez-vous ?. .

-— Des brigands vêtus de noir et masqués qui, au moment^où nous dormions , ont forcé les portes de notre pauvre maison... Tenez, Tionsi^ur le baron, regardez là-bas... voyez-vous comme le ciel est rouge,., eh, bienîVest l'incendie..,, c'est le feu qui dévore la demeure et le corps de mon père!..

En ce moment, la jeune fdle fut saisie

DE GRA.M) CHEMIN. j G5

d'une crise nerveuse tellement violente qu'elle se débattit dans d'horribles convulsions.

— Des chevaux!.. — criaRéginald — des chevaux et des armes! . achevai!., tout le monde à cheval !

Les domestiques se précipitèrent en désordre du côté des écuries pour obéir au plus vite aux ordres de leur maître.

Les Baodits.

Quelques minutes suffirent aux valets pleins de zèle, et éperonnés d'ailleurs par la gravité de la situation, pour amener devant le perron cinq ou six chevaux tout sellés.

D'autres domestiques apportèrent des pistolets qui furent placés dans les fontes, et des épées que le baron et soa hôte atta-

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